August 15, 2016 / 7:37 PM / 2 years ago

Trump invité par le Wall Street Journal à rectifier sa campagne

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump doit remettre sa campagne électorale sur les rails d’ici trois semaines ou se retirer de la course à la Maison blanche, estime le Wall Street Journal.

Donald Trump doit remettre sa campagne électorale sur les rails d'ici trois semaines ou se retirer de la course à la Maison blanche, estime le Wall Street Journal. Le quotidien des affaires, qui en général soutient le camp républicain, s'est montré critique envers le magnat de l'immobilier ces derniers temps, mais la mise en garde parue dans son édition de lundi est émise sur un ton comminatoire. /Photo prise le 15 août 2016/REUTERS/Eric Thayer

Le conseil éditorial du quotidien économique, qui en général soutient le camp républicain, s’est montré critique envers le magnat de l’immobilier ces derniers temps, mais la mise en garde parue dans son édition de lundi est émise sur un ton comminatoire.

Elle fait écho aux réticences de moins en moins discrètes d’une partie du camp républicain vis-à-vis du milliardaire new-yorkais et de ses propos à l’emporte-pièce.

Le Wall Street Journal demande au Grand Old Party (GOP) et à ceux qui soutiennent le candidat républicain de faire en sorte qu’il fasse montre d’un attitude plus présidentielle et que sa campagne prenne un tour plus discipliné.

“S’ils ne peuvent faire changer M. Trump d’attitude d’ici le Labor Day, le GOP n’aura d’autre choix que de faire une croix sur le candidat et de se concentrer à sauver le Sénat, la Chambre et autres scrutins afférents”, écrit le quotidien des affaires.

Le Labor Day (fête du Travail) a lieu le 5 septembre cette année. Ce jour férié marque en général le début de la dernière ligne droite dans la course à la présidentielle.

“Quant à M. Trump, il doit cesser de critiquer tout le monde et décider s’il veut se conduire comme quelqu’un qui veut être président - ou passer la candidature à Mike Pence”, ajoute le WSJ. Mike Pence, le gouverneur de l’Indiana et colistier de Donald Trump, est appelé à être vice-président si Donald Trump est élu.

Suscitant la controverse depuis le début de la campagne, Donald Trump, qui n’a jamais exercé de fonction élective, est devancé dans les sondages pour l’élection présidentielle du 8 novembre par son adversaire démocrate Hillary Clinton.

REGISTRE SECRET

Entre autres dérapages, Donald Trump a dit souhaiter imposer aux musulmans une interdiction temporaire d’entrée aux Etats-Unis, est entré en conflit avec les parents d’un capitaine musulman de l’armée américaine tué en Irak et à de nouveau accusé jeudi dernier le président Barack Obama et Hillary Clinton, qui a été sa secrétaire d’Etat, d’être les “co-fondateurs” de l’Etat islamique. Le candidat républicain a par la suite dit avoir voulu faire de l’humour.

Deux jours auparavant, ses déclarations ambiguës sur Hillary Clinton et les armes à feu - il a suggéré que les partisans des armes à feu pourraient agir pour empêcher Hillary Clinton de nommer des juges progressistes à la Cour suprême - avaient été très commentés aux Etats-Unis et à l’étranger.

Pour redresser sa campagne, Donald Trump doit prononcer un discours de politique étrangère lundi, à Youngstown, dans l’Ohio. Il devrait présenter son plan de lutte contre l’EI.

Autre mauvaise passe pour le promoteur immobilier, le New York Times a révélé que le nom de son directeur de campagne, Paul Manafort, figurait sur un registre secret faisant apparaître des versements en sa faveur d’un montant de plus de 12 millions de dollars (plus de dix millions d’euros) effectués par un parti politique ukrainien proche de la Russie.

Paul Manafort a démenti toute action illégale dans un communiqué publié lundi.

“LES MÉDIAS, DÉGOÛTANTS ET CORROMPUS”

“Je n’ai jamais reçu un seul ‘versement au noir’ comme l’a faussement rapporté le New York Times, ni n’ai jamais travaillé pour les gouvernement d’Ukraine ou de Russie”, a-t-il déclaré.

Artem Sytnik, chef du bureau anti-corruption en Ukraine, a confirmé lors d’un point de presse que le nom de Paul Manafort apparaissait sur un registre et que plus de 12 millions de dollars avaient été alloués en tant que dépense, sous la référence Manafort. Il a toutefois ajouté que la mention du nom de Manafort “ne veut pas dire qu’il a effectivement reçu cet argent”.

L’équipe de campagne d’Hillary Clinton a dit y voir une preuve des “relations troublantes entre l’équipe de Donald Trump et des éléments pro-Kremlin en Ukraine.”

Donald Trump a tenu des propos élogieux sur le président russe Vladimir Poutine. Le mois dernier, il a invité des hackers russes à retrouver les courriels “manquants” de’Hillary Clinton à l’époque où elle était chef de la diplomatie américaine et où elle utilisait un serveur informatique privé dans le cadre de ses fonctions. Il a par la suite décrit ses commentaires comme relevant du sarcasme.

Le candidat républicain a désormais tendance à se présenter comme une victime des médias.

“Si les médias dégoûtants et corrompus qui me couvrent étaient honnêtes et ne mettaient pas de fausse signification dans les mots que je dis, je serais en train de battre Hillary de 20 (points de pourcentage)”, a écrit le milliardaire dans un tweet dimanche.

Selon la moyenne nationale des sondages effectuée par RealClearPolitics, Hillary Clinton le devance de 6,8 points de pourcentage, avec 47,8% des intentions de vote, contre 41% à son adversaire républicain.

Avec Ginger Gibson à Youngstown, Ohio, et Pavel Polityuk à Kiev, Danielle Rouquié pour le service français

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