March 13, 2018 / 6:12 PM / 3 months ago

L'ex-PM japonais Kan plaide à Paris pour la fin du nucléaire

PARIS (Reuters) - “Le sens de l’Histoire va vers l’arrêt du nucléaire”, a déclaré mardi à l’Assemblée nationale l’ancien Premier ministre Naoto Kan, qui dirigeait le Japon au moment de la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011.

"Le sens de l'Histoire va vers l'arrêt du nucléaire", a déclaré mardi à l'Assemblée nationale l'ancien Premier ministre Naoto Kan, qui dirigeait le Japon au moment de la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011. /Photo d'archives/REUTERS/Issei Kato

En visite en France à l’occasion du septième anniversaire de l’accident nucléaire, il a été invité par le groupe La France insoumise au Palais-Bourbon à faire part de son expérience et à partager sa ferme opposition à l’énergie nucléaire.

Devant des députés et des journalistes, l’ex-dirigeant a raconté comment il avait géré l’une des plus graves catastrophes de l’Histoire du nucléaire civil avec celle de Tchernobyl, survenue en Ukraine en 1986.

Depuis lors, et après avoir “changé d’avis à 180 degrés” quant au bien-fondé du nucléaire, Naoto Kan plaide pour l’abandon de ce type d’énergie.

“Aucune technologie ne peut nous protéger d’un accident comme celui-ci”, a dit l’ancien Premier ministre, dont le pays s’est passé pendant près de deux ans du nucléaire après la catastrophe, et compte aujourd’hui cinq réacteurs en fonctionnement.

Naoto Kan a dit l’importance de favoriser les énergies renouvelables au détriment de l’atome, à l’origine de 75% de l’énergie produite en France, qui compte 58 réacteurs.

“Le sens de l’Histoire va vers l’arrêt du nucléaire”, a-t-il dit, selon une traduction du japonais vers le français, soulignant notamment “le coût faramineux du nucléaire, encore augmenté par le relèvement des normes de sécurité à la suite de la catastrophe de Fukushima”.

Présente dans la salle, la députée La République en marche Barbara Pompili l’a interrogé sur la lutte contre le réchauffement climatique - sachant que le nucléaire ne produit aucune émission de gaz à effet de serre, à la différence des énergies fossiles.

“Je voulais entendre quelqu’un qui a été confronté à la gestion d’une crise grave”, a dit à Reuters la présidente de la commission Développement durable de l’Assemblée. “On se rend compte, à travers certaines paroles dont la sienne, que c’est une question de volonté politique et de vision. Quand on a une vision des choses assez claire, on met en place les outils.”

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a officialisé en novembre dernier le report de l’échéance de 2025 pour réduire de quelque 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en France.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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