June 30, 2016 / 12:42 PM / 2 years ago

La protestation contre la loi Travail marque le pas

PARIS (Reuters) - Les sept organisations en pointe dans la contestation contre la loi Travail ont lancé jeudi un nouvel appel à la poursuite de la mobilisation mais laissent percer une forme de lassitude après quatre mois de bras de fer avec le gouvernement.

A Paris. Pour la première fois depuis quatre mois la CGT, FO, la FSU, Solidaires, le syndicat étudiant UNEF et les organisations lycéennes UNL et FIDL n'appellent pas à une 12e journée de grèves et de manifestations contre la loi Travail. Elles invitent à continuer le mouvement sous "des formes à déterminer localement" pendant le débat à l'assemblée nationale. /Photo prise le 28 juin 2016/REUTERS/Stéphane Mahé

Pour la première fois depuis quatre mois la CGT, Force ouvrière (FO), la FSU, Solidaires, le syndicat étudiant UNEF et les organisations lycéennes UNL et FIDL n’appellent pas à une 12e journée de grèves et de manifestations.

Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion au siège de FO, ces sept organisations se bornent à appeler à continuer le mouvement sous “des formes à déterminer localement” pendant le débat à l’assemblée nationale, notamment mardi prochain.

Elles conviennent de se retrouver le 8 juillet pour discuter des suites à donner après le débat parlementaire.

Les dernières manifestations parisiennes et provinciales, le 23 et le 28 juin, ont rassemblé un nombre toujours plus faible de personnes par rapport aux défilés du début du mouvement.

“Les manifestations sur Paris, ça devient compliqué parce que si l’on veut assurer la sécurité de la manifestation ça veut dire beaucoup de police, après il faut rentrer avec les cartes d’identité, donc ce n’est pas simple”, avait fait valoir mercredi le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude. “Mais il y a d’autres formes d’expression possibles.”

Le chef du gouvernement et sa ministre ont présenté mercredi à la CGT, FO, la CFDT et la CFTC trois amendements confortant le rôle des branches et des partenaires sociaux dans l’élaboration des normes en termes de marché du travail.

Une tentative d’isoler la CGT, Force ouvrière reconnaissant dans ces amendements une “avancée”.

RENDEZ-VOUS À LA RENTRÉE

Mais ces “clarifications”, saluées par la CFDT et la CFTC, qui soutiennent le projet de loi, ont été jugées insuffisantes par la CGT, FO et les autres organisations de l’intersyndicale.

Celle-ci accuse le gouvernement de rester sourd aux propositions et met en avant les résultats d’une “votation citoyenne” organisée principalement dans les entreprises ces dernières semaines : selon elle, 92% des 700.000 votants se sont prononcés pour le retrait du projet de loi Travail.

Si la CGT et FO promettent encore de l’action en juillet, notamment lors du Tour de France cycliste, leurs dirigeants laissent entendre qu’ils relanceront le mouvement à la rentrée.

Dans une interview publiée jeudi par Le Parisien, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, accuse Manuel Valls et le chef de l’Etat, François Hollande, de ne pas écouter le peuple. “Face à un tel mur, comme souvent, ça va se jouer dans la rue”, déclare-t-il.

“A la rentrée, nous aurons de nouveau l’occasion de montrer que nous ne sommes pas d’accord avec cette loi”, ajoute-t-il. “Une loi votée peut ne jamais être appliquée.”

En attendant, ce sont donc surtout les “frondeurs” du Parti socialiste, qui ont déjà contraint le Premier ministre à engager sa responsabilité sur le texte en première lecture à l’Assemblée nationale, qui vont donner du fil à retordre au gouvernement.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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