October 13, 2016 / 6:27 AM / 2 years ago

Hollande réclame à Poutine un cessez-le-feu en Syrie

PARIS (Reuters) - François Hollande a saisi mercredi l’occasion d’un entretien téléphonique avec son homologue russe, Vladimir Poutine, et la chancelière allemande, Angela Merkel, pour rappeler “l’urgence absolue” d’un cessez-le-feu en Syrie, a rapporté son entourage.

A Alep. François Hollande a saisi mercredi l'occasion d'un entretien téléphonique avec son homologue russe, Vladimir Poutine, et la chancelière allemande, Angela Merkel, pour rappeler "l'urgence absolue" d'un cessez-le-feu en Syrie. /Photo prise le 12 octobre 2016/ REUTERS/Abdalrhman Ismail

Paris et Moscou sont en froid en raison du soutien apporté par les Russes aux frappes aériennes sur la ville syrienne d’Alep, qui font chaque jour de nombreuses victimes civiles.

Vladimir Poutine a annulé mardi une visite prévue à Paris le 19 octobre après avoir refusé une proposition de François Hollande d’organiser à l’Elysée une réunion sur le dossier syrien.

Le dirigeant russe a de son côté reproché mercredi à la France de lui avoir tendu un piège en déposant aux Nations unies un projet de résolution réclamant l’arrêt des bombardements à Alep et l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne.

Dans ce contexte de crispation, le président russe et son homologue français se sont parlé de vive voix mercredi à l’occasion d’un entretien à trois, avec Angela Merkel, sur le processus de paix en Ukraine.

“Le président a saisi l’occasion de l’appel pour rappeler sa position sur la Syrie au président Poutine : urgence absolue d’un cessez-le-feu, accès à l’aide humanitaire”, a rapporté l’entourage de François Hollande.

“Il a été soutenu clairement par la chancelière”, a-t-on ajouté.

Dans un communiqué, le Kremlin indique que Vladimir Poutine a répondu qu’il espérait que les discussions prévues samedi à Lausanne entre les chefs de la diplomatie russe et américaine soient “fructueuses” pour rechercher une solution au conflit syrien.

Outre Sergueï Lavrov et John Kerry, les ministres des Affaires étrangères de Turquie, du Qatar, d’Arabie saoudite et d’Iran devraient prendre part à ces discussions.

Mercredi à l’Assemblée nationale française, le Premier ministre Manuel Valls a qualifié d’”injustifiable” l’attitude “d’obstruction” adoptée dans le dossier syrien par la Russie, dont témoigne selon lui le veto à l’Onu.

La France estime par ailleurs que des “crimes de guerre” sont commis à Alep.

“C’est de la rhétorique politique, qui (...) ne tient pas compte des réalités en Syrie”, a réagi Vladimir Poutine dans un entretien enregistré mardi et diffusé mercredi soir sur TF1.

“Je suis profondément convaincu que ce sont nos partenaires occidentaux et en premier lieu, bien sûr, les Etats-Unis qui sont responsables de la situation qui s’est formée dans la région en général et en Syrie en particulier”, a-t-il ajouté.

“Souvenons-nous de l’enthousiasme délirant au début du printemps arabe (...) par quoi tout cela s’est-il soldé ?”, a insisté le président russe.

Elizabeth Pineau, avec Vladimir Soldatkin à Moscou, édité par Yves Clarisse, Tangi Salaün et Simon Carraud

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