March 7, 2018 / 10:20 PM / 5 months ago

Les quatre candidats à la tête du PS marquent leurs différences

PARIS (Reuters) - Différentes tonalités se sont exprimées mercredi soir dans la bouche des quatre candidats à la direction du Parti socialiste, invités à débattre de l’avenir d’une formation au bord du gouffre après avoir dirigé la France.

Différentes tonalités se sont exprimées mercredi soir dans la bouche des quatre candidats à la direction du Parti socialiste, invités à débattre de l'avenir d'une formation au bord du gouffre après avoir dirigé la France. /Photo prise le 10 janvier 2018/REUTERS/Christian Hartmann

“Chacun aura son moment”, avait prédit l’ancien Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, juste avant le débat sur RTL et LCI, en partenariat avec Le Figaro.

Pendant une heure et demie face à trois journalistes, le président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale, Olivier Faure, l’ex-ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, le député du Val-de-Marne Luc Carvounas et l’eurodéputé Emmanuel Maurel lui ont donné raison.

Si tous étaient d’accord pour qualifier Emmanuel Macron de “président des riches”, les quatre hommes ont eu à coeur de marquer leur différence pour convaincre les militants du PS appelés à choisir un chef parmi eux les 15 et 29 mars prochains. Tous se sont engagés à soutenir le vainqueur.

Favori des sondages, le député de la Sarthe Stéphane Le Foll s’est présenté en partisan d’une opposition “résolue et intelligente” à l’actuelle majorité, qui n’avait pas présenté de candidat face à lui lors des législatives de juin.

Méconnu du grand public, Olivier Faure a invité à une “renaissance” de sa famille politique dont le candidat, Benoît Hamon, a recueilli à peine plus de 6% des voix au premier tour de l’élection présidentielle. “Il existe un président des riches, il faut un parti pour tous les autres”, a-t-il dit. “Je suis celui qui construis le rassemblement.”

Alors que la gauche est éclatée, tous n’ont pas présenté la même vision d’un éventuel rapprochement avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qui avait rassemblé autour de son nom près de 20% des voix à la présidentielle.

“RIEN DE CE QUI EST DE GAUCHE NE M’EST ÉTRANGER”

“Je suis de gauche et rien de ce qui est de gauche ne m’est étranger”, a dit Emmanuel Maurel, classé à l’aile gauche du PS.

Luc Carvounas a indiqué pour sa part qu’entre un candidat La République en marche et un candidat La France insoumise, il voterait clairement pour le second.

Plus nuancé sur la question, Stéphane Le Foll a estimé qu’une alliance avec Jean-Luc Mélenchon ne serait possible qu’à condition que le PS soit en position de force, comme naguère François Mitterrand avec les communistes.

“C’est lui (Jean-Luc Mélenchon) qui ne veut pas s’allier avec les socialistes, c’est lui qui veut nous remplacer”, a considéré pour sa part Olivier Faure.

Le président du groupe Nouvelle gauche a été taclé par Luc Carvounas pour avoir choisi de s’abstenir lors du vote de confiance à la nouvelle majorité.

“La synthèse molle, on a vu où elle nous a menés”, lui a-t-il lancé.

Stéphane Le Foll a quant à lui désapprouvé les critiques d’Emmanuel Maurel contre la loi Travail de 2016 défendue par l’ancienne ministre Myriam El Khomri. Ce proche de François Hollande a toutefois refusé de s’appesantir sur le précédent quinquennat, marqué par des disputes incessantes au sein de la majorité.

“Le passé a été purgé avec les élections”, a estimé l’ancien ministre de l’Agriculture. “Il faut se relever, avoir de la fierté”, a ajouté celui qui veut désormais incarner “une voix” socialiste dans les débats publics et politiques.

Les adhérents du PS à jour de cotisation - dont le nombre serait désormais réduit à quelques dizaines de milliers selon des calculs officieux - sont appelés à voter dans les sections une première fois le 15 mars. Le vote électronique est réservé aux Français de l’étranger.

Un deuxième tour est prévu le 29 mars entre les deux finalistes, en prélude au congrès des 7 et 8 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Selon un sondage Harris Interactive pour Le Figaro, LCI et RTL diffusé mardi, Stéphane Le Foll arrive en tête des préférences (38%) des militants pour le poste de Premier secrétaire du PS, loin devant Olivier Faure (5%), Emmanuel Maurel (4%) et Luc Carvounas (1%).

Elizabeth Pineau, édité par Jean-Baptiste Vey

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