October 5, 2016 / 6:37 PM / 2 years ago

La Syrie réduit le pilonnage d'Alep, Paris joue la diplomatie

BEYROUTH (Reuters) - Après 15 jours de pilonnage intensif d’Alep, l’armée syrienne a annoncé son intention de limiter les tirs d’artillerie et les bombardements aériens dans la partie orientale de la ville tenue par les insurgés, au moment où la France reprend l’initiative sur le plan diplomatique pour tenter de faire taire les armes en Syrie.

Le commandement général de l'armée syrienne va limiter les tirs d'artillerie et les frappes aériennes dans la partie orientale d'Alep tenue par les insurgés pour des raisons humanitaires, /Capture d'image vidéo du 27 septembre 2016/REUTERS TV

Dans un communiqué publié mercredi soir, le commandement général de l’armée syrienne assure que les civils d’Alep-Est sont utilisés comme boucliers humains et ajoute que la réduction des bombardements permettra à ceux qui le souhaitent de gagner des zones plus sûres.

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a fait part de son intention de se rendre à Moscou jeudi et à Washington vendredi pour tenter de convaincre Russes et Américains d’adopter la résolution présentée par la France et l’Espagne au Conseil de sécurité de l’Onu pour permettre l’instauration d’un cessez-le-feu à Alep.

Le “cynisme” de la Russie dans la guerre en Syrie ne trompe personne, a-t-il estimé. “Je vais à Moscou pour dire aux Russes : ces images que le monde entier voit de bombardements, de morts (...) ce n’est pas possible, ça ne peut pas continuer, c’est une catastrophe humanitaire”, a dit le chef de la diplomatie française sur la chaîne de télévision LCI.

“Cette situation est inacceptable, elle est profondément choquante, elle est honteuse, la France ne veut pas participer en fermant les yeux et en ne faisant rien”, a-t-il ajouté.

Ce double déplacement du chef de la diplomatie française survient sur fond d’impasse diplomatique entre les Etats-Unis et la Russie, Washington accusant Moscou de ne pas tenir ses engagements pris lors de l’accord américano-russe de cessez-le-feu conclu le 9 septembre.

LES RÉSERVES S’ÉPUISENT

Les deux architectes de ce cessez-le-feu qui n’aura pas duré une semaine, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue américain, John Kerry, se sont parlés au téléphone mercredi mais rien n’a filtré de leur conversation.

Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé que Sergueï Lavrov rencontrerait Jean-Marc Ayrault jeudi.

Après l’échec du cessez-le feu, l’armée syrienne, soutenue par des milices chiites venues du Liban et d’Irak ainsi que par l’armée de l’air russe, a lancé, dès la fin officielle de la trêve, le 19 septembre, une nouvelle offensive contre la partie est d’Alep, qui s’est intensifiée à partir du 22 septembre.

A la suite de ce déluge de feu, Washington a officiellement rompu ses discussions avec la Russie lundi, accusant Moscou de ne pas tenir ses engagements.

L’offensive syro-russe a permis de couper toutes les routes utilisées par les insurgés pour entrer dans Alep, ce qui explique la décision de réduire les bombardements terrestres et aériens, précise le communiqué de l’armée syrienne.

Les bombardements sur la partie est d’Alep, et notamment sur des hôpitaux, ainsi que les tirs des rebelles sur la partie ouest d’Alep tenue par le gouvernement, ont tué des centaines de civils, rapportent des habitants et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Dans ce contexte de siège total, la moitié des 275.000 civils pris au piège dans les quartiers est d’Alep souhaitent quitter la ville, indique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu (OCHA) en précisant que les réserves alimentaires s’épuisent.

Depuis le début de leur offensive, l’armée et ses alliés ont gagné du terrain dans la partie nord de la ville. Ils se sont notamment emparés du camp de réfugiés palestiniens d’Handarat.

Des secteurs plus petits ont été pris dans le sud et au centre-ville.

L’armée syrienne a pris le contrôle mercredi de plusieurs usines dans le quartier industriel d’Al Oouïdja, au sud du camp d’Handarat, dit-on de source militaire syrienne.

Angus McDowall, avec Marine Pennetier et John Irish à Paris, Lidia Kelly à Moscou, Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français

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