September 24, 2017 / 2:50 PM / a year ago

Le "Tonnerre" à pied d'oeuvre à Saint-Martin, une île qui reprend vie

SAINT-MARTIN (Reuters) - Plus de deux semaines après le passage de l’ouragan Irma, l’arrivée du “Tonnerre” va permettre aux opérations de reconstruction de commencer pour de bon à Saint-Martin.

Plus de deux semaines après le passage de l'ouragan Irma, l'arrivée du "Tonnerre" va permettre aux opérations de reconstruction de commencer pour de bon à Saint-Martin. /Photo prise le 17 septembre 2017/REUTERS/Andres Martinez Casares

Parti le 13 septembre de Toulon, le bâtiment de projection et de commandement a mouillé samedi vers midi au large de l’île et commencé aussitôt à débarquer des hommes et du matériel.

Le deuxième bâtiment le plus grand de la marine nationale a amené avec lui plus d’une centaine de véhicules, 1.200 tonnes de fret et de matériel, 528 militaires, dont 350 du génie, de tous corps de métiers - maçons, électriciens, conducteurs d’engins.

“Nous avons aussi des tractopelles, des bulldozers, des grues de levages, des camions bennes, une cinquantaine de véhicules tout terrain ou encore des outils de travaux publics”, a déclaré le capitaine de vaisseau Ludovic Poitou, commandant du Tonnerre.

“Nos 48 premières heures ici sont focalisées sur ce débarquement. Il faut commencer le plus tôt possible le travail au profit de la population”, a-t-il ajouté.

La préfète déléguée de Saint-Martin et Saint-Barthélémy, Anne Laubiès, a souligné que la cargaison du Tonnerre était “essentielle”.

“Ces moyens lourds nous manquaient. Un travail énorme a déjà été mené pour déblayer les axes routiers de Saint-Martin et assurer la sécurisation des personnes. Désormais, nous allons pouvoir attaquer les travaux plus lourds que nous ne pouvions pas faire, notamment pour la distribution de l’eau, a-t-elle dit.

Ces renforts portent à 1.200 le nombre de militaires mobilisés à Saint-Martin, où ils ont dans un premier temps contribué à sécuriser l’île et à mettre en place un pont aérien avec la Guadeloupe.

La vie semble peu à peu reprendre son cours normal sur l’île. Partout, munis de pelles, de marteaux ou de bâches pour colmater les toits, les habitants s’affairent.

RELANCER LA MACHINE

“Tout le monde a été touché sans exception mais il faut bien commencer à relancer la machine”, dit Sherwin Brooks, 41 ans, venu déblayer des arbres couchés sur la plage “pour un ami restaurateur”.

Un peu plus loin, Laurent Zou, magasinier dans un lycée, avoue qu’il n’est pas pressé de reprendre son travail, “car les conditions sont loin d’être réunies même si certaines écoles ont été nettoyées”.

Le Guadeloupéen installé depuis deux ans à Saint-Martin préfère venir en aide aux sinistrés. «Ma maison n’a rien eu mais aux alentours de moi, à Saint-Louis, il y a eu plein de casse. J’essaie d’aider comme je peux”.

Comme tous les jours depuis Irma, Jénaelle Victorin est venue samedi prendre un bain de mer avec son père sur la plage de Friars Bay, où elle a assisté au débarquement du «Tonnerre».

“Ça nous fait chaud au coeur, ça veut dire que nous ne sommes pas seuls, que le monde vient à notre aide. Aujourd’hui, je suis heureuse, on voit que ça revient petit à petit».

Des commerces commencent à rouvrir et, autre signe d’espoir pour les habitants, l’arrivée du navire de la Marine nationale a coïncidé avec la reprise des vols commerciaux à l’aéroport de Grand-Case, dans la partie française de Saint-Martin.

Tout juste débarqué de l’avion d’Air Antilles venu de Guadeloupe, le Dr Hervé Thomas, qui vivait à Pointe Pirouette à Saint-Martin, a vu sa maison détruite.

«Juste après Irma, on est partis comme des voleurs. On a fui le climat de violences et de psychose qui s’installait grâce à des amis guadeloupéens qui ont pris le risque de venir nous chercher par la mer». Il revient avec ses deux filles de 15 et 17 ans pour «récupérer ses affaires » et, pourquoi pas reconstruire, « si les assurances jouent le jeu».

Diane Bute, elle, rentre chez elle. Au moment de l’ouragan, elle se trouvait à Paris pour “installer son fils”. “On m’a dit qu’il y a un peu de dégâts. J’irai voir demain mais que voulez-vous que je fasse ? C’est ici que j’habite”.

édité par Yann Le Guernigou

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