August 24, 2017 / 4:17 PM / in a year

France: Le chômage repart en nette hausse en juillet

PARIS (Reuters) - Le chômage est reparti en nette hausse en juillet en France, repassant au-dessus du seuil de 3,5 millions d’inscrits à Pôle emploi en catégorie A pour la première fois depuis le mois de mars, selon les chiffres publiés jeudi par le ministère du Travail.

Le chômage est reparti en nette hausse en juillet en France, repassant au-dessus du seuil de 3,5 millions d'inscrits à Pôle emploi en catégorie A pour la première fois depuis le mois de mars, selon les chiffres publiés jeudi par le ministère du Travail. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucune activité) a enregistré le mois dernier sa plus forte hausse mensuelle depuis le mois de mars et a progressé de 1,0%, soit 34.900 personnes supplémentaires.

Les effectifs dans cette catégorie ont ainsi atteint 3.518.100 inscrits, au plus haut depuis août 2016.

Cette évolution confirme la tendance suggérée par le Premier ministre Edouard Philippe en début de matinée.

“Je ne suis pas sûr que les chiffres du chômage de juillet soient exceptionnels”, a-t-il prévenu sur BFM TV et RMC, tout en précisant qu’il ne disposait pas de ces données.

En ajoutant les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), le nombre d’inscrits à Pôle emploi a progressé de 1,1%, soit 58.800 personnes supplémentaires en un mois, inscrivant un nouveau record à 5.621.400 (5.926.100 en incluant les départements d’Outre-mer, en hausse de 1,0% sur un mois).

La tendance est également à la hausse sur un an, avec une légère progression (+0,1%) du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A et une augmentation bien plus franche du total des inscrits dans les catégories A, B et C (+3,1%).

EFFET DE BASCULE

La progression du nombre d’inscrits dans ces trois catégories s’inscrit en parallèle d’un recul marqué de la catégorie D, qui reflue de 4% sur un mois et de 6,7% sur un an. Les effectifs dans cette catégorie ont notamment été alimentés jusqu’à la mi-année par le plan de formations supplémentaires des chômeurs mis en place sur la fin du quinquennat de François Hollande.

Dans les prochains mois, un autre jeu de vases communicants défavorable pourrait s’ajouter.

La réduction du nombre d’emplois aidés au deuxième semestre pourrait encore faire gonfler les rangs des inscrits des catégories A, B et C tenus de rechercher un emploi, avec un effet de bascule depuis la catégorie E (qui regroupe les inscrits non tenus de chercher en emploi parce qu’ils bénéficient d’un contrat aidé ou participent à une création d’entreprise, par exemple).

Au sein de la catégorie A, la hausse de juillet a principalement concerné les jeunes (+2,8%), avec des progressions plus limitées pour les 25-49 ans (+0,9%) et les seniors (+0,3%).

Sur un an, la tendance est plus favorable pour les moins de 25 ans (-3,6%) et les 25-49 ans (-0,4%), alors que les effectifs des plus de 50 ans progressent de 3,4%.

Le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d’un an à Pôle emploi, considérés comme chômeurs de longue durée, s’inscrit en hausse de 0,8% en juillet, à 2,46 millions et il augmente de 1,8% par rapport à juillet 2016.

Leur proportion dans le nombre total de chômeurs connaît un léger repli, cédant 0,1 point à 43,8%.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE FAVORABLE

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ne commente pas les chiffres mensuels du nombre d’inscrits à Pôle emploi, trop volatils et peu révélateurs selon elle de l’évolution du marché du travail.

Elle compte procéder chaque trimestre à un point sur la situation du marché du travail mais la date du premier rendez-vous du genre, qui avait été annoncé pour fin août, n’a pas encore été fixée, selon son cabinet.

A la différence de l’évolution irrégulière des effectifs de Pôle emploi - qui ont cependant reculé sur l’ensemble de l’année 2016 - le taux de chômage calculé par l’Insee selon les critères du Bureau international du travail (BIT) est orienté à la baisse depuis le printemps 2015.

Ce taux de chômage, qui permet les comparaisons internationales, est revenu au deuxième trimestre à son niveau de début 2012, tandis que le taux d’emploi a atteint un plus haut depuis 1980.

Sur la même période, les créations d’emploi ont franchement accéléré et cette tendance devrait se confirmer dans les prochains mois, la poursuite de l’embellie du climat des affaires laissant présager d’une croissance solide au troisième trimestre. et

Pendant la campagne, Emmanuel Macron a affiché son ambition de ramener le taux de chômage à 7% en 2022, sous l’effet notamment d’un assouplissement du droit du travail et d’une amélioration de la compétitivité des entreprises par une baisse de la fiscalité.

Les contours précis de la réforme du Code du travail portée par Muriel Pénicaud seront présentés le 31 août.

La trajectoire de la baisse progressive du taux de l’impôt sur les sociétés - qui devrait être ramené à 25% d’ici 2022 - sera fixée dans le projet de budget 2018, qui sera présenté fin septembre.

Myriam Rivet, édité par Elizabeth Pineau

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