June 14, 2016 / 1:57 PM / 2 years ago

Bataille de chiffres sur la mobilisation anti-loi Travail

PARIS (Reuters) - Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi à Paris à l’appel de la CGT et de Force ouvrière (FO), qui voulaient montrer que l’opposition à la loi Travail ne plie pas, mais la mobilisation donne lieu à une bataille de chiffres.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi à Paris à l'appel de la CGT et de FO, qui voulaient montrer que l'opposition à la loi Travail ne plie pas, mais la mobilisation donne lieu à une bataille de chiffres. FO a revendiqué un million de manifestants dans la capitale, tandis que la police dénombrait 75.000 à 80.000 personnes. La CGT a évalué pour sa part le nombre des manifestants à 1,3 million dans toute la France et le ministère de l'Intérieur à 125.000 à 130.000. /Photo prise le 14 juin 2016/REUTERS/Jacky Naegelen

FO a revendiqué en fin de journée un million de manifestants dans la capitale, tandis que la police dénombrait 75.000 à 80.000 personnes.

La CGT a évalué pour sa part le nombre des manifestants à 1,3 million dans toute la France et le ministère de l’Intérieur à 125.000 à 130.000, dont 50.000 en province.

Les sept organisations syndicales et de jeunesse mobilisées espéraient une participation supérieure à celle du 31 mars, qui avait marqué un pic avec 400.000 manifestants en France selon la police, et 1,2 million selon les syndicats.

Fort de cette nouvelle mobilisation, qui a été émaillée d’incidents provoqués par des “casseurs”, “le gouvernement a tort de ne pas vouloir discuter et de faire des a priori à toute discussion”, a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, à la presse.

“J’espère que vendredi, on enlèvera tous ces a priori et que la discussion permettra d’avancer”, a-t-il dit en évoquant sa rencontre prévue avec la ministre du Travail Myriam El Khomri.

Pour la “manifestation nationale” dans la capitale, une foule nombreuse s’est ébranlée de la place d’Italie jusqu’aux Invalides, derrière une pancarte proclamant “Pour le retrait. Pour de nouveaux droits”.

Une fois de plus, plusieurs centaines de jeunes cagoulés d’extrême gauche se sont livrés à des débordements en se livrant dès le départ du cortège à des dégradations et en lançant des projectiles sur les forces de l’ordre.

Des heurts se sont poursuivis notamment devant l’hôpital Necker, qui accueille des enfants malades et où des vitres ont été brisées, devant le musée de l’armée, ainsi que sur l’esplanade des Invalides.

“UN POLICIER, UNE BALLE”

Tout au long du défilé, des poubelles ont été brûlées, des vitrines brisées, et les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymonèges et des canons à eau.

Selon la préfecture de police de Paris, 58 personnes ont été interpellées pour jets de projectiles et dégradations, notamment pris sur un chantier, et port d’arme prohibée. Vingt-neuf policiers et ont manifestants ont été également blessés.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a dénoncé des “sauvageons” qui ont crié leur haine de la police alors que deux fonctionnaires ont été tués lundi à Magnanville (Yvelines), lors d’une attaque revendiquée par l’Etat islamique (EI).

“Nous avons vu des manifestants crier ‘un policier, une balle’ (...) après ce qui s’était passé hier. Cela n’a que trop duré !”, a-t-il dit sur France 2.

Bernard Cazeneuve leur a également reproché d’avoir brisé des vitres de l’hôpital Necker alors que l’enfant des policiers tués dans les Yvelines y a été admis.

Dans la soirée, 150 à 200 manifestants cagoulés et vêtus de noir ont brisé des panneaux publicitaires et incendié deux véhicules du service Autolib, rue Saint-Maur, dans le XIe arrondissement de Paris, a-t-on constaté sur place.

L’afflux de manifestants venus de province à Paris n’a pas empêché la tenue de défilés dans quelques autres villes.

Entre 6.000 personnes, selon la police, et 30.000 selon les syndicats, ont ainsi défilé à Toulouse (Haute-Garonne), pour demander le retrait de la loi Travail.

“Nous ne perdons pas espoir de faire plier le gouvernement car on a déjà vu dans le passé des lois votées mais pas mise en application”, a déclaré Bernard Dedeban, secrétaire départemental de la FSU.

A Marseille, environ 140.000 personnes ont également manifesté, selon la CGT, et seulement 5.000 selon la police. A Lyon, la police a dénombré 3.800 manifestants et les syndicats 9.000.

Le terme de “baroud d’honneur” a été récusé à la fois par Philippe Martinez et Jean-Claude Mailly, le dirigeant de Force ouvrière, les deux syndicalistes rappelant que deux autres journées de manifestations sont prévues, les 23 et 28 juin.

Des grèves, notamment contre la loi Travail, se sont poursuivies en France, notamment à la SNCF, où la direction comptabilisait 7,3% de grévistes au 14e jour de grève, contre 4,6% lundi.

Air France prévoyait d’assurer près de 80% de ses vols au dernier jour d’une grève qui mobilisait 27% de pilotes, selon la compagnie.

Les syndicats de pilotes, qui appellent à défendre l’emploi et les conditions de rémunérations, étudient “les suites à donner au mouvement”.

La tour Eiffel et le château de Versailles étaient fermés au public en raison de la grève.

Myriam Rivet, avec Emmmanuel Jarry et service France

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