September 4, 2016 / 3:07 PM / in 2 years

Washington et Moscou peinent à s'accorder sur une trêve à Alep

HANGZHOU, Chine/BEYROUTH (Reuters) - Barack Obama n’a pas caché dimanche que les Etats-Unis et la Russie peinaient à conclure un accord de cessez-le-feu en Syrie et les deux pays ont convenu de se revoir à nouveau lundi, alors que les combats continuent de faire rage sur le terrain.

Barack Obama n'a pas caché dimanche que les Etats-Unis et la Russie peinaient à conclure un accord de cessez-le-feu en Syrie alors que les combats continuent de faire rage sur le terrain. /Photo prise le 4 septembre 2016/REUTERS/Jonathan Ernst

“Nous n’y sommes pas encore”, a dit le président américain après un entretien avec la chef du gouvernement britannique, Theresa May, en marge du sommet du G20 à Hangzhou, dans l’est de la Chine.

“Nous avons de profonds désaccords avec les Russes en ce qui concerne à la fois les parties que nous soutenons et le processus requis pour ramener la paix en Syrie”, a-t-il dit.

Un accord sur une trêve et une aide humanitaire semblait pourtant sur le point d’être annoncé dimanche à Hangzhou par le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Deux pupitres avaient été installés dans une pièce en vue d’une conférence de presse. Mais John Kerry s’est présenté finalement seul devant les journalistes en déclarant qu’un certain nombre de questions restaient à régler et que les deux parties avaient convenu de reprendre leurs discussions lundi. Il n’a pas donné de détails.

“Si nous n’obtenons pas quelque chose des Russes en matière de réduction de la violence et d’allègement de la crise humanitaire, il sera difficile de passer à la phase suivante”, a de son côté souligné Barack Obama.

Depuis la visite de John Kerry à Moscou en juillet dernier, des responsables des deux puissances négocient un accord censé faire cesser les hostilités en garantissant le retrait des forces gouvernementales de certaines régions, y compris Alep, et en autorisant des convois humanitaires à gagner des zones où des civils sont pris au piège par les combats.

DÉMILITARISATION AU NORD D’ALEP

Le cessez-le-feu serait supervisé grâce à un partage des renseignements entre Russes et Américains et une coopération militaire contre des organisations comme l’Etat islamique.

Mais John Kerry a déclaré qu’il n’était pas pressé d’obtenir un accord pour le voir échouer par la suite, comme le premier accord de cessation des hostilités conclu entre Washington et Moscou en février dernier.

D’après l’émissaire américain pour la Syrie Michael Ratney, le pacte en cours de négociation prévoit un cessez-le-feu dans l’ensemble du pays, la levée du blocus d’Alep et la démilitarisation de la région située au nord de cette ville.

Dans une lettre à l’opposition armée datée du 3 septembre, que Reuters a pu consulter, Michael Ratney précise que l’accord stipule que Moscou devra empêcher les bombardements aériens de l’armée syrienne sur l’opposition modérée et que les forces de Damas devront se retirer des abords de la route “Castello”, qui va d’Alep à la frontière turque et qui serait démilitarisée.

En contrepartie, les Etats-Unis s’engagent à collaborer avec la Russie dans la lutte contre Al Qaïda, dit l’émissaire sans autre précision. Al Qaïda était jusqu’à récemment liée au Front al Nosra, le principal groupe rebelle syrien.

Selon un haut responsable du département d’Etat, les Russes sont toutefois revenus sur des points sur lesquels les deux parties s’étaient auparavant accordées.

“Les USA ont fait une offre. La Russie peut désormais montrer qu’elle tient réellement à assister à la fin des combats en Syrie”, déclare le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dans un entretien à paraître lundi.

“Même la Russie ne peut avoir intérêt à la poursuite des combats en Syrie. Moscou sait, comme tout le monde, qu’il n’y pas de solution militaire au conflit syrien”, poursuit-il.

La chancelière Angela Merkel, qui s’est entretenue pendant deux heures avec Vladimir Poutine en marge du sommet du G20, a quant à elle jugé la situation humanitaire “catastrophique”.

Sur le terrain, Les forces gouvernementales syriennes et leurs alliées ont repris dimanche des secteurs du sud-ouest d’Alep conquis il y a près d’un mois par la rébellion, a déclaré l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Au nord-est d’Alep, les rebelles soutenus par la Turquie ont repoussé les combattants de l’Etat islamique de plusieurs secteurs proches de la ville d’Al Raï, a déclaré un commandant rebelle, Zakaria Malahifji.

Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below