August 17, 2017 / 3:33 PM / a year ago

Des communes dénoncent le gel des contrats aidés

PARIS (Reuters) - L’incertitude entourant le sort des contrats aidés, jugés trop coûteux et inefficaces par le gouvernement, est fortement critiquée par les communes françaises qui craignent un impact négatif sur la qualité des services publics.

L'incertitude entourant le sort des contrats aidés est fortement critiquée par les communes françaises qui craignent un impact négatif sur la qualité des services publics. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud (photo), a précisé qu'il ne restait que 110.000 contrats aidés pour le deuxième semestre de 2017 sur les 293.000 prévus cette année. /Photo prise le 12 juillet 2017/REUTERS/Charles Platiau

Certains maires de l’île de La Réunion, qui ont rencontré jeudi le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, ont déjà annoncé devoir repousser de cinq jours la rentrée scolaire prévue pour vendredi dans la région faute de personnel.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a précisé devant l’Assemblée qu’il ne restait que 110.000 contrats aidés pour le deuxième semestre de 2017 sur les 293.000 prévus cette année, le précédent gouvernement ayant “consommé” les deux tiers des contrats en un trimestre dans le but de faire baisser le chômage pendant le quinquennat de François Hollande.

La ministre ne souhaite pas pour autant augmenter le nombre de contrats prévus, estimant que ces emplois sont “extrêmement coûteux pour la nation” et “pas efficaces dans la lutte contre la chômage”. Le coût de ces contrats subventionnés par le gouvernement est estimé à 2,8 milliards d’euros en 2017.

“La solution de demain sur le long terme, ce n’est pas de l’emploi court terme précaire en contrat aidé, c’est d’investir dans la formation, dans le développement des compétences”, a-t-elle dit.

Il ne sera donc plus possible pour le secteur marchand d’engager du personnel avec ce dispositif en 2017, a indiqué la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) aux préfets dans un mail publié jeudi par Libération.

Pour le secteur non marchand (associations et collectivités locales), “les priorités arrêtées portent strictement sur l’outre-mer, l’éducation nationale, le secteur sanitaire et social”, précise le document.

GEL DU FINANCEMENT

L’éducation nationale bénéficiera de la moitié des contrats aidés restants, ce qui représente 20.000 contrats de moins que ce qui avait été distribué au second semestre de 2016 par le précédent gouvernement, ajoute le quotidien.

Plusieurs agences Pôle emploi ont déjà reçu des instructions pour geler le financement de ces contrats, a rapporté mercredi Force ouvrière, paralysant les activités de certaines associations et de communes qui avaient anticipé depuis plusieurs semaines des recrutements grâce à ce dispositif.

“Les élus locaux sont très inquiets quant aux impacts négatifs pour la gestion quotidienne des services publics”, a écrit le vice-président de l’Association des maires de France, André Laignel, dans une lettre adressée à Muriel Pénicaud.

Il précise que ces dispositifs permettent notamment l’embauche d’accompagnateurs scolaires, d’auxiliaires de vie pour des élèves en situation de handicap ou encore d’aides à la restauration scolaire.

“Cela pose des difficultés inextricables au niveau local”, ajoute André Laignel. “Les collectivités ne sont pas en mesure de transformer budgétairement, dans des délais aussi courts, ces contrats aidés en CDD.”

Citant une étude de la Dares, Muriel Pénicaud a insisté sur le peu d’efficacité de ces contrats.

LE SECTEUR MARCHAND VISE

“Dans le secteur marchand, où ils sont pris en charge par l’Etat à 35% du smic, 63% des contrats aidés auraient eu lieu sans l’aide de l’Etat pour les mêmes personnes et au même moment”, a-t-elle dit.

Dans le secteur non marchand, en revanche, ces contrats ne pourraient pas exister sans aide, peut-on lire dans cette étude.

Pour Muriel Pénicaud, “il est vrai que (les contrats aidés) permettent de baisser le coût du travail dans un certain nombre d’associations”. “On peut s’interroger si c’est au titre de la politique de l’emploi qu’il faille le faire et si c’est la bonne démarche”, ajoute-t-elle.

Pour Force ouvrière, le gouvernement fait fausse route en voulant limiter ces contrats.

“Ce sont des compétences que les gens acquièrent et peuvent ajouter dans leur CV. Ça les aide à se réinsérer”, a dit à Reuters Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO.

La France insoumise estime que le gouvernement va trop vite. “Commencez par faire une autre politique sociale (...) et ensuite diminuez les aides qui existent”, a dit François Ruffin sur RMC.

Edité par Yves Clarisse

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