June 30, 2016 / 3:57 PM / in 2 years

La loi Travail ne créera aucun emploi, estime Pierre Gattaz

PARIS (Reuters) - La loi Travail ne créera aucun emploi et ajoutera de la complexité pour les entreprises, a déploré jeudi le président du Medef, Pierre Gattaz, après une rencontre avec le Premier ministre, Manuel Valls.

La loi Travail ne créera aucun emploi et ajoutera de la complexité pour les entreprises, a déploré jeudi le président du Medef, Pierre Gattaz, après une rencontre avec le Premier ministre Manuel Valls. Il a d'autre part répété que les entreprises ne pourraient pas appliquer les nouvelles règles sur la pénibilité. /Photo prise le 30 juin 2016/REUTERS/Jacky Naegelen

Il a d’autre part répété que les entreprises ne pourraient pas appliquer les nouvelles règles sur la pénibilité, ce à quoi Manuel Valls a répondu devant les journalistes qu’”il n’y aura pas de nouveau délai”.

“La mise en oeuvre de la loi, c’est à partir de demain et personne ne peut s’y soustraire”, a-t-il ajouté.

Le projet de loi Travail, dont l’examen en deuxième lecture commencera le 5 juillet à l’Assemblée nationale, “c’est une loi qui ne servira strictement à rien sur l’emploi, j’en suis désolé, je l’ai dit au Premier ministre comme ça”, a dit Pierre Gattaz.

“Cette loi ne servira pas à créer d’emplois, elle apportera beaucoup de contraintes (...) je suis très déçu, très pessimiste”, a-t-il ajouté. “Tout cela n’est pas normal, tout cela c’est de la complexité supplémentaire, plus personne n’y comprend rien sur le terrain.”

Avec toutes les modifications apportées au fil d’un débat parlementaire tendu par l’opposition des frondeurs socialistes et de plusieurs syndicats, “ça va rajouter 300 à 400 pages au Code du travail quand même ! On voulait simplifier !”, a déploré Pierre Gattaz.

Quant à la pénibilité, “ce n’est pas qu’on ne veut pas, c’est qu’on ne sait pas faire”, a dit Pierre Gattaz, ajoutant qu’il l’avait répété à Manuel Valls. “On ne sait pas l’appliquer sur le terrain, c’est impossible, c’est trop compliqué.”

LE MEDEF DOIT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS, DIT VALLS

Manuel Valls a ensuite appelé devant les journalistes le Medef à prendre ses responsabilités : “On a besoin de responsabilité, d’équilibre, de dialogue.”

Reçu après Pierre Gattaz, François Asselin, président de la CGPME, a salué les annonces de François Hollande sur le CICE, l’impôt sur les sociétés des PME et la prime PME, tout en attaquant les nouvelles règles concernant la pénibilité.

Il a demandé au gouvernement de surseoir à l’entrée en vigueur de ces règles et de “revoir sa copie”, menaçant dans le cas contraire de “rentrer dans une guérilla juridique pour éviter que les entreprises et les entrepreneurs se retrouvent dans une situation inextricable”.

Quatre facteurs de pénibilité (travail de nuit, en équipes alternées, répétitif ou à cadence contrainte et en milieu hyperbare) sont pris en compte depuis janvier 2015.

Six autres (manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, contact avec des agents chimiques dangereux, températures extrêmes et bruit) doivent l’être à partir de vendredi.

Le Sénat a voté mardi un projet de loi Travail réécrit dans un sens beaucoup plus libéral que celui sur lequel le gouvernement a dû engager sa responsabilité à l’Assemblée.

Le gouvernement entend rétablir cette version lors de la deuxième lecture mais Manuel Valls et la ministre du Travail, Myriam El Khomri, ont dit vouloir tenir compte de certaines craintes en proposant trois amendements, conjointement avec le rapporteur du texte, le député PS Christophe Sirugue.

Manuel Valls a souligné jeudi que François Hollande souhaitait l’adoption du projet de loi, quitte à utiliser l’article 49-3 s’il était impossible de trouver une majorité.

Les sept organisations en pointe dans la contestation contre la loi Travail ont quant à elles lancé un nouvel appel à la poursuite de la mobilisation mais laissent percer une forme de lassitude après quatre mois de bras de fer avec le gouvernement.

Pour la première fois depuis quatre mois la CGT, FO, la FSU, Solidaires, le syndicat étudiant Unef et les organisations lycéennes UNL et FIDL n’appellent pas à une journée de grèves et de manifestations.

Jean-Baptiste Vey, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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