September 24, 2017 / 2:09 PM / a year ago

Merkel brigue un quatrième mandat, l'AfD s'apprête à entrer au Bundestag

BERLIN (Reuters) - Les élections législatives ce dimanche en Allemagne devraient déboucher sur un quatrième mandat historique pour Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, mais aussi voir le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) entrer pour la première fois au Bundestag.

Les élections législatives ce dimanche en Allemagne devraient déboucher sur un quatrième mandat historique pour Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, mais aussi voir le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) entrer pour la première fois au Bundestag. /Photo prise le 24 septembre 2017/REUTERS/Fabrizio Bensch

Au terme d’une campagne où les sociaux-démocrates du SPD ont semblé payer leur association à la “Große Koalition” en place depuis quatre ans, la chancelière allemande et son bloc chrétien démocrate CDU-CSU devraient arriver en tête des suffrages.

Mais la fragmentation du paysage politique allemand risque de compliquer la formation d’une nouvelle coalition.

Alors qu’un tiers des électeurs allemands se déclarent encore indécis, Angela Merkel et le chef de file du SPD, l’ancien président du Parlement européen Martin Schulz, ont multiplié les appels à la mobilisation dans les dernières heures de la campagne.

“Nous voulons doper votre motivation pour que nous puissions toucher beaucoup, beaucoup de monde”, a dit Merkel dans un meeting de campagne samedi à Berlin.

Au fil des élections régionales de l’an passé, les conservateurs allemands ont subi une série de revers tandis que progressait le parti de droite extrême Alternative für Deutschland (AfD), qui a surfé sur l’impopularité de la décision de Merkel d’ouvrir les frontières aux réfugiés en septembre 2015.

Ces scrutins régionaux ont semé un temps le doute dans l’esprit de la chancelière, dont la cote de popularité avait plongé de trente points et qui semble-t-il s’est même interrogée sur l’opportunité de se représenter devant les électeurs.

Mais la forte diminution des arrivées de migrants en 2016 puis cette année de même qu’une série d’événements internationaux comme le vote des Britanniques en faveur du Brexit ou l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ont joué en sa faveur, renforçant a contrario son image de garante d’une certaine stabilité.

“FOSSOYEURS DE LA DÉMOCRATIE”

Si elle devait remporter son pari, et obtenir un quatrième mandat, Angela Merkel, qui est âgée de 63 ans, égalerait Konrad Adenauer et son mentor en politique, Helmut Kohl, les deux seuls chanceliers à avoir réussi cette performance dans l’Allemagne de l’après-guerre.

Reste que la CDU-CSU, dans les intentions de vote mesurées par les instituts de sondage, est en deçà de son score des précédentes législatives, en 2013. Les conservateurs avaient alors remporté 41,5% des suffrages; les derniers sondages les mesurent entre 34 et 37% des intentions de vote.

Le SPD attendait beaucoup de la nomination à sa tête, en début d’année, de Martin Schulz, très actif dans les institutions européennes mais relativement vierge sur la scène politique nationale et donc susceptible d’éviter les reproches liées à la participation au gouvernement sortant. Mais il est lui aussi mal engagé, avec 21 à 23% des intentions de vote contre 25,7% des suffrages il y a quatre ans.

A l’orée d’un scrutin semblant dépourvu de suspense pour un grand nombre d’Allemands, qui estiment que l’unique enjeu consiste à savoir quelle coalition Merkel mettra en place, les deux partis historiques redoutent que la désaffection de leur électorat fasse le jeu d’Alternative für Deutschland (AfD).

“Nous défendrons la démocratie en Allemagne”, a promis Schulz vendredi soir à Berlin, qualifiant l’AfD de “fossoyeurs de la démocratie”.

UN BUNDESTAG FRAGMENTÉ ?

Créé en 2013 pour lutter contre la monnaie unique européenne et les plans de renflouement dans la zone euro, l’AfD s’est muée progressivement en un parti anti-immigration, xénophobe et dont certains des membres, à l’image de son co-président Alexander Gauland, redoutent que les Allemands “ne soient bientôt que des étrangers dans (leur) propre pays”.

Aux élections de 2013, l’AfD avait obtenu 4,7% des voix, échouant à franchir le seuil de représentation parlementaire fixé à 5% des suffrages au niveau national.

Le parti oscille aujourd’hui autour de 10-11%, un sondage INSA publié samedi par le quotidien Bild le donne même à 13% des intentions de vote, en passe d’être la troisième force parlementaire devant les libéraux du FDP. Eux aussi s’apprêtent à faire élire des députés et effacer la déconvenue de 2013, quand ils n’avaient obtenu que 4,8% des voix.

Avec le parti de la gauche radicale Die Linke et les écologistes des Grünen, le nouveau Bundestag devrait donc être formé de six partis, au lieu de quatre, ce qui compliquera la formation d’une coalition.

avec Thomas Escritt; Henri-Pierre André pour le service français

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