October 20, 2016 / 1:32 PM / 2 years ago

La Russie propose onze heures de trêve quotidienne à Alep sur quatre jours

GENEVE (Reuters) - La Russie a informé jeudi les Nations unies que son aviation cesserait de bombarder les quartiers de l’est d’Alep aux mains des insurgés pendant quatre jours à raison de onze heures par jour, mais pour l’Onu, ces pauses ne suffisent pas à conclure un accord sur l’évacuation des insurgés.

Avions de combat russes sur la base aérienne Hmeymim en Syrie. La Russie a informé les Nations unies que son aviation cesserait de bombarder les quartiers de l'est d'Alep aux mains des insurgés pendant quatre jours à raison de 11 heures par jour, sans que cette offre permette de conclure un accord sur l'évacuation des insurgés. /Photo prise le 18 juin 2016/REUTERS/Vadim Savitsky

L’armée syrienne a annoncé de son côté qu’un cessez-le-feu unilatéral soutenu par la Russie était entré en vigueur jeudi pour permettre à la population civile de quitter Alep-Est, initiative qu’ont rejetée les insurgés.

Ils y voient un piège tendu par Damas et Moscou pour vider Alep-Est de ses habitants et donner l’assaut contre les rebelles pour les contraindre à la reddition.

A Genève, Jan Egeland, conseiller aux affaires humanitaires de l’Onu pour la Syrie, a déclaré que les Russes avaient dit “onze heures par jour, et quatre jours à compter de ce jour, jeudi”. Il a ajouté que des discussions étaient en cours avec la Russie pour ajouter une journée supplémentaire.

La Russie, a-t-il poursuivi devant la presse, avait initialement proposé une pause quotidienne de huit heures, un délai trop court selon l’Onu pour pouvoir évacuer des blessés et acheminer de l’aide aux quartiers assiégés.

Moscou n’a pas officialisé l’instauration de ces quatre jours de trêves temporaires. Mais le ministère russe de la Défense a indiqué que le président Vladimir Poutine avait ordonné que la trêve de onze heures décrétée jeudi, qui devait expirer dans l’après-midi, serait prolongée de 24 heures.

A Bruxelles, où se sont réunis pour deux jours les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, des responsables européens se sont demandés si cette initiative russe n’avait pas été calculée pour écarter le risque de nouvelles sanctions européennes.

Dans le projet de conclusions que Reuters s’est procuré jeudi soir, les Vingt-Huit “condamnent vivement les attaques menées par le régime syrien et ses alliés, notamment la Russie, contre des civils à Alep”.

Ils ajoutent qu’ils envisageront des sanctions supplémentaires contre des individus ou des entités soutenant Bachar al Assad “si les atrocités se poursuivent”, poursuit le texte - qui ne mentionne pas spécifiquement la Russie dans cette partie sur des sanctions.

ÉVACUATIONS MÉDICALES

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, se sont parallèlement entretenus par téléphone de la crise syrienne, rapporte le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les deux hommes ont discuté de mesures visant à normaliser la situation à Alep-Est.

Selon la Russie, l’arrêt des bombardements sur Alep peut permettre l’évacuation des combattants islamistes du Front Fatah al Cham, nouvelle appellation du Front al Nosra, dans le cadre d’un accord suggéré par Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’Onu pour la Syrie.

Mais ce dernier, qui estime à 900 le nombre de combattants de l’ex-Front al Nosra présents à Alep-Est, a indiqué qu’il regardait plutôt ces pauses comme une réponse à la requête de l’Onu visant à procéder des évacuations médicales.

Quant à sa proposition, a-t-il dit, elle requiert davantage de conditions.

“Le paquet est clair, Al Nosra doit déclarer qu’il est prêt à partir, ou d’autres peuvent le faire en son nom, et, dans le même temps, il doit y avoir un engagement du gouvernement (syrien) à respecter l’administration locale”, a-t-il poursuivi.

“Séparons ces deux choses. Aujourd’hui, nous envisageons une évacuation médicale, ou un soutien médical. Les prochaines étapes font partie d’un paquet plus large qui doit être mis en place.”

Jan Egeland a par ailleurs exprimé l’espoir que “plusieurs centaines” de malades et de blessés puissent être évacués ce vendredi vers la partie occidentale de la ville aux mains des forces gouvernementales ou dans la province d’Idlib, tenue par l’opposition armée, suivant leur choix.

VOIR AUSSI

CHRONOLOGIE de la bataille d’Alep: [L8N1C563D]

avec Suleiman Al-Khalidi à Amman et Robbin Emmot et Jan Strupcewski à Bruxelles; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français

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