August 12, 2016 / 5:22 AM / 2 years ago

Série d'explosions en Thaïlande dans des sites touristiques

HUA HIN, Thaïlande (Reuters) - Plusieurs bombes ont explosé dans trois sites touristiques et plusieurs villes du sud de la Thaïlande, jeudi soir et vendredi matin, faisant quatre morts et plusieurs dizaines de blessés.

A Trang, en Thaïlande. Plusieurs bombes ont explosé jeudi soir et vendredi matin dans des sites touristiques du sud du pays, faisant deux morts et une vingtaine de blessés. D'après la police thaïlandaise, il n'existe "aucun lien direct avec le terrorisme". /Photo prise le 11 août 2016/REUTERS

D’après la police thaïlandaise, il n’existe “aucun lien direct avec le terrorisme”.

A Hua Hin, à 200 km environ au sud de Bangkok sur le golfe de Thaïlande, deux premières bombes ont explosé jeudi soir près d’un bar. Une Thaïlandaise a été tuée. On compte également 21 blessés, dont neuf étrangers. Deux autres bombes ont explosé vendredi matin, faisant un mort et trois blessés supplémentaires.

Deux autres bombes de faible puissance ont explosé à Patong Beach, sur l’île de Phuket, faisant un blessé léger, et deux autres à Phang Nga, un autre secteur touristique au nord de Phuket.

Vendredi était jour férié en Thaïlande pour marquer l’anniversaire de la reine Sirikit. Du fait de ce long week-end, de nombreuses personnes ont afflué à Hua Hin, où des barrages de sécurité ont été établis par la police.

Deux hommes ont été appréhendés par la police et sont interrogés à Hua Hin, a annoncé le préfet Sarawut Tankul. Des images de vidéosurveillance montrent les deux hommes “avant, pendant et après les explosions”, a-t-il ajouté.

Selon le directeur d’Interpol en Thaïlande, le général Apichat Suriboonya, il semble que ces bombes étaient destinées à adresser un message plus qu’à causer la mort et la destruction. “Si vous observez ces bombes, elles n’étaient pas destinées à tuer des gens mais à envoyer un message à certains groupes. Cela pourrait être une affaire interne”, a-t-il dit.

“Il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion mais ce que nous tenons pour certain, c’est que ces incidents ne sont pas directement liés au terrorisme”, a commenté le colonel Krisana Pattanacharoen, porte-parole adjoint de la police. “Il s’agit en fait de sabotage local et nous essayons d’en identifier les responsables”, a-t-il ajouté.

Rien ne permet de dire en outre que ces attaques étaient liées les unes aux autres (il y a plus de 600 km entre Hua Hin et l’île de Phuket) ou qu’elles ont un lien avec les foyers d’insurrection dans les provinces à majorité musulmane du sud du pays, où l’on a recensé plus de 6.500 morts depuis 2004.

INDIGNATION DU PREMIER MINISTRE

Hua Hin, Phuket et Phang Nga sont éloignées de ces zones de conflit, où les attaques visent généralement les forces de l’ordre et non pas les touristes.

Des bombes artisanales ont souvent été utilisées dans les périodes de troubles politiques qu’a vécues la Thaïlande au cours des dix dernières années. Depuis que les militaires se sont emparés du pouvoir à la faveur du coup d’Etat de mai 2014, de telles attaques se sont faites rares.

Mais le 17 août 2015, un attentat contre un temple hindou de Bangkok a fait 20 morts et plus de 120 blessés. La police, qui a accusé deux musulmans ouïghours de Chine, avait pareillement exclu tout lien avec un réseau international et expliqué que les deux auteurs de l’attentat appartenaient à un réseau de trafiquants d’êtres humains.

La police avait obtenu des renseignements sur l’imminence d’une attaque mais elle ne disposait pas de précisions sur le lieu et le moment. “Nous ne savions pas quel jour cela pouvait se produire”, a déclaré Chakthip Chanjinda, chef de la police nationale.

Les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans les zones touristiques, les aéroports et les transports publics à Bangkok.

Le Premier ministre Prayuth Chan-ocha a exprimé sa frustration face à ces événements. “Pourquoi maintenant alors que le pays va mieux, que l’économie va mieux, que le tourisme va mieux ?” s’est-il indigné devant la presse.

Les Thaïlandais ont voté dimanche dernier en faveur d’une nouvelle Constitution voulue par la junte militaire qui permettra à l’armée de contrôler les futurs gouvernements.

Les militaires affirment que la Constitution permettra de réduire les querelles politiques qui minent le pays et ont fait des dizaines de morts. Les adversaires du projet, notamment les partisans de l’ancienne Première ministre Yingluck Shinawatra, ont dénoncé un texte visant à asseoir le pouvoir des militaires.

Benoît Van Overstraeten et Henri-Pierre André pour le service français

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