September 11, 2017 / 5:24 PM / a year ago

Ambitions limitées pour LREM aux élections sénatoriales

PARIS (Reuters) - Devenir la deuxième force du Sénat : tel est l’objectif de La République en marche (LREM) pour les sénatoriales du 24 septembre appelées à renouveler la moitié de la Chambre haute, où la droite républicaine a de bonnes chances de garder la main.

Le Sénat. Devenir la deuxième force du Sénat : tel est l'objectif de La République en marche (LREM) pour les sénatoriales du 24 septembre appelées à renouveler la moitié de la Chambre haute, où la droite républicaine a de bonnes chances de garder la main. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

En pleine rentrée sociale, ce scrutin aura valeur de test pour le nouvel exécutif avant une longue période sans vote, jusqu’aux élections européennes de mai 2019.

Le ministère de l’Intérieur a publié lundi la liste des 1.971 candidats - un record -, qui avaient jusqu’à vendredi soir dernier pour déposer leur dossier en préfecture.

Au total, 171 sièges sont en jeu sur un total de 348. En France, les sièges de sénateurs sont renouvelés par moitié tous les trois ans par un collège de grands électeurs, au nombre de 76.359 cette année, dont une grande majorité d’élus municipaux.

Après le raz-de-marée du printemps à l’Assemblée nationale, LREM a des ambitions plus modestes au Sénat, où le mouvement espère toutefois passer de la place de quatrième force politique à la deuxième, derrière les Républicains.

“Élargir fortement notre groupe existant au Sénat serait déjà une bonne performance dans une élection dont le corps électoral est largement constitué par le ‘monde d’avant’ pour reprendre une expression présidentielle”, commente le député Stanislas Guérini, porte-parole de LREM.

MAJORITÉ DES TROIS CINQUIÈMES

Le parti a composé au printemps sous la houlette de l’ancien socialiste François Patriat un groupe d’une trentaine de membres, dont 20 remettent leur siège en jeu.

Au sortir des sénatoriales, le groupe pourrait compter tout au mieux 50 élus, selon les prévisions de responsables du parti au pouvoir.

“Le système de vote n’est pas à notre avantage mais on peut espérer que dans le secret de l’isoloir, des élus choisissent le camp du renouvellement”, plaide une député LREM.

L’un des enjeux est de savoir si le parti présidentiel sera en mesure d’obtenir une majorité des trois cinquièmes du Parlement (Assemblée et Sénat réunis), synonyme de modification de la Constitution sans recours au référendum.

Un tel scénario, qui suppose quelque 180 sénateurs favorables au pouvoir, favoriserait la grande réforme institutionnelle voulue par le chef de l’Etat visant notamment à réduire d’un tiers le nombre de parlementaires.

“Avoir une majorité des deux tiers n’est pas un but en soi”, tempère Arnaud Leroy, membre de la direction collégiale de LREM. “On peut l’obtenir par d’autres moyens, par la conviction, avec le MoDem et les Constructifs”.

Comme à l’Assemblée, le parti présidentiel espère en effet nouer des alliances avec les centristes et des élus de droite “Macron compatibles”.

LREM compte aussi sur le soutien des radicaux de gauche et de droite, séparés depuis 1972 et dont la réunification pourrait intervenir d’ici la fin de l’année.

“Le parti radical réunifié a l’ambition de constituer un groupe composé d’élus issus du PRG et de Valoisiens”, a confirmé lundi à Reuters Eddy Aït, délégué général du PRG.

DEUX MINISTRES CANDIDATS

Pour s’assurer du soutien des radicaux, Emmanuel Macron a fait entrer deux d’entre eux au gouvernement : Annick Girardin et Jacques Mézard.

“On aura participé à la recomposition politique”, commente Eddy Aït. “Le jeu de chamboule-tout oblige les partis actuels à participer à ce qui se passe.”

Si la majorité des trois cinquièmes fait défaut, un référendum est possible pour modifier la Constitution.

“Il sera facile de faire adopter par cette voie la baisse du nombre de parlementaires”, pense une députée LREM.

Deux membres du gouvernement sont candidats aux sénatoriales.

Dans le Nord, le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, est en position non éligible sur la liste LREM emmenée par Frédéric Marchand.

La MoDem Jacqueline Gourault (Intérieur) est quant à elle candidate à sa propre succession dans le Loir-et-Cher.

A Paris, 13 listes ont été déposées, contre seulement six en 2011. Le communiste Pierre Laurent et l’écologiste Esther Benbassa figurent au nombre des personnalités en lice.

Très marqué par une récente agression dans la capitale, l’ex-écologiste Jean-Vincent Placé a, pour sa part, jeté l’éponge dans l’Essonne.

“Je ne serai pas candidat aux élections sénatoriales. Il était temps de faire une pause, qui pourra être définitive”, a déclaré l’ancien secrétaire d’Etat de Manuel Valls la semaine dernière au Figaro.

Edité par Yves Clarisse

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