July 12, 2016 / 10:07 AM / in 2 years

Le nombre d'entrées irrégulières dans l'UE en baisse

PARIS (Reuters) - Le flux de migrants entrant de façon irrégulière dans l’Union européenne a diminué depuis le mois d’avril et se concentre désormais sur l’Italie, préoccupation première de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, a déclaré mardi son directeur.

Migrants débarquant sur le port sicilien d'Augusta. Le flux de migrants entrant de façon irrégulière dans l'Union européenne a diminué depuis le mois d'avril et se concentre sur l'Italie, selon Frontex. L'agence européenne de surveillance des frontières chiffre à 360.000 le nombre d'entrées irrégulières dans l'UE au premier semestre. /Photo prise le 10 juin 2016/REUTERS/Antonio Parrinello

Quelque 360.000 entrées irrégulières ont été enregistrées depuis le début de l’année, a précisé Fabrice Leggeri. Cela correspond à 240.000 personnes, 120.000 autres étant décomptées deux fois en raison de la route empruntée.

“Depuis le printemps, nous avons une baisse du nombre des entrées irrégulières grâce au gel de la route de la Méditerranée orientale”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Paris.

“La migration irrégulière est (...) quasiment asséchée en provenance de la Turquie vers les îles grecques. En revanche, le niveau des arrivées en provenance de Libye reste grosso-modo le même (...), il y a une concentration des arrivées sur l’Italie”, a-t-il ajouté.

L’une des priorités de Frontex cet été sera donc de “soutenir” l’Italie, a-t-il dit, précisant qu’environ 50 migrants arrivaient chaque jour en Grèce, contre 750 dans le sud de l’Italie.

Plus de 650 garde-côtes de l’agence sont déjà déployés en Italie, du jamais-vu, d’après Fabrice Leggeri.

Interrogé sur la crainte de nouveaux naufrages au large des côtes italiennes cet été, Fabrice Leggeri a fait état d’un phénomène nouveau en Méditerranée centrale. Depuis quelques mois, les trafiquants surchargent encore davantage les bateaux, avec jusqu’à 130 personnes à bord, et envoient 15 à 20 navires sur l’eau en même temps, augmentant mathématiquement le risque de mortalité en cas de drame, a-t-il expliqué.

D’après lui, le gel de la route de la Méditerranée orientale est en partie dû à l’accord UE-Turquie par lequel ce pays a accepté de réadmettre sur son territoire tous les migrants arrivés irrégulièrement en Grèce via Ankara.

Depuis avril, 470 migrants ont été réadmis en Turquie, indique Fabrice Leggeri.

“STRESS-TESTS”

Le directeur de Frontex a présenté mardi l’Agence européenne de garde-frontières et garde-côtes, pour laquelle le Parlement européen a donné son feu vert la semaine dernière.

Alors que son budget était inférieur à 100 millions d’euros en 2015, elle disposera de 250 millions d’euros en 2016, et d’au moins 330 millions d’euros en 2017, un budget qui devrait être pérennisé jusqu’en 2020, selon Fabrice Leggeri.

Ce nouveau corps de 1.500 garde-frontières et garde-côtes européens, mobilisable en moins d’une semaine en cas de crise migratoire, aura de nouvelles missions et compétences.

L’Agence procédera notamment à des études de vulnérabilité pour vérifier, via des “stress-tests”, la capacité des Etats membres à répondre à une crise migratoire.

Et elle indiquera aux Etats concernés les mesures à mettre en oeuvre pour pallier d’éventuelles faiblesses.

“Les conclusions seront contraignantes pour les Etats membres (mais) elles vont aller de pair avec une aide”, souligne Fabrice Leggeri. Le conseil de l’Union européenne pourrait voter temporairement le rétablissement des contrôles aux frontières de l’Etat récalcitrant, indique-t-il, tout en réfutant le terme de “punition”.

Frontex cherche pour le moment à constituer un échantillon d’Etats volontaires pour affiner la méthodologie de ces “stress- tests”, qui devrait être adoptée d’ici novembre.

La nouvelle agence bénéficiera aussi d’un mécanisme de plainte, pour permettre aux migrants de signaler d’éventuelles violations des droits de l’Homme. Un mécanisme “un peu subtil à mettre en oeuvre”, reconnaît toutefois Fabrice Leggeri, puisqu’il ne pourra être efficace que sur les agents statutaires de l’agence, et pas sur les agents employés par un Etat membre.

Un peu moins de 350 personnes sont aujourd’hui employées par Frontex à son siège de Varsovie, en Pologne. Des effectifs amenés à rapidement augmenter puisque plus de 220 personnes seront recrutées en 2017, avec pour objectif d’atteindre 1.000 salariés en 2020.

avec Marine Pennetier, édité par Sophie Louet

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