July 22, 2016 / 8:57 AM / in 2 years

La ville de Nice refuse d'effacer des images de l'attaque

NICE (Reuters) - Nice n’entend pas satisfaire à une demande de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT) d’effacer près de 24 heures d’images de la Promenade des Anglais pendant et après l’attaque du 14 juillet, a annoncé jeudi l’avocat de la ville.

Sur la façade de la maire de Nice, le nom des 84 personnes décédées dans l'attaque du 14 juillet. La ville de Nice n'entend pas satisfaire à une demande de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT) d'effacer près de 24 heures d'images de la Promenade des Anglais pendant et après la course meurtrière du camion. /Photo prise le 22 juillet 2016/REUTERS/Jean-Pierre Amet

La SDAT a transmis cette demande au responsable du centre de supervision urbain de Nice, via une réquisition judiciaire, afin “d’éviter la diffusion non contrôlée de ces images”, dit-on de source judiciaire, confirmant une information du Figaro. “Bien évidemment, ces images ont été placées sous scellé judiciaire”, ajoute-t-elle.

Cette demande de la justice a surpris Me Philippe Blanchetier, qui assiste la ville de Nice, notamment “eu égard à la polémique sur la nature du dispositif policier” déployé le soir de l’attaque.

“C’est la première fois de ma vie que je vois une réquisition aux fins d’effacement de preuves”, a-t-il dit à Reuters. “L’argument avancé de risque de fuite ne tient pas.”

L’avocat a donc écrit à la SDAT pour lui faire savoir que la ville n’allait pas, en l’état, satisfaire cette réquisition, qui concerne les images recueillies par toutes les caméras de vidéosurveillance ayant vue sur la scène de crime.

Dans ce courrier, dont Reuters a eu copie, il indique que les données seront en principe automatiquement effacées à compter de dimanche soir, comme le prévoit la loi.

Me Blanchetier a toutefois précisé à Reuters qu’il comptait saisir le procureur de Nice et le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) d’une demande de conservation de ces données au-delà de la durée légale.

“Si jamais ces images étaient indisponibles, les victimes se verraient privées d’un moyen de preuve d’un éventuel manquement” des autorités en matière de sécurité, dans le cadre d’enquêtes futures, explique-t-il.

La polémique sur les mesures de sécurité mises en place sur la Promenade des Anglais de Nice, où 84 personnes ont été tuées dans une attaque au camion lors des festivités du 14 juillet, a incité jeudi le gouvernement à ouvrir une enquête interne.

Matthias Galante, avec Chine Labbé à Paris, édité par Yves Clarisse

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