March 13, 2018 / 10:36 AM / 7 months ago

La Corse ne doit pas être la victime de rapports de force, déclare Simeoni

PARIS (Reuters) - La Corse ne doit pas être la “victime collatérale” d’un rapport de force entre la majorité présidentielle et la droite sénatoriale, a déclaré mardi le président de la collectivité territoriale de l’île, Gilles Simeoni.

La Corse ne doit pas être la "victime collatérale" d'un rapport de force entre la majorité présidentielle et la droite sénatoriale, a déclaré mardi le président de la collectivité territoriale de l'île, Gilles Simeoni. /Photo prise le 13 février 2018/REUTERS/Charles Platiau

Le président autonomiste de l’exécutif corse a été reçu lundi soir à Matignon avec le président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni dans le cadre de consultations sur le projet de révision constitutionnelle souhaitée par Emmanuel Macron.

Ce texte, que l’exécutif espère présenter en conseil des ministres au printemps avant une première lecture au Parlement à l’été, prévoit notamment l’inscription de la spécificité corse dans la loi fondamentale.

Cette mesure, promise par Emmanuel Macron lors d’un déplacement à Bastia le 7 février, se heurte à l’hostilité des sénateurs de droite, dont l’exécutif doit s’assurer du soutien pour faire voter toute révision de la Constitution.

Le président du Sénat Gérard Larcher (Les Républicains), qui sera reçu mercredi à Matignon ainsi que les chefs de file des députés et sénateurs LR Christian Jacob et Bruno Retailleau , a notamment mis en garde contre toute autonomie particulière de la Corse.

“On a bien compris qu’il y a un certain nombre de rapports de force entre la majorité présidentielle et la majorité sénatoriale”, a déclaré Gilles Simeoni sur CNews. “Ceci étant, ce que j’ai envie de dire à ces élus c’est que la Corse ne doit pas être une sorte une sorte d’enjeu, ne doit pas être la victime collatérale de rapports de force”.

“Ces hommes politiques sont aussi des hommes d’Etat et aujourd’hui nous avons la chance ensemble de pouvoir régler un problème qui dure depuis cinquante ans, il faut le régler par le haut par une solution que nous avons à construire par le dialogue entre la Corse et Paris. J’espère que cette volonté sera mise en oeuve”.

“Nous savons que le regard et l’implication (d’Emmanuel Macron) sont déterminants et j’espère qu’il ne sera pas contré par une opposition au prétexte simplement d’affrontements” politiques.

Signe de la sensibilité du sujet, le Premier ministre Edouard Philippe a choisi lundi soir d’entretenir le suspense sur le contenu de l’”article spécifique” - l’autonomie y sera-t-elle mentionnée comme le souhaitent les élus corses? - et sur sa numérotation.

“C’est un nouvel article, on ne connaît pas encore la numérotation, à l’évidence le gouvernement pencherait pour un article 72-5 nouveau et nous nous préférerions sans doute un article avec une autre numérotation mais là n’est pas l’essentiel, ce qui compte c’est le contenu”, a estimé Gilles Simeoni.

“Nous souhaiterons bien sûr qu’au sein de cet article soit précisé que la Corse bénéficiera d’un statut d’autonomie, ce point-là n’est pas acté par le gouvernement”, a-t-il ajouté.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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