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Les motivations du tueur de Las Vegas demeurent floues

LAS VEGAS, Nevada (Reuters) - La police américaine peinait mardi à établir les motivations qui ont poussé un retraité de 64 ans à tirer sur la foule depuis une chambre d’hôtel de Las Vegas, faisant 59 morts et 527 blessés dans la plus meurtrière fusillade de l’histoire des Etats-Unis.

Les fenêtres cassées du 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay d'où Stephen Paddock a tiré sur la foule. La police américaine peinait mardi à établir les motivations qui ont poussé un retraité de 64 ans à tirer sur la foule depuis une chambre d'hôtel de Las Vegas, faisant 59 morts et 527 blessés dans la plus meurtrière fusillade de l'histoire des Etats-Unis. /Photo prise le 3 octobre 2017/REUTERS/Mike Blake

Le tireur, qui s’est donné la mort peu avant l’arrivée de police, a été identifié comme Stephen Paddock, un individu apparemment sans histoire, inconnu des services de police et vivant dans un lotissement en périphérie de la ville. Le seul fait notable le concernant était une infraction au code de la route.

Paddock n’avait pas de passé militaire et n’était pas fiché pour d’éventuels troubles psychologiques, des comportements antisociaux ou l’expression d’opinions politiques et religieuses extrémistes sur les réseaux sociaux.

L’homme, qui était semble-t-il un pratiquant assidu des jeux de hasards, avait amassé 42 armes à feu et s’est servi de certaines d’entre elles pour tirer depuis la fenêtre de sa chambre, au 32e étage de l’hôtel Mandalay Bay, sur une foule de 22.000 personnes qui assistaient à un concert de country dimanche soir.

Vingt-trois armes ont été retrouvées dans sa chambre du Mandalay Bay, dont des fusils d’assaut et des armes altérées pour opérer de manière automatique. Un stock de nitrate d’ammonium, un engrais susceptible d’être utilisé dans l’élaboration d’explosifs, a été retrouvé dans sa voiture.

“C’était un homme malade, un type dément”, a déclaré Donald Trump devant la presse, sans fournir de précisions. “Beaucoup de problèmes, j’imagine. On examine son cas de manière très attentive parce qu’on a affaire à un individu très très malade”, a ajouté le président américain.

Interrogé sur un éventuel lien entre le meurtrier et une organisation terroriste, Donald Trump n’a pas répondu. La police estime, en l’état de l’enquête, que l’homme a agi seul.

“On n’a aucune idée de la nature de ses croyances religieuses”, a déclaré Joseph Lombardo, shérif du comté de Clark. “On ne peut pas comprendre ce qui se passe dans la tête d’un psychopathe”, a-t-il ajouté.

PISTE D’UN INDIVIDU ISOLE

Le groupe djihadiste Etat islamique a revendiqué l’attaque dans un communiqué qui affirme que le suspect s’était récemment converti à l’islam, mais un responsable américain s’est dit très sceptique sur cette revendication et a évoqué des “antécédents psychiatriques”.

Aucun lien avec une organisation terroriste internationale n’a été établi pour le moment, a indiqué de son côté le FBI, tandis que la CIA a invité à la prudence.

Si la piste d’un individu isolé semble s’imposer, les enquêteurs souhaitent entendre la petite amie de Stephen Paddock avec laquelle il vivait, Marilou Danley, actuellement en voyage à l’étranger, sans doute au Japon.

La police s’intéresse également “à d’autres individus” qui seraient impliqués dans la vente des armes que possédait Stephen Paddock.

Le massacre commis dimanche soir est le plus meurtrier de l’histoire des Etats-Unis, dépassant celui perpétré par un homme lié à l’EI l’an passé dans une boîte de nuit homosexuelle d’Orlando en Floride. L’assaillant avait tué 49 personnes.

Stephen Paddock ne présentait aucune des caractéristiques habituelles de ce genre de tueur de masse, qui sont le plus souvent des hommes jeunes en proie à des troubles psychologiques, disent les experts.

L’homme a mené une existence paisible, occupant des emplois de concierge et d’employé de l’industrie aéronautique et ayant résidé dans plusieurs régions du sud-est et de l’ouest des Etats-Unis.

Il s’était installé, il y a quelques années, dans un lotissement pour retraités du Nevada, à environ une heure de voiture de Las Vegas où il pouvait s’adonner à sa passion pour le jeu et pour les casinos.

Dix-neuf armes, des explosifs et quantité de munitions y ont été retrouvés, a annoncé lundi soir le shérif du comté.

PAS L’HEURE D’UN DÉBAT SUR LES ARMES

Un mandat a été émis pour fouiller une seconde maison située à Reno, une ville du Nevada à plus de 600 km au nord-ouest de Las Vegas, a annoncé lundi soir l’adjoint au shérif Todd Fasulo.

A Mesquite, l’armurier local Chris Sullivan a confirmé dans un communiqué que Paddock comptait parmi ses clients et qu’il avait passé toutes les “vérifications et procédures” nécessaires à l’achat d’armes à feu.

Contacté par Reuters, le frère de l’assaillant présumé, Eric Paddock, s’est dit “horrifié” et a présenté ses condoléances aux victimes. Son frère n’appartenait à aucun mouvement religieux ou politique, a-t-il ajouté, précisant qu’il n’avait pas à sa connaissance d’antécédents psychiatriques.

Le père des deux hommes avait commis plusieurs braquages de banque et a un temps fait partie des fugitifs les plus recherchés par le FBI.

Depuis sa maison d’Orlando, en Floride, devant laquelle se sont pressés des journalistes, Eric Paddock a décrit en outre son frère comme un “type riche” qui aimait jouer au poker en ligne, partir en croisière et qui coulait une retraite “paisible” dans le Nevada après des années passées en Floride.

Cette nouvelle tuerie a ranimé le débat sur le contrôle des armes à feu aux Etats-Unis, une mesure contre laquelle le président Trump s’était fermement opposé lors de la campagne présidentielle l’an passé.

“Nous discuterons d’une loi sur les armes en temps voulu”, a commenté l’ancien homme d’affaires devant des journalistes à la Maison blanche. La présidence avait indiqué dès lundi que le débat sur ce sujet était, selon elle, “prématuré”, répondant ainsi aux demandes d’élus démocrates.

Avec Jonathan Allen, Chris Michaud et Frank McGurty à New York, Susan Cornwell et Mark Hosenball à Washington, Ali Abdelaty au Caire, Tangi Salaün, Julie Carriat et Pierre Sérisier pour le service français

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