June 14, 2016 / 5:42 AM / 2 years ago

Assassinat "terroriste" d'un couple de policiers

PARIS (Reuters) - Un homme a tué lundi soir à l’arme blanche un commandant de police et sa compagne à Magnanville (Yvelines), lors d’une attaque revendiquée par l’Etat islamique (EI) et considérée comme un “acte terroriste” par le gouvernement français.

A Magnanville, dans la banlieue parisienne, où un homme a tué lundi soir à l'arme blanche un commandant de police et sa compagne. L'attaque, revendiquée par l'Etat islamique, est considérée comme un "acte terroriste" par le gouvernement. /Image diffusée le 14 juin 2016/REUTERS TV

“C’est un acte incontestablement terroriste”, a dit François Hollande dans un discours à l’OCDE, après avoir présidé une réunion à l’Elysée. “Son auteur avait lui-même voulu que son acte puisse être reconnu comme terroriste et l’organisation dont il se réclamait a elle aussi revendiqué l’acte.”

L’attaque, qui s’est terminée par l’intervention des forces d’élite du Raid qui ont abattu l’assaillant, a en effet été revendiquée par Daech via son agence Amaq, sept mois après les attentats du 13 novembre qui avaient fait 130 morts.

Larossi Abballa a dit aux négociateurs du Raid avoir prêté allégeance à l’Etat islamique trois semaines avant son acte, a déclaré mardi le procureur de Paris, François Molins.

“Au cours (des) négociations avec le Raid, le tueur a indiqué être musulman pratiquant et faire le ramadan, il a précisé avoir prêté allégeance trois semaines plus tôt au commandant des croyants de l’Etat islamique, Abou Bakr al Baghdadi”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

“Il a ajouté avoir répondu à un communiqué de cet émir, qui demandait, je cite, de tuer des mécréants chez eux, avec leur famille”, a-t-il ajouté, menaçant de “tout faire sauter si les policiers intervenaient”.

Trois téléphones portables et trois couteaux, dont un ensanglanté posé sur la table, ont également découverts au domicile des victimes, mais les enquêteurs n’ont trouvé ni armes à feu, ni explosifs.

PAS D’ÉLÉMENT DANS LES ÉCOUTES

Larossi Abballa, un homme de 25 ans d’origine marocaine né en France, arrêté en 2011 et condamné en 2013 à trois ans de prison dont six mois avec sursis dans le cadre du procès d’une filière d’acheminement de djihadistes vers le Pakistan.

Libéré à l’issue de son procès, sa peine ayant été purgée en détention provisoire, le suspect a alors été discrètement surveillé par les services de renseignement. [L8N1961SL]

Quand son nom est réapparu, récemment, dans une enquête judiciaire sur un homme parti en Syrie, il a été placé sur écoute judiciaire, mais celle-ci n’a rien donné.

“Ces interceptions téléphoniques n’avaient pas à ce jour mis en évidence le moindre élément permettant de déceler la préparation d’un passage à l’acte violent, elles ne pouvaient donc à ce stade justifier une interpellation à l’initiative du juge d’instruction”, a souligné le procureur.

Trois hommes de 27, 29 et 44 ans de l’entourage du tueur ont été placés en garde à vue mardi, a-t-il dit.

Larossi Abballa a publié quelques minutes après l’attaque, lorsqu’il était retranché avec ses victimes, une vidéo de revendication de 12 minutes envoyée à plus d’une centaine de contacts et deux messages de revendication sur Twitter, a expliqué le procureur.

Dans cette vidéo, que Reuters a pu visionner, il menace nommément des journalistes françaises célèbres, un islamologue connu et des rappeurs français, ainsi que les spectateurs de l’Euro 2016 de football dont il espère “faire un cimetière”.

Il demande également de viser des députés et des policiers.

UN ENFANT INDEMNE

Jean-Baptiste Salvaing, commandant de police du commissariat des Mureaux, âgé de 42 ans, a été tué de neuf coups de couteau à l’abdomen devant son domicile à Magnanville, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Paris.

Le policier avait auparavant travaillé au commissariat de Mantes-la-Jolie, commune où habitait Larossi Abballa, a déclaré Michel Lebouc, maire de Magnanville.

L’assaillant s’est ensuite retranché au domicile du policier. Le cadavre de Jessica Schneider, sa compagne âgée de 36 ans, agent administratif au commissariat de police de Mantes-la-Jolie, a été retrouvé dans la maison où un enfant de trois ans a été récupéré choqué mais indemne.

La tuerie a été ressentie comme une “déflagration” par les policiers qui se sentent des cibles directes.

Les deux victimes “ont été frappées parce qu’ils étaient policiers”, a dit François Hollande à l’Elysée.

“Je serai aux côtés des forces de sécurité de notre pays qui éprouvent en ce moment-même une très grande tristesse et une très grande colère”, a-t-il ajouté.

Cette attaque survient deux jours après la tuerie d’Orlando en Floride, où 49 clients d’une boîte de nuit gay ont été abattus par un Américain de 29 ans nommé Omar Mateen et né de parents afghans. L’Etat islamique a revendiqué son acte mais les autorités américaines disent n’avoir trouvé aucun lien direct entre Daech et le tueur.

François Hollande s’est entretenu dans la soirée avec Barack Obama, dit l’Elysée dans un communiqué. “Ils sont convenus d’augmenter encore la coopération entre les services de sécurité français et américains face à une menace qui évolue en permanence. La France et ses alliés continueront d’opposer la force des démocraties à la barbarie”, ajoute la présidence.

Chine Labbé, Myriam Rivet et Elizabeth Pineau

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