March 2, 2018 / 10:48 AM / in 4 months

Macron et LaRem préparent leur offensive européenne

par Elizabeth Pineau

A 14 mois d'élections européennes lourdes d'enjeux pour tout le continent, Emmanuel Macron et La République en marche (LaRem) vont unir leurs forces pour tenter de réveiller une opinion française aussi méfiante que celle de ses voisins sur le sujet. /Photo prise le 18 novembre 2017/REUTERS/Emmanuel Foudrot

PARIS (Reuters) - A 14 mois d’élections européennes lourdes d’enjeux pour tout le continent, Emmanuel Macron et La République en marche (LaRem) vont unir leurs forces pour tenter de réveiller une opinion française aussi méfiante que celle de ses voisins sur le sujet.

Dans un contexte de repli nationaliste généralisé, notamment symbolisé par le “Brexit”, la victoire du président français en mai 2017 ne saurait masquer le score des candidats eurosceptiques Marine Le Pen (Front national) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), qui ont réuni à eux deux près de 41% des suffrages au premier tour.

Pour tenter de renverser la vapeur, Emmanuel Macron, élu sur un programme très pro-européen, prononcera le 17 avril prochain au Parlement de Strasbourg un discours appelé à compléter celui, fondateur, de septembre dernier à La Sorbonne.

Le même jour, le chef de l’Etat lancera lors d’un débat les consultations citoyennes en France appelées à être menées dans la quasi totalité des pays européens d’ici octobre pour préparer la campagne des européennes de mai 2019.

Selon l’Elysée, 26 des 27 pays européens hors Royaume-Uni vont lancer ces consultations, seule la Hongrie ayant refusé.

“L’idée est d’ouvrir un moment de discussion”, explique-t-on à l’Elysée. “Essayons d’avoir un moment suffisamment loin des élections pour qu’on ne soit pas directement dans la campagne pour que les gens s’expriment sur ce que doit être une politique agricole, une politique migratoire, une politique culturelle, une politique climatique européenne”.

Emmanuel Macron participera à des débats de ce type dans d’autres pays de l’Union dans les mois qui suivront.

PREMIER GRAND TEST ÉLECTORAL

Parallèlement, entre cinq et dix millions d’euros seront consacrés à la mise en place d’un label couronnant des évènements organisés en France sur le thème de l’Europe à l’initiative d’une association, d’un syndicat ou d’un simple citoyen, a-t-on appris de source gouvernementale.

Il faudra en faire la demande auprès du ministère des Affaires européennes dirigé par Nathalie Loiseau, qui recueillera ensuite les synthèses des rencontres.

Egalement engagée sur ce thème fondateur, La République en marche lancera le 24 mars sa “Grande marche” pour l’Europe en vue des élections, sur le modèle de la mobilisation engagée à sa naissance, en avril 2016, pour mener Emmanuel Macron au pouvoir.

Meetings, porte-à-porte, tractage, formation : le parti présidentiel veut engager ses forces - près de 400.000 adhérents revendiqués - dans ce qui constituera son premier grand test électoral national depuis son arrivée aux affaires.

Samedi, le délégué général Christophe Castaner montrera l’exemple en animant à Mont-de-Marsan (Landes) une “master class” centrée sur quatre sujets liés à l’Europe : l’aménagement des territoires, les transports, l’agriculture et la défense.

“Avant d’aborder le sujet politique, on veut évoquer sa pertinence et porter un regard critique. Deux exemples : s’il faut instaurer une taxe carbone, la bonne échelle, c’est l’Europe, pour le bien de la France ; même chose si on veut lutter contre l’évasion fiscale”, explique-t-il dans un entretien à Sud-Ouest.

“Nous avions fait la même démarche avant la campagne présidentielle en allant à la rencontre des Français. Évidemment, c’est aussi un travail préparatoire en vue des européennes”, ajoute-t-il.

Christophe Castaner se rendra d’ici l’été dans plusieurs pays européens, où il s’entretiendra notamment avec d’autres leaders de partis “progressistes”, signale son entourage.

FORCE CENTRALE

Désigné fin 2017 à la tête de LaRem, le ministre des Relations avec le Parlement veut créer des ponts entre différentes personnalités, “de (l’ancien Premier ministre conservateur) Alain Juppé à (l’écologiste franco-allemand) Daniel Cohn-Bendit”, ainsi qu’avec d’autres partis dans une démarche transpartisane fondée, a-t-il dit, sur une “ambition progressiste, exigeante, jamais béate, pour l’Europe”.

L’objectif avoué d’Emmanuel Macron est de bousculer la domination des deux grands groupes politiques - socialistes et démocrates-chrétiens - à Strasbourg pour faire émerger une force centrale pro-européenne mêlant droite et gauche.

L’entourage d’Emmanuel Macron évoque de possibles alliances avec notamment le parti espagnol Ciudadanos et le Parti démocrate italien.

“On voit bien que les forces sont organisées d’une manière qui ne correspond plus à la réalité des clivages”, explique-t-on. “On aura un groupe qu’on n’a pas aujourd’hui. Après, on va regrouper du monde. On sera pas tout seul dans notre coin au bout de l’hémicycle.”

Pour appuyer la démarche de l’exécutif, le Parlement français a adopté le mois dernier le projet de loi instaurant le retour aux listes nationales pour les élections européennes, à la place des huit circonscriptions précédentes.

Emmanuel Macron y voit un moyen de renforcer la légitimité et la représentativité du Parlement européen tout en combattant l’abstention, traditionnellement élevée aux élections européennes en France - 56% en 2014, plus de 59% en 2009.

Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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