August 4, 2016 / 5:16 AM / 2 years ago

Aucune radicalisation de l'auteur de l'attaque de Londres

par Costas Pitas et Michael Holden

Un jeune homme de 19 ans a été arrêté par les forces de l'ordre quelques instants après une attaque au couteau survenue dans la soirée de mercredi à Russell Square, un jardin public du quartier de Bloomsbury proche du British Museum. Une femme d'une soixantaine d'années y a succombé à ses blessures. /Photo prise le 4 août 2016/REUTERS/Neil Hall

LONDRES (Reuters) - Un jeune homme de 19 ans dont la santé mentale fait question a tué une sexagénaire dans le centre de Londres, mercredi soir, et blessé cinq autres personnes dans une attaque à l’arme blanche.

L’agression s’est produite à Russell Square, un jardin public du quartier de Bloomsbury proche du British Museum. Le jeune homme, un ressortissant norvégien d’origine somalienne, a été maîtrisé au moyen d’un pistolet à impulsion électrique Taser.

Dans son dernier communiqué en date, la police métropolitaine de Londres ne fait plus mention d’une piste terroriste.

“Tout le travail que nous avons jusqu’à présent accompli indique de plus en plus que ce tragique incident a été déclenché par des questions de santé mentale”, a dit à la presse le commissaire adjoint de la police métropolitaine de Londres, Mark Rowley. “Nous croyons qu’il s’agit d’une attaque spontanée et que les victimes ont été choisies au hasard”, a-t-il ajouté.

“Nous n’avons découvert jusqu’à présent aucune indication de radicalisation ou quoi que ce soit qui suggérerait que l’homme sous notre garde était motivé par le terrorisme”, a-t-il poursuivi.

“Le suspect est un ressortissant norvégien d’ascendance somalienne. J’insiste cependant sur le fait que tout le travail que nous avons effectué n’indique pas que cela est significatif dans la motivation de son geste”, a-t-il encore dit.

Mark Rowley a précisé que la sexagénaire mortellement touchée dans l’agression était une citoyenne américaine. Les cinq personnes blessées sont de nationalités australienne, américaine, israélienne et britannique.

Dans la nuit, Mark Rowley, plus haut responsable policier chargé de la lutte antiterroriste en Grande-Bretagne, avait déclaré : “Le terrorisme reste une piste de l’enquête que nous étudions.”

Dans un communiqué, le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a lancé un appel au calme et à la vigilance. “La sécurité de tous les Londoniens est la première de mes priorités”, dit-il. “J’exhorte tous les Londoniens à rester calmes et vigilants. Signalez s’il vous plaît tout élément suspect à la police. Nous avons tous un rôle vital à jouer en étant les yeux et les oreilles de la police et des services de sécurité et en contribuant à faire en sorte que Londres soit protégé.”

MENACE TERRORISTE SÉVÈRE

La menace terroriste est à son avant-dernier niveau le plus grave en Grande-Bretagne, à un niveau “sévère”.

A la lumière des attaques djihadistes commises ces dernières semaines en France et en Allemagne, les services de sécurité britanniques ont multiplié les mises en garde face au risque de voir des combattants de l’organisation Etat islamique (EI) frapper en Grande-Bretagne. Mercredi, quelques heures avant l’agression de Russell Square, la police londonienne annonçait le déploiement de 600 agents armés supplémentaires.

“Le niveau de menace est considéré comme ‘très élevé’ depuis deux ans, et il le reste. Cela signifie qu’une attaque est hautement probable et on peut même dire que c’est une question de temps, pas de probabilité”, prévenait le chef de la police londonienne dans une tribune publiée dimanche dans le Daily Mail, Bernard Hogan-Howe.

Les services de sécurité ont évoqué des tentatives probables de l’EI de radicaliser des personnes psychologiquement fragiles pour mener des attaques. Dans certaines opérations, la police s’est entouré de psychologues spécialisés.

Le 7 juillet 2005, Londres avait été frappé par plusieurs attentats suicides commis par des combattants islamistes dans le métro, notamment une rame qui circulait entre Kings Cross et Russell Square, et dans un bus, tuant 52 personnes.

Depuis, des dizaines de projet d’attaques ont été déjoués, et d’autres, plus circonscrits, sont survenus, comme le meurtre d’un soldat dans le sud de Londres par deux extrémistes en mai 2013.

En décembre, quatre semaines après les attaques du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, un homme avait agressé à l’arme blanche des passagers à la station de métro Leytonstone, dans l’est de Londres. “C’est pour la Syrie”, avait-il crié, selon plusieurs témoins, avant d’être arrêté.

Il a été condamné lundi à la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative d’homicide. Le juge du tribunal d’Old Bailey devant lequel il comparaissait a indiqué qu’il souffrait de schizophrénie paranoïaque au moment des faits mais que le conflit en Syrie avait pu aussi influencer son geste.

avec Guy Faulconbridge, Julie Carriat et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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