September 29, 2017 / 9:55 AM / 10 months ago

Macron fait état d'un "consensus commun" sur l'avenir de l'UE

TALLINN (Reuters) - Emmanuel Macron a fait état vendredi d’un “consensus commun” entre Européens sur la nécessité de refonder l’UE au lendemain d’un dîner informel à Tallinn où ses propositions pour l’avenir de l’Europe ont reçu un accueil poli mais prudent.

Emmanuel Macron a fait état vendredi d'un "consensus commun" entre Européens sur la nécessité de refonder l'Union européenne au lendemain d'un dîner informel à Tallinn au cours duquel le chef de l'Etat a présenté à ses pairs ses propositions. /Photo prise le 29 septembre 2017/REUTERS/Ints Kalnins

Quarante-huit heures après son appel à plus d’”audace”, le chef de l’Etat a eu l’occasion pendant trois heures jeudi soir de sonder ses partenaires réunis dans la capitale estonienne à l’occasion d’un sommet sur le numérique.

“Les discussions d’hier soir sont à mes yeux très fructueuses et montrent la prise de conscience collective d’un sursaut indispensable en Europe, d’une nouvelle méthode à mettre en oeuvre”, s’est réjoui Emmanuel Macron vendredi matin à son arrivée au sommet.

“Nous sommes aujourd’hui tous convaincus que l’Europe doit avancer plus vite, plus fort, pour plus de souveraineté, plus d’unité et plus de démocratie”, a-t-il dit devant la presse. “Il y a en tout cas un consensus commun pour avancer”.

Motif de satisfaction côté français : l’engagement pris par le président du Conseil européen Donald Tusk, qui présidait le dîner, de consulter les dirigeants dans les deux prochaines semaines sur la méthode à suivre, en amont du sommet de Bruxelles les 19 et 20 octobre.

“C’est pour moi une avancée”, a déclaré Emmanuel Macron, en marge d’un bain de foule à Tallinn, insistant sur la nécessité d’une approche “concrète”. “Je ne souhaite pas que nous nous enlisions dans des débats techniques, sur les instruments ou l’institutionnel”.

“L’année 2018 est une année d’opportunités sur l’agenda européen, il y a des transformations et des défis qui se jouent maintenant”, a-t-il précisé un peu plus tard lors d’une conférence de presse. “Dans cinq, dans dix ans il sera trop tard. C’est en 2018 que nous devons parachever une feuille de route commune, afin que les élections européennes de 2019 puissent se faire sur cette base”.

CALENDRIER ALLEMAND

Avant le dîner, jeudi soir, le chef de l’Etat a reçu le soutien chaleureux d’Angela Merkel, qui était restée jusqu’à présent relativement discrète compte tenu des négociations en cours en Allemagne pour former la prochaine coalition.

Les libéraux du FDP, potentiels alliés de la CDU de la chancelière, ont réaffirmé ces derniers jours leur hostilité à un renforcement de la zone euro, défendue par Emmanuel Macron.

“S’agissant des propositions (françaises-NDLR), il existe un haut niveau d’accord entre l’Allemagne et la France”, a dit Angela Merkel à l’issue de son entretien bilatéral. “Nous devons toutefois discuter des détails, mais je suis fermement convaincue que l’Europe ne doit pas rester immobile mais continuer à se développer”.

En dépit de cet accueil plutôt positif - “France is back on stage” (“La France est de retour sur scène”) a dit Angela Merkel à Emmanuel Macron -, le chef de l’Etat sait qu’il va devoir composer avec l’agenda allemand. La chancelière a indiqué que la formation d’une coalition pourrait prendre deux mois, a fait savoir l’Elysée.

Au-delà de l’Allemagne, plusieurs dirigeants européens ont exprimé un avis positif sur le principe aux propositions françaises, à l’image du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ou de la présidente de l’Estonie, qui assure actuellement la présidence du Conseil de l’UE.

Selon un responsable européen, les échanges lors du dîner ont montré qu’il y avait “une forte volonté partagée de maintenir l’unité” avec l’idée que l’Union européenne devait être prête à accueillir de nouvelles propositions tout en continuant à apporter des réponses concrètes aux problèmes des citoyens européens.

L’initiative du président français, qui à 39 ans a placé la refondation de l’Europe au centre de son action politique, n’est toutefois pas sans susciter inquiétudes et réserves. Certains pays européens redoutent notamment de perdre du poids au sein d’une Europe à plusieurs vitesses.

“Attention à éviter les mirages dans le désert”, a ainsi mis en garde la présidente de Lituanie, Dalia Grybauskaite, sur Twitter, avant le dîner.

Avec Philip Blenkinsop, édité par Sophie Louet

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