October 6, 2016 / 8:17 PM / 2 years ago

Alain Juppé dit sentir de la panique chez Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) - Alain Juppé, favori dans la course à l’investiture présidentielle de la droite, a déclaré jeudi voir des signes de panique dans les récentes sorties de Nicolas Sarkozy, qu’il juge outrancières.

Alain Juppé, favori dans la course à l'investiture présidentielle de la droite, a déclaré jeudi voir dans les récentes sorties de Nicolas Sarkozy, qu'il qualifie d'"outrances", des signes de panique. /Photo prise le 13 septembre 2016/REUTERS/Vincent Kessler

Prié de réagir à des propos de l’ex-président dénonçant en termes virulents les appels lancés aux électeurs de gauche, le maire de Bordeaux a déploré à son tour la stratégie de son principal concurrent.

“Cette espèce d’outrance est mauvais signe. Il y a un peu de panique à bord”, a affirmé Alain Juppé, invité de L’Emission politique de France 2.

“Je regardais une étude, il n’y a pas très longtemps, qui montre que la seule chance de Nicolas Sarkozy de gagner, c’est de capter les voix de l’extrême-droite”, a-t-il ajouté.

Les deux principaux rivaux de la primaire s’écharpent depuis plusieurs jours au sujet du corps électoral appelé à choisir le candidat de la droite pour la présidentielle de l’an prochain.

Tout en se présentant comme un homme de droite, Alain Juppé propose de transcender les clivages traditionnels et exhorte les “déçus du hollandisme” à voter les 20 et 27 novembre.

“Si on commence à exclure dans la primaire, on est mal barré parce qu’on aura besoin de se rassembler en 2017”, a-t-il encore dit jeudi soir, prenant l’exact contre-pied de Nicolas Sarkozy, selon qui le scrutin doit être réservé aux électeurs de droite et du centre.

“Où est la loyauté quand on appelle des électeurs de gauche à venir voter, à signer - parjure - un papier dans lequel ils s’engageraient à partager les valeurs de la droite et du centre alors qu’en vérité ils n’en partagent aucune ?”, a déclaré lundi l’ex-président lors d’un meeting en Alsace.

“Je ne veux pas de cette primaire-là, parce que ce serait la primaire de la déloyauté et du mensonge”, a-t-il insisté.

“Vous me posiez la question de savoir qui je suis. Vous voyez qui je ne suis pas”, a rétorqué Alain Juppé sur le plateau de L’Emission politique après la diffusion de ces déclarations.

Il a toutefois promis de se ranger derrière Nicolas Sarkozy si celui-ci devait l’emporter le 27 novembre, en y mettant une condition: “Si les primaires sont honnêtes.”

Installé dans le rôle du favori depuis deux ans, Alain Juppé est donné en tête des intentions de vote aux premier et second tours de la primaire, avec respectivement 39% et 53%, dans un sondage Harris Interactive paru jeudi.

Simon Carraud, édité par Marc Angrand

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