September 12, 2017 / 11:18 AM / in a year

LREM repart à la conquête des Français en pleine rentrée sociale

PARIS (Reuters) - “Bonjour madame, les mesures d’Emmanuel Macron pour l’emploi ! Monsieur, des informations sur la loi Travail !” T-shirt estampillé La République en marche sur les épaules, Luc Domenge distribue des tracts aux Parisiens pressés surgis d’une bouche de métro non loin de l’Arc de Triomphe.

Emmanuel Macron est toujours populaire auprès de ses partisans. "Transformons la France. Débloquons l'emploi", peut-on lire sur le tract illustré d'une photo de foule brandi par une dizaine de militants LREM - "Dites plutôt 'citoyens engagés'", conseille l'un d'eux à Reuters. "Militant, ça fait vieux parti". Alors qu'à l'autre bout de Paris, les opposants à la réforme de la loi Travail s'apprêtent à défiler entre Bastille et Place d'Italie, LREM poursuit son oeuvre de pédagogie. Selon le mouvement présidentiel, plus de 700 événements sont organisés ce mois-ci et 500.000 tracts imprimés à l'attention de Français ayant exprimé leur déception vis-à-vis du nouvel exécutif dans les sondages d'opinion. /Photo prise le 8 septembre 2017/REUTERS/Alkis Konstantinidis

L’avenue de la Grande Armée est embouteillée en ce mardi de mobilisation sociale contre la réforme du Code du travail et si le RER est perturbé, le métro fonctionne normalement.

“Transformons la France. Débloquons l’emploi”, peut-on lire sur le tract illustré d’une photo de foule brandi par une dizaine de militants LREM - “Dites plutôt ‘citoyens engagés’”, conseille l’un d’eux à Reuters. “Militant, ça fait vieux parti”.

Alors qu’à l’autre bout de Paris, les opposants à la réforme de la loi Travail s’apprêtent à défiler entre Bastille et Place d’Italie, LREM poursuit son oeuvre de pédagogie.

Selon le mouvement présidentiel, plus de 700 événements sont organisés ce mois-ci et 500.000 tracts imprimés à l’attention de Français ayant exprimé leur déception vis-à-vis du nouvel exécutif dans les sondages d’opinion.

Au métro Argentine, une ex-candidate aux législatives, Valérie Bougault-Delage, participe à la séance de distribution du document qui évoque l’action du président et du gouvernement sans référence directe à Emmanuel Macron, ni photo.

“Je m’inscris à nouveau comme militante bénévole”, dit celle qui a perdu en juin face au Républicain Claude Goasguen.

Autour d’elle, les militants convoqués via la messagerie cryptée Telegram témoignent de leurs rencontres avec les Français.

“Les gens me disent ‘voilà un président qui ne se soumet pas aux sondages et qui fait ce qu’il dit’”, raconte l’un d’eux. “D’autres craignent qu’il lâche face à la pression de la rue”.

“DE LA FRIME”

Engagés dès 2016, date de la création de LREM, ou lors de la campagne électorale, tous sont, sans surprise, aussi fans du président Macron qu’ils l’étaient du candidat.

“Moi, Emmanuel Macron est le président que j’attendais depuis 30 ans”, confie un ancien militant du RPR.

A la question de savoir ce qui les froisse en ce début de quinquennat, le chef de l’Etat est épargné. Pas la presse. “On est sur une poudrière, il faut faire attention à la façon dont on commente l’actualité. Des journalistes disent que Macron a un mauvais bilan, mais comment peut-on en avoir un au bout de trois mois ?” La CGT est aussi ciblée : “Comment peut-on appeler à manifester alors que le dialogue social n’a même pas commencé ?”

Et du côté de la majorité, aucun bémol ? “Peut-être ce député qui a donné un coup de casque... Une erreur de casting”, glisse-t-on en référence à M’jid El Guerrab, qui a quitté LREM mais conservé son mandat de député après une altercation avec le cadre socialiste Boris Faure.

Pour entendre dire du mal du président, il faut aller du côté des Parisiens qui refusent le tract LREM ou le jettent violemment dans la poubelle attenante à la bouche de métro.

Maryse, ancienne secrétaire de direction, n’est pas tendre avec Emmanuel Macron.

“Moi je ne l’ai jamais aimé. C’est un manipulateur, un égocentrique. Il se prend pour Dieu. Tout ce qu’il fait c’est de la frime”, lance cette riveraine qui a voté pour le candidat de droite François Fillon à l’élection présidentielle.

Engagée à la CGT puis à la CGC lorsqu’elle travaillait, elle n’ira pas manifester mais soutient le mouvement. “S’il y a du monde c’est bien. Il faut donner un signe tout de suite!”

Chef d’une petite entreprise engagé à LREM depuis le 6 avril 2016, jour de la création du mouvement, Patrick Rollot veut garder les pieds sur terre.

“Il y avait forcément plus d’enthousiasme pendant la campagne, là il y a moins d’enjeu. Mais si la manifestation d’aujourd’hui est un succès, je pense que cela remobilisera les militants LREM”, dit-il.

A ses côtés, Bertrand Boucheny demande du temps.

“Quand on construit un immeuble, il faut commencer par les fondations. On en est là : poser des bases solides pour construire quelque chose qui va aller très haut”.

Edité par Yves Clarisse

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