June 13, 2016 / 11:32 AM / 2 years ago

Dialogue de sourds entre le gouvernement et la CGT

PARIS (Reuters) - Le numéro un de la CGT et la ministre du Travail ont continué lundi leur dialogue de sourds sur le projet de loi Travail porté par Myriam El Khomri, à la veille d’une journée de mobilisation nationale que Philippe Martinez annonce “énorme”.

Le numéro un de la CGT et la ministre du Travail continuent leur bras de fer sur le projet de loi Travail porté par Myriam El Khomri, à la veille d'une journée de mobilisation nationale que Philippe Martinez annonce "énorme" et tandis que le Sénat et sa majorité de droite entrent en scène avec la ferme intention de réécrire le texte dans un sens beaucoup plus libéral. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

Le Sénat et sa majorité de droite entrent en scène avec la ferme intention de réécrire ce projet de loi dans un sens beaucoup plus libéral, avec notamment la remise en cause de la durée légale du travail à 35 heures par semaine.

Le trafic ferroviaire reste perturbé au 13e jour d’une grève à l’appel de la CGT cheminots et de Sud-Rail. Mais la SNCF fait état d’une amélioration avec neuf TGV sur dix, sept TER sur dix, six Transilien sur dix et un Intercités sur deux en circulation, avec 4,6 % de grévistes seulement.

Le mouvement semble également s’essouffler dans le traitement et le ramassage des ordures ménagères. Selon la mairie de Paris, il n’y avait plus que 5% des conducteurs de bennes en grève lundi matin et aucun garage n’était bloqué.

La CGT et Force ouvrière (FO), à la pointe du mouvement contre la loi Travail avec cinq autres organisations syndicales et de jeunesse, promettent une mobilisation plus forte mardi que le 31 mars, qui avait marqué un pic avec 400.000 manifestants en France selon la police, 1,2 million selon les syndicats.

Philippe Martinez a fait état ce week-end de plus de 450 autocars affrétés pour amener des manifestants à Paris, tout en se plaignant des patrons de compagnies de transport, “qui ne veulent pas mettre à disposition des cars pour les manifs”.

Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a dit lundi, lors d’une conférence de presse, s’attendre à une “mobilisation relativement massive” dans la capitale, estimant que le nombre de 50.000 personnes pourrait être atteint.

Le défilé ira de la place d’Italie aux Invalides, où se trouve la “fan zone” de Paris pour l’Euro 2016, un risque compte tenu des violents affrontements qui ont accompagné les précédentes mobilisations lors de la dispersion.

RENDEZ-VOUS VENDREDI

Philippe Martinez a rendez-vous avec Myriam El Khomri à la première heure vendredi.

“Elle a mon numéro de téléphone, elle peut m’appeler quand elle veut pour qu’on se voie avant vendredi”, a-t-il répété lundi sur Europe 1. “Ça fait trois mois qu’on demande à discuter avec le gouvernement et pour l’instant ce n’était pas possible.”

Une version contestée par la ministre du Travail.

“La CGT a opté pour la politique de la chaise vide depuis plusieurs mois, ils ne se sont pas rendus aux réunions qui étaient prévues soit avec moi soit avec mon équipe en janvier et encore en mars dernier”, a-t-elle dit sur France Inter. “La position de la CGT a évolué et c’est une bonne chose.”

Même dialogue de sourds sur le fond. Philippe Martinez demande toujours le retrait de cinq articles clefs du texte, dont l’article deux, le plus contesté, qui établit la primauté des accords d’entreprises sur les accords de branche.

“J’espère que s’il y a un rendez-vous, c’est pour écouter et bouger un certain nombre de choses”, a-t-il dit à Europe 1.

“Le texte peut toujours être amélioré mais il est hors de question de le dénaturer”, a répliqué la ministre.

Le Sénat entame ce lundi l’examen en séance du texte sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité en première lecture le 12 mai à l’Assemblée. La commission des Affaires sociales du Sénat l’a déjà passé à la moulinette.

Pour Jean-Marie Le Guen, le débat au Sénat permettra de “revenir au réel et au clivage droite-gauche”.

Le gouvernement a prévenu qu’il rétablirait la version sortie en mai de l’Assemblée nationale, à quelques ajustements près, lors du retour du texte devant les députés, en juillet.

L’Assemblée a constitutionnellement le dernier mot mais le gouvernement pourrait recourir de nouveau à la procédure prévu par l’article 49-3 de la Constitution, s’il ne convainc les députés PS qui ont refusé de le voter en première lecture.

“Le gouvernement ne renonce évidemment à rien et prendra, s’il le faut, ses responsabilités”, avertit Jean-Marie Le Guen.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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