August 31, 2016 / 4:51 PM / 2 years ago

Le Sénat brésilien destitue Dilma Rousseff

BRASILIA (Reuters) - Le Sénat brésilien s’est prononcé mercredi en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff, qui n’a pas renoncé à se battre pour conserver son poste.

Après six jours de procès, le Sénat a voté mercredi en faveur de la destitution de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, qui est ainsi définitivement démise de ses fonctions. Elle a été jugée coupable par 61 voix contre 20 d'avoir violé les règles budgétaires. /Photo prise le 31 août 2016/REUTERS/Ueslei Marcelino

“Je ne vous dis pas encore au-revoir. Je suis certaine de pouvoir dire: ‘A bientôt’”, a-t-elle lancé à ses partisans à Brasilia. Son avocat José Eduardo Cardozo a quant à lui annoncé qu’elle ferait appel de la décision du Sénat devant la Cour suprême.

Après six jours de procès, les sénateurs, qui se sont prononcés par 61 voix contre 20, ont jugé Dilma Rousseff coupable d’avoir enfreint les règles budgétaires. Il fallait une majorité des deux-tiers, soit 54 voix, pour que la destitution soit effective.

Un chef d’Etat destitué a normalement l’interdiction d’exercer pendant huit ans dans la fonction publique, mais les sénateurs se sont prononcés contre cette disposition par 42 voix contre 36 dans le cas de Dilma Rousseff, ce qui semblent exprimer leurs doutes sur le motif de sa destitution.

Le vice-président Michel Temer, qui assure l’intérim à la tête de l’Etat depuis la suspension de Dilma Rousseff en mai, va terminer son mandat, qui s’achève en 2018. Il a prêté serment à 19h00 GMT.

Accusée d’avoir engagé des dépenses sans l’approbation du Congrès et d’avoir maquillé les comptes publics pour dissimuler l’ampleur du déficit budgétaire lors de la campagne de 2014, Dilma Rousseff nie toute malversation et dénonce une “conspiration” visant à préserver les intérêts des plus riches.

“UNE NOUVELLE CHANCE”

Elle a comparé lundi les sénateurs aux officiers de la junte militaire qui l’ont jugée dans les années 1970 à visage masqué.

Pour ses détracteurs, sa destitution marque la fin d’une longue crise politique, à laquelle s’ajoutent une crise économique sans précédent depuis plusieurs générations et le vaste scandale de corruption autour de compagnie pétrolière publique Petrobras. Le Parti des travailleurs était au pouvoir depuis 13 ans.

“Nous tournons aujourd’hui une page importante de l’histoire de notre pays. Le Brésil s’est donné une nouvelle chance de se tourner vers l’avenir, de construire un programme de réformes à la hauteur de la crise économique”, s’est félicité Aecio Neves, chef de file du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) et adversaire malheureux de Dilma Rousseff à la présidentielle de 2014.

A Brasilia, le verdict du Sénat a donné lieu à un concert de klaxons et des feux d’artifice ont été tirés dans le ciel de Sao Paulo.

A l’étranger, le gouvernement vénézuélien, qui parle d’un “coup d’Etat”, a annoncé le rappel de l’ambassadeur à Brasilia et la rupture des relations bilatérales, tandis que les Etats-Unis se disaient convaincus de solidité de leurs liens avec le Brésil. Les institutions démocratique ont agit dans le cadre constitutionnel, a souligné John Kirby, porte-parole du département d’Etat.

Michel Temer s’est engagé à relancer une croissance en déclin depuis un an et demi et à combler le déficit budgétaire record à coup de mesures d’austérité.

Il va toutefois se heurter à l’hostilité du Parti des travailleurs, qui a appelé ses partisans à manifester.

Maria Carolina Marcello; Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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