March 10, 2018 / 4:21 PM / 6 months ago

Le Pen suivie sur sa ligne mais des divergences au FN

LILLE (Reuters) - Les adhérents du Front national approuvent globalement la ligne défendue par Marine Le Pen malgré des divisions sur les questions économiques, selon les résultats d’une consultation rendus publics samedi à Lille, au premier jour d’un congrès présenté comme celui de la “refondation”.

Les adhérents du Front national se sont prononcés à 52% en faveur du changement de nom de leur parti que Marine Le Pen appelle de ses voeux, selon des chiffres non vérifiables communiqués samedi à Lille lors d'un congrès de "refondation". /Photo prise le 10 mars 2018/REUTERS/Pascal Rossignol

Le sujet le plus symbolique de cette métamorphose annoncée, le changement de nom du FN, est cependant loin de faire l’unanimité puisque seuls 52% des militants se déclarent favorable à cette idée, si l’on en croit les résultats - non vérifiables - qui ont été donnés à la tribune.

En quête d’un nouvel élan après les échecs électoraux de 2017, Marine Le Pen a entrepris de renouveler l’image du parti d’extrême droite sur la base notamment de ce questionnaire envoyé en fin d’année dernière aux quelque 51.000 adhérents à jour de leur cotisation.

“Tout va être différent”, a-t-elle déclaré samedi à la presse. “Nous devons incontestablement moderniser, démocratiser le fonctionnement du mouvement et permettre que ça parte de la base vers le haut.”

Parmi les 30.000 personnes qui ont répondu à la consultation, là encore selon les chiffres donnés par les dirigeants, une écrasante majorité a validé les volets immigration et sécurité du programme frontiste - 98% veulent par exemple “réduire drastiquement” l’immigration.

De même, 90% se disent favorables à la tenue d’un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne et 67% à l’abandon de la monnaie unique.

BANNON CHAUDEMENT ACCUEILLI

Cette consultation “valide la ligne” qui “repose sur deux axes : la défense de la nation, son identité, ses libertés, sa constitution (...) et puis la défense également d’un modèle social et culturel”, en a conclu le député Sébastien Chenu.

En revanche, sur les sujets économiques, les résultats montrent une forme d’indécision, en particulier sur le maintien ou non de la semaine de travail de 35 heures : 47% sont pour et 39% contre cette idée.

Seule une petite majorité s’est par ailleurs dégagée en faveur d’un changement de nom, alors même que Marine Le Pen plaide pour une telle mue depuis plusieurs mois, l’appellation historique, vieille de 46 ans, étant selon elle un handicap pour séduire de nouveaux électeurs et de potentiels alliés.

Cette annonce, faite par Sébastien Chenu, a été accueillie sans applaudissements par les militants présents au palais des congrès de Lille.

La présidente du parti doit dévoiler dimanche la dénomination qui a sa préférence - jusqu’ici tenue secrète - puis les adhérents se prononceront sur ce choix par correspondance au cours des semaines à venir.

La “transformation” du FN, qui poursuit la stratégie de “dédiabolisation” mise en musique par Marine Le Pen depuis 2011, passe également par un changement de statuts soumis au vote des adhérents, qui prévoit entre autres la suppression de la présidence d’honneur occupée par Jean-Marie Le Pen.

La première journée du XVIe congrès du FN a été marquée par la venue de Steve Bannon, ex-stratège de Donald Trump à la Maison blanche, chaudement accueilli par la salle malgré les réserves exprimées par certaines figures du frontisme.

“L’histoire est de notre côté”, a-t-il insisté avant de faire un éloge appuyé, lors d’une conférence de presse, à Marion Maréchal-Le Pen, “l’une des personnes les plus impressionnantes au monde” à ses yeux.

Selon un sondage Ifop pour le JDD réalisé avant le congrès, 71% des personnes interrogées pensent que Marine Le Pen sera candidate à la prochaine élection présidentielle, contre 81% en septembre dernier. Près de 34% de sondés souhaitent que Marion Maréchal-Le Pen soit candidate à cette même élection.

Près de deux tiers de sondés (63%) considèrent que l’accession au pouvoir du Front national constituerait un danger pour la démocratie en France.

Les sondés jugent en outre que Marine Le Pen et le chef de file des Républicains Laurent Wauquiez sont plutôt proches sur des sujets comme la lutte contre la délinquance (62%) et l’immigration (57%), tandis que sur l’Europe ils sont 40% à le penser.

Simon Carraud, édité par Julie Carriat

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