June 10, 2016 / 4:41 PM / 3 years ago

Avancée dans l'enquête sur les moines de Tibéhirine, en Algérie

PARIS (Reuters) - Les prélèvements effectués en 2014 par la justice française sur les crânes des moines de Tibéhirine, assassinés en Algérie en 1996, viennent d’être rapatriés en France, a-t-on appris vendredi auprès d’un avocat de familles des victimes.

Vingt ans après les faits, l’espoir de faire toute la lumière sur les circonstances de leur mort renaît pour leurs proches. Leurs avocats estiment en effet que leur analyse pourrait permettre de “grandes avancées” dans l’enquête.

“Les Algériens ont accepté de remettre tous les prélèvements”, a déclaré Clémence Bectarte à Reuters, confirmant une information RMC. “C’est une grande satisfaction, ça faisait très longtemps que les familles le demandaient.”

Après deux reports de son voyage, le juge d’instruction Marc Trévidic - désormais remplacé par Nathalie Poux sur ce dossier - avait finalement pu se rendre en Algérie du 12 au 19 octobre 2014 pour exhumer et autopsier les crânes des religieux.

Mais les autorités algériennes avaient refusé qu’il rapporte à Paris les prélèvements effectués, poussant les familles des victimes à dénoncer une “obstruction” à l’enquête française.

En échange du rapatriement de l’ensemble des prélèvements cette semaine, la juge française a remis aux autorités algériennes des prélèvements ADN des proches des moines, nécessaires à leur propre enquête. Les prélèvements devront par ailleurs être retournés à Alger dans six mois, indique Clémence Bectarte.

LES PRÉLÈVEMENTS SERAIENT EXPLOITABLES

D’après les premières constatations des experts, les prélèvements seraient “en bon état et exploitables”, dit-elle. Mais “tout reste à confirmer.”

Les corps des moines de Tibéhirine n’ont jamais été retrouvés, ce qui a alimenté des rumeurs sur la cause de leur mort.

Alger affirme que les sept religieux ont été décapités par des islamistes qui les avaient enlevés, une thèse qui a été confortée par une revendication du Groupe islamique armé (GIA).

Mais l’enquête française n’a pas écarté une possible bavure de l’armée algérienne ou une implication des services algériens.

Les conclusions provisoires des experts ayant participé aux autopsies de 2014 remettaient en cause la date de leur mort, laissant penser qu’ils avaient été tués plusieurs semaines avant la date avancée par le GIA dans sa revendication.

Les experts estimaient par ailleurs que la décapitation des religieux serait intervenue post-mortem.

Autant d’éléments pour l’instant “au conditionnel”, et qui devraient désormais pouvoir être vérifiés, après analyse des prélèvements, souligne Clémence Bectarte. Leur expertise devrait aussi permettre de confirmer l’identité des sept crânes, des doutes persistant sur certains d’entre eux.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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