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Deux femmes tuées à l'arme blanche à Marseille, leur agresseur abattu

PARIS/MARSEILLE (Reuters) - Un homme a tué deux femmes à l’arme blanche dimanche à la gare Saint-Charles de Marseille en criant “Allah akbar !”, selon des témoins, avant d’être abattu par des militaires en patrouille, ont annoncé les autorités françaises, qui ne confirment pas pour l’heure la piste terroriste.

Un homme a été abattu dimanche à la gare Saint-Charles à Marseille après avoir poignardé mortellement deux femmes, a annoncé le ministère de l'Intérieur. /Photo prise le 1er octobre 2017/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Le double meurtre a été commis par un membre de l’Etat islamique, a annoncé Amak, l’organe de propagande du mouvement djihadiste.

Si les faits étaient confirmés, il s’agirait de la neuvième agression à caractère islamiste depuis le début de l’année.

L’assaillant, qui serait âgé de 25 à 30 ans, selon les sources, ne portait pas, semble-t-il, de papiers d’identité.

De source policière, on indique qu’il est connu pour des faits de droit commun. De type nord-africain, il portait une barbe et était armé d’un couteau de boucher.

Selon des témoins, l’homme a crié : “Allah akbar !” (Dieu est le plus grand) en s’attaquant aux deux victimes, âgées de 17 et 20 ans, peu avant 14h00. L’une a été égorgée et l’autre poignardée au thorax et à l’abdomen, indique le syndicat Unsa-police dans un communiqué. Leur identité n’a pas été communiquée.

L’agresseur a ensuite été tué de deux balles par un militaire de l’opération Sentinelle, indique-t-on de source policière. Créé après les attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, ce dispositif mobilise 7.000 militaires en France. Il doit être prochainement remanié.

Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste.

Si le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a estimé qu’il s’agissait d’un “attentat”, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui s’est rendu sur les lieux en début de soirée, n’a pas confirmé le caractère “terroriste” de l’acte.

“A partir du moment où le procureur de Paris chargé du terrorisme a été saisi, c’est qu’il y a cette possibilité. Mais nous ne pouvons pas l’affirmer de manière assurée. Je préfère attendre les éléments de l’enquête”, a dit le ministre.

INDIGNATION

Le président Les Républicains de la région Paca, Renaud Muselier, qui a dit avoir visionné les vidéos, a parlé d’images “impressionnantes”. “Quand on voit le couteau que tenait cet homme, on voit bien qu’il était à la gare pour tuer”, a-t-il déclaré sur BFMTV.

Le ministre de l’Intérieur a précisé que l’agresseur avait d’abord commis un premier crime, avant de s’enfuir, puis de “reven(ir) sur ses pas pour tuer la seconde personne”.

Un témoin sur place a raconté à Reuters avoir vu, sur l’esplanade de la gare, l’agresseur sortir une lame de sa manche, poignarder une première jeune fille puis une seconde.

L’agression intervient au moment où le projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, qui vise à remplacer l’état d’urgence instauré après les attentats de novembre, doit être voté à l’Assemblée nationale mardi.

Beaucoup ont souligné l’importance de la présence militaire sur les lieux, dans le cadre de l’opération Sentinelle.

“Si les militaires n’avaient pas été là, on aurait eu un nombre de morts plus important, même si deux morts, c’est déjà énorme”, a déclaré la sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône Samia Ghali sur France Bleu Provence.

Stéphane Battaglia, responsable national de la communication du syndicat UNSA Police, est allé dans le même sens.

“La présence des militaires de Sentinelle, leur rapidité et leur efficacité ont permis vraisemblablement d’éviter qu’il y ait un bilan beaucoup plus lourd. L’opération Sentinelle est un complément essentiel des forces de l’ordre dans l’état d’urgence et la lutte contre le terrorisme”, a-t-il déclaré à Reuters.

Le gouvernement a annoncé mi-septembre une réforme de l’opération Sentinelle, pour mieux l’adapter à l’évolution de la menace alors que sa pertinence et ses conséquences sur le moral des forces terrestres font débat dans les rangs de l’armée.

Le trafic des trains à la gare Saint-Charles, qui a été interrompu pendant plus de quatre heures, a repris progressivement dans la soirée, indique la SNCF sur son compte Twitter.

La précédente attaque au couteau en France, commise le 15 septembre dans le métro à Paris, visait un militaire de l’opération Sentinelle.

Avec John Irish, Caroline Pailliez et Danielle Rouquié à Paris, édité par Jean-Philippe Lefief

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