September 10, 2017 / 2:30 PM / 9 months ago

Pécresse tente d'ouvrir sa "troisième voie" face à Wauquiez

par Simon Carraud

Valérie Pécresse a lancé dimanche son courant au sein des Républicains, "Libres !", destiné à incarner une "troisième voie" entre le droitier Laurent Wauquiez, favori pour prendre la présidence du parti en décembre prochain, et Emmanuel Macron. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

ARGENTEUIL, Val-d’Oise (Reuters) - Valérie Pécresse a lancé dimanche son courant au sein des Républicains, “Libres !”, destiné à incarner une “troisième voie” entre le droitier Laurent Wauquiez, favori pour prendre la présidence du parti en décembre prochain, et Emmanuel Macron.

La présidente de la région Île-de-France a renoncé en juillet à se présenter au scrutin censé désigner le nouveau chef de la droite mais elle entend jouer un rôle dans la recomposition de son camp, toujours traumatisé par la défaite à l’élection présidentielle et menacé d’émiettement.

“Ni Macron, ni Buisson, une troisième voie est à inventer”, a-t-elle déclaré lors du meeting de lancement de son mouvement, à Argenteuil (Val d’Oise), en référence au chef de l’Etat d’une part et à Patrick Buisson, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy venu de l’extrême droite, d’autre part.

Sans jamais le nommer, Valérie Pécresse a pris pour cible la ligne de Laurent Wauquiez, lequel s’est imposé ces dernières années comme le porte-étendard d’une droite conservatrice, chantre des “racines chrétiennes” de l’Europe et opposée à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels.

Faute de concurrents de poids, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes apparaît comme le favori de l’élection à la présidence de LR, prévue les 10 et 17 décembre.

S’il prend effectivement le contrôle du parti, Laurent Wauquiez disposera d’un mandat de cinq ans, qui pourrait en faire un candidat naturel à la prochaine présidentielle.

Un scénario redouté par un grand nombre d’élus LR, que Valérie Pécresse espère fédérer au sein de son “laboratoire d’idées”.

“Rien ne serait pire que de servir aux Français la saison 3 de ‘à droite toute’, (...) une série qu’on a vue, qu’on a revue, avec des mots entendus, des réflexes stéréotypés. On en a assez des rediffusions”, a déclaré Valérie Pécresse devant plusieurs centaines de personnes.

“PILOTE AUTOMATIQUE”

Elle a également mis en garde les dirigeants de son parti contre la tentation de “remonter sur le cheval et de repartir au galop en pilote automatique, sur les mêmes solutions et les mêmes idées, celles qui nous ont fait perdre”.

“Quand la droite se rétrécit, elle perd. Quand elle s’élargit, elle gagne”, a-t-elle encore dit, reprenant là un mantra de Nicolas Sarkozy.

À Argenteuil, l’ex-ministre s’est efforcée de réunir des représentants de tous les chapelles de LR, “sarkozystes”, “juppéistes” ou “fillonistes” mais aussi l’actuel secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, afin de donner à son meeting les apparences de l’oecuménisme.

Certains, notamment parmi les juppéistes, voient dans l’initiative de Valérie Pécresse l’ultime possibilité de maintenir l’unité du parti.

“On va voir comment tourne le mouvement de Valérie Pécresse. Si ça donne quelque chose, on pourra peut-être se faire entendre et rester dans le parti”, explique un élu proche du maire de Bordeaux.

Bernard Accoyer, dont l’intérim à la tête du parti s’achèvera dans trois mois, est venu à Argenteuil pour prononcer un discours et alerter à la fois sur le risque d’une nouvelle guerre de clochers et celui, parallèle, d’un rétrécissement de la droite à la seule sensibilité droitière.

“Une grande formation politique moderne doit être capable de faire vivre en son sein la diversité et les débats entre toutes (les) droites républicaines”, a-t-il souligné.

Prise de court par l’émergence du phénomène Macron, la droite voit depuis six mois ressurgir le spectre de la division.

Les députés “constructifs”, qui veulent travailler en bonne intelligence avec l’exécutif et ne croient déjà plus en LR, tentent d’occuper un espace entre une droite dure et La République en marche et réfléchissent à la création d’une nouvelle formation.

Simon Carraud

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below