September 8, 2016 / 2:43 PM / 2 years ago

La droite ravale Hollande au rang de chef de parti

PARIS (Reuters) - La droite a surtout retenu jeudi du discours de François Hollande sur “la France contre le terrorisme” sa charge contre les dirigeants du parti Les Républicains (LR) et le Front national (FN), et dénoncé un discours de “chef de parti”.

La droite a surtout retenu jeudi du discours de François Hollande sur "la France contre le terrorisme" sa charge contre les dirigeants du parti Les Républicains (LR) et le Front national (FN), et dénoncé un discours de "chef de parti". /Photo prise le 8 septembre 2016/REUTERS/Christophe Ena/Pool

Au fil de cette intervention très attendue, le président de la République s’est posé en garant de l’Etat de droit et de la sécurité des Français mais aussi de leur modèle social, pour les années à venir.

Il a ainsi adressé le signal attendu par ses partisans sur ses intentions pour l’élection présidentielle de 2017.

Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite et à ce jour favori des sondages d’opinion, a accusé le chef de l’Etat d’avoir “totalement déformé” ses déclarations.

“J’ai même dit que pour moi le respect de l’Etat de droit était une ligne rouge extrêmement importante”, a dit l’ancien Premier ministre lors d’un déplacement en banlieue parisienne. “Donc là-dessus je me sens très à l’aise face à cette charge qui est un rideau de fumée.”

Nicolas Sarkozy, également candidat à la primaire de la droite, auquel François Hollande a fait allusion sans jamais le nommer, lui a répondu dans la soirée lors d’un meeting à Vendôme (Loir-et-Cher), en affirmant que la France était “en guerre”.

“François Hollande avait souhaité changer l’Etat de droit en proposant une révision constitutionnelle sur la déchéance de nationalité (après les attentats du 13 novembre, NDLR)”, a déclaré l’ex-président, lui-même candidat à la primaire.

“Il a échoué, une fois de plus. Je le regrette. Je reprendrai le principe de la déchéance de nationalité parce que, quand on attaque la France et qu’on tue des Français, on ne mérite pas d’avoir la nationalité française”, a-t-il poursuivi en évoquant l’hypothèse de son élection en 2017.

Des proches de l’ancien chef de l’Etat ont également été très sévères vis-à-vis de François Hollande.

“Au lieu de se déchaîner contre Nicolas Sarkozy, il ferait mieux de gouverner”, a ainsi déclaré à BFM TV Guillaume Larrivé, porte-parole de LR. “François Hollande n’est pas le commandant en chef dont la France a besoin.”

“François Hollande a raté ce rendez-vous avec les Français. Ce discours de meeting socialiste n’est qu’un petit discours de petit partisan”, a-t-il ajouté.

“TON PROFESSORAL”

“Les Français espéraient un chef de guerre contre le terrorisme (...) Ils ont trouvé un médiocre chef de parti”, a renchéri le député LR Eric Ciotti sur iTELE.

Cet autre porte-parole du principal parti de droite en France a jugé “choquant” que François Hollande “tente de se relancer politiquement” par un discours sur le terrorisme.

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a justifié les propositions de la droite sur la sécurité, estimant que “l’Etat de droit ce sont des règles que nous choisissons d’appliquer”.

“François Hollande a choisi d’en faire une excuse pour son immobilisme”, a-t-il déclaré dans un communiqué. “

“Oui, nous avons le droit d’adapter notre droit. Nous en avons même le devoir. Nous devons pouvoir interdire les symboles islamistes. Nous devons pouvoir interner préventivement les djihadistes radicalisés. Nous devons pouvoir expulser les salafistes les plus dangereux. Nous devons pouvoir contrôler nos frontières. L’Etat de droit doit être le bouclier des citoyens honnêtes, pas celui des terroristes”, a-t-il ajouté.

Autre candidat à l’investiture de la droite pour la présidentielle, François Fillon a raillé dans un communiqué le “ton professoral” de François Hollande.

“Ses attaques contre la droite sont pitoyables car cela n’est pas l’opposition qui menace notre Etat de droit mais le totalitarisme islamique”, a jugé l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

A l’extrême-droite, le vice-président du FN, Florian Philippot, a déclaré à BFM TV avoir entendu un discours de candidat et reproché au chef de l’Etat d’avoir “instrumentalisé le terrorisme et la démocratie”.

“C’était un petit discours de politique politicienne (...) Il n’a rien proposé de concret contre le terrorisme islamiste (et) pour assurer la sécurité des Français”, a-t-il dit.

Emmanuel Jarry, avec Service France, édité par Simon Carraud

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below