September 1, 2017 / 9:16 AM / a year ago

La Cour suprême kényane invalide la victoire d'Uhuru Kenyatta

NAIROBI (Reuters) - La Cour suprême du Kenya a invalidé vendredi la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, à l’issue du scrutin du 8 août dernier en raison d’irrégularités et ordonné la tenue d’un nouveau vote dans les deux mois à venir.

Le chef de file de l'opposition kényane, Raila Odinga, suite à l'annonce de l'invalidation de la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta. La Cour suprême du Kenya a invalidé vendredi la victoire d'Uhuru Kenyatta, à l'issue du scrutin du 8 août dernier en raison d'irrégularités et ordonné la tenue d'un nouveau vote dans les deux mois à venir. /Photo prise le 1er septembre 2017/REUTERS/Baz Ratner

“(La victoire de Kenyatta) est déclarée invalide, nulle et non avenue”, a dit le juge David Maranga. “(La commission électorale) n’a pas réussi à ou a refusé d’organiser l’élection présidentielle en accord avec les règles constitutionnelles”.

Réagissant à cette décision, la commission électorale kényane a déclaré qu’elle allait remplacer le personnel impliqué dans les irrégularités.

“Pour garantir l’intégrité de la volonté souveraine du peuple, la commission a l’intention de procéder à des changements en interne”, a indiqué Wafula Chebukati, le président de la commission électorale, précisant qu’il ne comptait pas démissionner.

Dans une allocution à la télévision, le président Kenyatta a appelé au calme et à respecter la décision de la Cour suprême.

“La Cour a pris sa décision. Nous la respectons. Nous ne sommes pas d’accord. Encore une fois, j’appelle à la paix”, a-t-il déclaré.

Le président sortant avait été déclaré vainqueur par 1,4 million de suffrages d’écart.

Le chef de file de l’opposition, Raila Odinga, avait crié à la fraude massive après l’annonce des résultats et, le 18 août, la coalition de l’opposition a déposé un recours devant la Cour suprême pour contester les résultats.

“C’est une journée historique pour le peuple kényan”, a réagi Raila Odinga à l’annonce de cette décision. “Pour la première fois dans l’histoire d’une démocratie africaine, une décision prise par un tribunal a invalidé l’élection frauduleuse d’un président”.

Pour un député du camp d’Uhuru Kenyatta, la commission électorale n’a rien à se reprocher, ajoutant que cette décision était “très politique” et qu’elle devait être respectée.

“Tournons-nous vers le peuple et les Kényans s’exprimeront de nouveau”, a dit Ahmednasir Abdullahi.

Précédemment, la mission d’observation de l’Union européenne et un groupe d’observateurs indépendants avaient validé le scrutin, estimant qu’il n’y avait aucune fraude.

Mais la Commission électorale a tardé à publier les résultats en ligne. Des milliers de votes manquaient encore quand les résultats officiels ont été publiés. Certains documents n’avaient pas le tampon officiel, certains chiffres ne correspondaient pas aux résultats annoncés.

Raila Odinga, 72 ans, issu de l’ethnie Luo majoritaire dans l’ouest du pays et qui se sent marginalisée par les Kikuyu de Kenyatta, a déjà été battu lors des élections présidentielles de 2007 et 2013. Il a à chaque fois contesté les résultats.

De nombreuses voix s’étaient élevées pour demander à Odinga de contester le résultat du scrutin devant les tribunaux, et non dans la rue, afin d’éviter une répétition des violences interethniques après le vote de 2007, qui avaient fait plus de 1.200 morts et 600.000 déplacés.

Arthur Connan pour le service français, édité par Simon Carraud

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