September 5, 2017 / 11:24 AM / in a year

Le PS a du mal à se positionner sur la loi Travail

PARIS (Reuters) - Soutenir l’opposition à la loi Travail sans manifester : fragilisé par ses échecs électoraux, le Parti socialiste a du mal à se positionner sur cette réforme, comme en témoigne la position mi-chèvre mi-chou prise lundi par son Bureau national.

Soutenir l'opposition à la loi Travail sans manifester : fragilisé par ses échecs électoraux, le Parti socialiste a du mal à se positionner sur cette réforme, comme en témoigne la position mi-chèvre mi-chou prise lundi par son Bureau national. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, le PS dit soutenir “dans le respect de l’indépendance syndicale toutes les démarches de mobilisation” contre la réforme du Code du travail du gouvernement, tout en refusant d’être considéré comme un “co-initiateur de la manifestation du 12 septembre prochain.”

Le parti désormais dirigé de façon collégiale a décidé d’éditer un tract prônant “l’unité” et d’organiser des rassemblements devant les préfectures.

“On soutient toute mobilisation pour que chacun puisse rejoindre le cortège qu’il entend”, a expliqué mardi à Reuters le président du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée nationale, Olivier Faure. “On n’appelle à aucune manifestation parce que notre vocation n’est pas de faire le tri entre les organisations syndicales et entre différents mots d’ordre”.

L’absence d’appel formel du PS à manifester montre selon lui que la formation n’est “pas derrière telle ou telle organisation. Nous sommes contre la loi travail telle qu’elle est présentée aujourd’hui par le gouvernement.”

“PAS TRÈS CLAIR”, JUGE FERRAND (LREM)

Des responsables du PS ont l’intention de manifester aux côtés des syndicats tel le conseiller régional et membre de la direction collégiale François Kalfon, qui l’a confirmé mardi à Reuters.

L’ancien candidat du PS à l’élection présidentielle Benoît Hamon, qui a quitté le PS pour fonder son propre mouvement, n’a pas encore pris de décision, a fait savoir son entourage.

La précédente réforme du Code du travail lors du quinquennat de François Hollande avait profondément divisé le PS au pouvoir et provoqué d’énormes manifestations dans les rues.

La CGT a appelé à une journée d’action contre les ordonnances réformant le Code du travail le 12 septembre prochain, qui sera suivie le 23 septembre d’une mobilisation à l’appel du parti de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise.

Le président du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée, Richard Ferrand, a jugé “pas très clair” le positionnement de son ancien parti.

“Le soutien sans participation, ça n’a jamais été ma tasse de thé”, a déclaré sur CNEWS le député breton, qui a commencé sa carrière politique au PS. “Soit on considère qu’il faut s’opposer frontalement, et dans ce cas-là on participe aux événements qui manifestent cette opposition. Soit on approuve.”

Le communiste Pierre Laurent a plaidé pour sa part en faveur d’un front politique “élargi” contre la réforme du Travail.

“La protestation est en train de grandir sur le front syndical”, a-t-il dit sur Public Sénat. “Nous travaillons aussi pour que, politiquement, le front s’élargisse. Donc, je pense qu’on va vers une première journée de mobilisation le 12 septembre qui va marquer, je l’espère, l’entrée dans une mobilisation sociale forte pour ne pas accepter les ordonnances.”

Elizabeth Pineau, avec Cyril Camu et Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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