June 16, 2016 / 5:32 PM / 2 years ago

Barack Obama auprès des survivants de la tuerie d'Orlando

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama s’est rendu jeudi à Orlando, en Floride, auprès des survivants du massacre de la discothèque The Pulse, et a appelé une énième fois les Etats-Unis à agir contre la violence due aux armes à feu.

A Orlando, en Floride, hommage de Barack Obama et de Joe Biden aux victimes de la tuerie de la discothèque The Pulse. Le président américain a appelé jeudi soir une énième fois les Etats-Unis à agir contre la violence due aux armes à feu et a salué la décision du Sénat de voter lundi sur un texte visant à interdire l'achat d'armes pour les personnes figurant sur les listes de surveillance liées au terrorisme. /Photo prise le 16 juin 2016/REUTERS/Carlos

“Les deux dernières attaques terroristes sur notre sol - Orlando et San Bernardino - ont été préparées chez nous. Nous allons devoir faire plus pour empêcher ce type d’événements de survenir. Il faudra plus que notre seule armée. Il faudra plus que notre seule communauté du renseignement”, a déclaré le président américain devant les journalistes.

“Si nous n’agissons pas, nous assisterons à d’autres massacres dans ce genre parce que nous aurons choisi de les laisser se produire”, a-t-il ajouté.

En décembre dernier, un couple marié, se revendiquant de l’Etat islamique, a abattu 14 personnes à San Bernardino en Californie.

Le président américain a en outre salué la décision du Sénat de voter lundi sur un texte visant à interdire l’achat d’armes à feu pour les personnes figurant sur les listes de surveillance liées au terrorisme.

“Je suis heureux d’apprendre que le Sénat va voter pour empêcher les individus avec de possibles liens terroristes d’acheter des armes”, a-t-il dit.

Accompagné du vice-président Joe Biden, il a rencontré à l’Amway Center, l’enceinte du club de NBA Orlando Magic, les secouristes, les rescapés et les familles des victimes de la tuerie de masse la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis, avant de déposer une gerbe à un mémorial érigé en hommage aux victimes.

Affirmant agir au nom de l’Etat islamique, Omar Mateen, un Américain de 29 ans né à New York d’immigrés afghans, a tué 49 personnes et en a blessé 53 au Pulse, une discothèque d’Orlando fréquentée par des homosexuels, avant d’être abattu par la police. Vingt-trois blessés sont toujours hospitalisés, dont six dans un état critique, a précisé l’Orlando Regional Medical Center.

DES SMS AVEC SA FEMME

Le directeur de la CIA John Brennan a répété jeudi devant une commission sénatoriale que l’agence de renseignements n’avait pas été “en mesure d’établir le moindre lien direct” entre le tueur et une organisation terroriste étrangère.

Alors qu’il était retranché pendant près de trois heures dans les toilettes du Pulse, Omar Mateen a posté des messages sur Facebook, dont l’un dénonçait la mort de femmes et d’enfants dans les frappes aériennes américaines au Moyen-Orient, selon le sénateur Ron Johnson. Il a aussi échangé des SMS avec sa femme, Noor Salman, rapporte CNN.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si cette dernière était au courant du projet de son mari, ce qui pourrait lui valoir une inculpation pour complicité.

Toujours selon CNN, le tireur s’est livré à une “frénésie d’achats” dans les semaines précédant le massacre, qu’il a commis à l’aide d’un fusil d’assaut et d’une arme de poing acquis en toute légalité, bien qu’il ait été visé par deux enquêtes du FBI pour d’éventuels liens avec des groupes islamistes armés.

D’après les données compilées par le site Mother Jones, quelque 29 tueries de masse, faisant quatre morts et plus, se sont produites aux Etats-Unis depuis l’entrée de Barack Obama à la Maison blanche, en janvier 2009. Au total, elles ont coûté la vie à 281 personnes et fait près de 250 blessés.

LE JOUR LE PLUS SOMBRE

Obama a confié à plusieurs reprises que le massacre commis le 14 décembre 2012 dans l’école primaire Sandy Hook de Newtown, dans le Connecticut, avait été le jour le plus sombre de sa présidence. Ce jour-là, 20 enfants et six adultes étaient tombés sous les balles d’un jeune homme de vingt ans, Adam Lanza, qui a ensuite mis fin à ses jours.

Par la suite, le président démocrate a tenté de réformer la législation fédérale, avec davantage de vérification des antécédents des acheteurs d’armes et une interdiction accrue de certains types d’armes de guerre. Mais le texte a été repoussé par le Sénat et Obama avait dénoncé le rôle exercé par la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes à feu.

Le massacre d’Orlando, avait souligné Obama avant de se rendre en Floride, rappelle une fois de plus “combien il est facile pour quelqu’un de mettre la main sur une arme qui lui permet de tuer des gens dans une école ou dans un lieu de prière ou dans un cinéma ou dans un night-club”.

Les sénateurs américains seront invités à se prononcer lundi sur un texte visant à empêcher les terroristes potentiels d’acheter légalement des armes à feu, a déclaré jeudi le numéro deux républicain au Sénat, John Cornyn.

Le sénateur Chris Murphy et ses collègues démocrates ont défendu la proposition 15 heures durant, réclamant au Congrès de prendre des mesures après la tuerie du Pulse.

Une proposition de loi élaborée par la sénatrice californienne Dianne Feinstein prévoit notamment que le procureur puisse interdire tout personne soupçonnée de terrorisme d’acquérir une arme.

Si le Congrès des Etats-Unis votait une mesure de contrôle des armes à feu, ce serait une première depuis plus de vingt ans. Une interdiction des armes d’assaut semi-automatiques, comme celle utilisée à Orlando, est entrée en vigueur en 1994. Venue à expiration en 2004, elle n’a pas été renouvelée.

Les républicains, qui ont une majorité de 54 sièges sur 100 au Sénat, bloquent depuis des années toute initiative démocrate sur le contrôle renforcé des armes à feu en invoquant le droit de posséder une arme que garantit la Constitution américaine.

Avec Julia Harte et Peter Eisler à Orlando, Patricia Zengerle et Jonathan Landay à Washington et Zachary Fagenson à West Palm Beach, en Floride; Henri-Pierre André, Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Julie Carriat pour le service français

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