September 28, 2017 / 6:29 PM / in 9 months

Yémen: La France dit oeuvrer à un texte de compromis à l'Onu

PARIS/GENEVE (Reuters) - La France a annoncé jeudi qu’elle recherchait un compromis à propos d’un projet de résolution en discussion au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à Genève demandant une enquête internationale sur les atrocités commises au Yémen.

A Harad, en Yémen après un raid aérien. La France a annoncé jeudi qu'elle recherchait un compromis à propos d'un projet de résolution en discussion au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à Genève demandant une enquête internationale sur les atrocités commises au Yémen. /Photo prise le 23 septembre 2017/REUTERS

Le projet de résolution, qui doit être présenté vendredi au vote, est porté par le Canada et les Pays-Bas.

L’Arabie saoudite sunnite est à la tête d’une coalition internationale de pays arabes qui combat depuis mars 2015 au Yémen les rebelles houthis soutenus par l’Iran chiite. Le conflit aurait fait plus de 10.000 mors.

En dépit des demandes répétées du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’Onu, le Jordanien Zeid Ra’ad al Hussein, en faveur d’une enquête indépendante sur ce conflit, les 47 pays membres du Conseil ont suivi, par deux fois déjà, la position saoudienne qui veut que le Yémen mène sa propre enquête.

Les organisations de défense des droits de l’homme estiment que les pressions de Ryad risquent d’inciter certains pays, dont la France, à empêcher un vote du texte canado-néerlandais.

Les négociations se poursuivaient jeudi pour tenter d’obtenir un consensus entre le projet défendu par les Pays-Bas et le Canada et un projet de résolution concurrent mené par un groupe de pays arabes.

“Nous souhaitons (...) aboutir à un texte prenant en compte la dégradation de la situation sur place et susceptible de recueillir un large soutien”, a dit la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès Romatet-Espagne.

“Nous œuvrons en particulier au rapprochement des positions sur la dimension internationale du mécanisme d’enquête sur les violations des droits de l’homme commises au Yémen”, a-t-elle ajouté.

La France n’est pas membre votant du Conseil mais a une influence importante auprès de ses membres.

TROIS EXPERTS

De source diplomatique française, on dément que Paris veuille affaiblir le projet canado-néerlandais. “Nous pensons qu’il y a moyen de satisfaire tout le monde”, assure-t-on.

Le texte présenté par le groupe arabe ne mentionne pas la nécessité d’une enquête internationale. Il demande l’envoi d’une équipe de trois experts qui devra mener “une évaluation globale sur toutes les allégations de violations” et un échange d’informations avec la commission nationale d’enquête.

L’Arabie saoudite aurait mis en garde certains Etats d’éventuelles conséquences s’ils devaient soutenir le projet présenté par le Canada et les Pays-Bas, d’après une lettre consultée par un des diplomates interrogés par Reuters.

L’ambassadeur d’Arabie saoudite à Genève s’est refusé à tout commentaire sur les négociations en cours.

    Dans une tribune au journal Le Monde daté de mercredi, la présidente d’Amnesty international France, Camille Blanc, accuse Paris de faire obstacle à l’adoption d’un mécanisme d’enquête indépendant à Genève et demande au président Emmanuel Macron de mettre en accord ses paroles et ses actes.

“Emmanuel Macron a redit son engagement en faveur de la protection des populations civiles et sa foi dans le multilatéralisme. Pourtant, la population yéménite appelle désespérément au secours mais la France refuse de l’entendre. Pas un mot pour elle devant l’Assemblée générale des Nations unies”, écrit Camille Blanc en faisant allusion au récent discours du président français aux Nations unies à New York.

“L’occasion est donnée aujourd’hui à Emmanuel Macron de passer des discours aux actes et il doit s’en saisir”, ajoute la présidente d’AI France.    Louis Charbonneau, directeur Nations unies chez Human Rights Watch, estime qu’il n’est “pas trop tard” pour que la France soutienne l’idée d’une enquête internationale et “montre que l’engagement de Macron envers les droits de l’homme va au-delà des mots.”

“En s’abstenant de soutenir les efforts pour faire avancer la justice au Yémen, le président Macron trahirait sa promesse de faire respecter les valeurs des droits de l’homme et ferait passer les lucratifs contrats d’armements avec l’Arabie saoudite avant les vies brisées des Yéménites qui endurent depuis des années les crimes de guerre, le choléra et la quasi-famine.”

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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