October 6, 2016 / 8:42 PM / 2 years ago

Indignation après des tirs sur un centre de migrants

NANTES (Reuters) - Des coups de feu tirés sur les baies vitrées d’un centre de vacances devant accueillir 70 migrants de la “Jungle” de Calais à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique) ont provoqué jeudi des réactions d’indignation, la ministre du Logement parlant de racisme.

L’accueil de migrants provoque depuis plusieurs semaines des tensions à Saint-Brévin-les-Pins, station balnéaire située face à Saint-Nazaire, comme dans plusieurs autres communes de France.

“J’appelle tous les Français à simplement dire qu’aujourd’hui c’est pas difficile d’accueillir, sur l’ensemble du territoire, de petits groupes de personnes”, a déclaré Emmanuelle Cosse sur Europe 1.

“Nous ouvrirons des centres (d’accueil et d’orientation) pour atteindre ces 9.000 places (objectif fixé par le gouvernement), parce qu’on ne peut pas accepter de laisser des gens à la rue dans la boue, alors qu’ils relèvent du droit d’asile”, a ajouté la ministre.

Les tirs sont survenus mardi soir, à la veille de la signature d’une convention de mise à disposition de 3.200 lits au niveau national entre la Caisse centrale des activités sociales (CCAS) des personnels des industries électriques et gazières et le ministère de l’Intérieur.

Un collectif de “Brévinois contre l’implantation de migrants” a condamné jeudi les coups de feu tout en soulignant, sur sa page Facebook, que “l’imposition de migrants dans notre commune, sans aucune concertation (…), est également une violence qu’il convient de condamner”.

La CGT, qui gère l’ancien centre communal d’action sociale (CCAS) de Saint-Brévin-Les-Pins, a dénoncé pour sa part mercredi une “lâche tentative d’intimidation” et des “actes intolérables et d’un autre temps”.

“Les déclarations de différentes personnalités politiques, oublieuses de leurs responsabilités et de celle de la France à l’égard du droit d’asile, nourrissent un climat délétère, excitent les peurs et provoquent la haine”, a dit le syndicat dans un communiqué, visant notamment l’ancien président Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite et du centre.

Des coups de feu ont par ailleurs été tirés dans la nuit de mercredi à jeudi sur un bâtiment appelé à devenir un centre d’accueil de migrants, à Saint-Hilaire-du-Rosier (Isère), a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Selon Le Dauphiné libéré, les décharges de chevrotine ont été tirées par un fusil de chasse. Toujours selon le quotidien de la région, des inscriptions hostiles aux migrants ont également été découvertes dans des rues voisines.

Guillaume Frouin avec Simon Carraud à Paris, édité par Marc Angrand

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