June 28, 2016 / 11:07 AM / 2 years ago

Angela Merkel demande à Londres de ne pas "faire son marché"

BERLIN (Reuters) - La Grande-Bretagne ne pourra pas faire son marché et choisir uniquement ce qui l’intéresse dans l’Union européenne lors des négociations sur sa sortie du bloc communautaire, a déclaré mardi la chancelière Angela Merkel.

S'adressant au Bundestag avant de se rendre à Bruxelles pour débattre avec les autres dirigeants européens sur les retombées du référendum britannique, la chancelière Angela Merkel a dit mardi que la Grande-Bretagne ne pourrait pas faire son marché et choisir uniquement ce qui l'intéresse dans l'Union européenne lors des négociations sur le Brexit. /Photo prise le 28 juin 2016/REUTERS/Fabrizio Bensch

Plusieurs responsables britanniques ont déclaré ces derniers jours qu’ils souhaitaient que le Royaume-Uni puisse conserver son accès au marché unique mais la dirigeante allemande les a prévenus qu’ils ne pourraient pas s’affranchir des principes de l’Union, celui de la libre circulation des personnes notamment.

S’adressant au Bundestag avant de se rendre à Bruxelles pour débattre avec les autres dirigeants européens sur les retombées du référendum britannique, Angela Merkel a assuré que la Grande-Bretagne ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur.

“Je ferai en sorte que les négociations ne reviennent pas à faire un tri (...). Il faut qu’il y ait des différences sensibles entre un pays qui veut faire partie de la famille de l’Union européenne et celui qui ne le veut pas”, a-t-elle dit.

“Celui qui veut quitter cette famille ne peut s’attendre à échapper à ses responsabilités tout en conservant ses privilèges”, a ajouté la chancelière, adoptant un ton plus dur à l’encontre de Londres que celui qu’elle a tenu ces derniers jours.

Les pays qui veulent accéder au marché unique doivent accepter les principes et les obligations qui l’accompagnent, a-t-elle encore expliqué.

“Cela s’applique à la Grande-Bretagne comme à tous les autres”, a-t-elle souligné, citant l’exemple de la Norvège qui n’est pas membre de l’Union mais qui a accès au marché commun “parce qu’en contrepartie, elle accepte, parmi d’autres choses, le principe de la libre circulation en provenance de l’Union européenne.”

DROITS ET DEVOIRS

La liberté de circulation des personnes est l’un des principes cardinaux de l’Union européenne et elle a été combattue par certains partisans du “Brexit”, qui ont séduit une partie de l’électorat sensible au discours anti-immigrants.

La chancelière a répété qu’il revenait à la Grande-Bretagne de prendre l’initiative d’enclencher le processus de sortie prévu par les traités européens ou de provoquer des discussions sur les liens qu’elle entend conserver avec le bloc, tout en rappelant que l’Allemagne était déterminée à conserver des liens étroits avec le Royaume-Uni.

“Je ne puis que conseiller à nos amis britanniques de ne pas se tromper sur les décisions qui doivent être prises en Grande-Bretagne”, a-t-elle dit.

Une fois que Londres aura enclenché la procédure prévue par l’article 50 du traité de Lisbonne, s’ouvrira une période de négociations de deux ans qui ne pourra être prolongée que par une décision unanime, a-t-elle rappelé aux députés allemands.

“La Grande-Bretagne restera membre de l’Union européenne aussi longtemps que dureront les négociations. Tous les droits et devoirs qui accompagnent cette appartenance devront être intégralement respectés jusqu’à la sortie formelle, et cela concerne les deux parties.”

Andrea Shalal, Madeline Chambers et Michelle Martin; Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

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