June 8, 2016 / 5:06 AM / 2 years ago

Hillary Clinton revendique la victoire aux primaires démocrates

LOS ANGELES (Reuters) - Hillary Clinton a célébré mardi sa victoire dans la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle du 8 novembre, saluant un “tournant historique” avant même d’être informée de sa victoire en Californie, point d’orgue du dernier “Super Tuesday” de la campagne.

Hillary Clinton a célébré mardi sa victoire dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle du 8 novembre et a salué un "tournant historique" avant même de connaître le résultat du vote en Californie, point d'orgue du dernier "Super Tuesday" de la campagne. /Photo prise le 8 juin 2016/REUTERS/Lucas Jackson

“Grâce à vous, nous avons atteint un tournant historique”, a-t-elle dit à ses partisans réunis à Brooklyn, dans la ville de New York. “C’est la première fois dans l’histoire de notre pays qu’une femme est investie par un des grands partis”, s’est-elle réjouie.

Après avoir été tour à tour Première dame du pays (1993-2001), sénatrice de New York (2001-2009) et secrétaire d’Etat (2009-2013), elle s’est félicitée d’avoir brisé “l’un des plafonds de verre les plus élevés et les plus durs”.

Et, sur Twitter, elle a insisté sur le caractère historique de la première candidature d’une femme investie par un grand parti à la fonction suprême: “A toutes les petites filles qui rêvent en grand, je dis oui, vous pouvez être tout ce que vous souhaitez, même présidente. Cette soirée est à vous.”

Clinton, 68 ans, a reçu mardi soir les félicitations du président Barack Obama, devenu il y a huit ans le premier président afro-américain de l’histoire du pays. “Sa campagne historique a été une inspiration pour des millions de personnes et un prolongement du combat de sa vie pour les familles des classes moyennes et les enfants”, a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest.

Pour le secrétaire d’Etat américain John Kerry, la victoire de Hillary Clinton représente un “moment historique” pour les Etats-Unis, et, comme elle est la première femme à être candidate à la Maison blanche, tout le monde, y compris les républicains, devrait se féliciter de cet événement.

“En tant que père de deux filles, je suis fier”, a dit Kerry à la presse. “Elle fera une formidable présidente”, a ajouté celui qui avait été investi candidat du Parti démocrate en 2004 mais s’était incliné lors de la présidentielle face au président républicain sortant, George W. Bush.

“Tout le monde devrait s’en féliciter, républicains comme démocrates. C’est une avancée, et je pense que quelle que soit votre intention de vote, pour Donald Trump ou pour elle, vous devriez être fiers”.

Le rival de Clinton, Bernie Sanders, 74 ans, a lui aussi reçu un message d’Obama, qu’il rencontrera jeudi. Mais, prenant la parole bien plus tard dans la soirée, le sénateur démocrate du Vermont a annoncé qu’il se maintenait dans la course et qu’il poursuivait son combat pour une “justice sociale, économique, raciale et environnementale”.

“Nous continuerons à nous battre pour chaque voix et pour chaque délégué (...) Le combat continue”, a-t-il poursuivi, précisant qu’il serait encore en lice mardi prochain pour l’ultime consultation, la primaire démocrate du district fédéral de Columbia, à Washington, et qu’il entendait porter ensuite son combat pour la justice jusqu’à la convention de Philadelphie.

L’arithmétique semble pourtant sans appel: grâce à ses nouvelles victoires mardi dans les primaires du New Jersey, du Nouveau-Mexique, du Dakota du Sud et de Californie, l’Etat le plus peuplé du pays où des projections des chaînes CNN et NBC la donnent gagnante, Clinton s’est assurée d’obtenir bien plus que les 2.383 délégués nécessaires à son investiture.

Une défaite en Californie n’aurait pas remis en cause sa victoire annoncée mais l’aurait considérablement affaiblie et aurait alimenté les doutes sur sa capacité à battre cet automne Donald Trump. Malgré la campagne de Bernie Sanders, qui a sillonné le “Golden State” pendant des semaines, des résultats portant sur 90% des bulletins de vote montrent qu’elle l’a emporté avec 56% environ des voix.

Son rival s’est imposé lui dans le Dakota du Nord et dans le Montana.

CLINTON SE PROJETTE DANS LA BATAILLE DU 8 NOVEMBRE

Tendant la main aux électeurs de Sanders, qu’elle a félicité pour sa campagne et pour le débat qu’il a lancé sur les inégalités, Hillary Clinton s’est projetée dans la bataille qui l’attend face à Donald Trump, qu’elle devance de dix points dans les intentions de vote, selon un sondage Ipsos/Reuters publié mardi.

“La fin des primaires représente seulement le début du travail que nous sommes appelés à faire”, a-t-elle souligné avant d’être rejointe par son mari Bill Clinton sur l’estrade.

Elle a affirmé que le candidat présumé du Parti républicain était “inapte” à exercer le pouvoir suprême. “Quand Donald Trump dit qu’un juge distingué né dans l’Indiana ne peut pas faire son travail en raison de son héritage mexicain, ou quand il se moque d’un journaliste souffrant de handicaps ou dit des femmes qu’elles sont des truies, il va à l’encontre de tout ce que nous représentons”, a-t-elle lâché.

Côté républicain, Donald Trump faisait cavalier seul dans les primaires du jour, les deux derniers de ses seize rivaux ayant jeté l’éponge il y a plus d’un mois. Dans un discours prononcé à Briarcliff, dans l’Etat de New York, il s’en est pris vivement à Hillary et Bill Clinton. “Les Clinton, a-t-il affirmé, ont fait de la politique de l’enrichissement personnel une forme d’art.”

Trump a aussi laissé entendre que Hillary Clinton avait utilisé sa messagerie personnelle lorsqu’elle était secrétaire d’Etat pour “dissimuler” des accords privés, et a promis de dénoncer les turpitudes du couple Clinton dans un discours qui sera totalement consacré à ce sujet lundi prochain.

Le milliardaire s’est également tourné vers les supporters de Sanders, soulignant la nécessité de renverser le système politique de Washington et de rejeter les accords commerciaux internationaux critiqués par le sénateur du Vermont.

L’une des inconnues de la primaire démocrate réside dans le choix que vont opérer les millions d’électeurs qui ont porté la candidature de Sanders depuis le début du processus, en février. Mais ce dernier a été très clair: “Nous ne permettrons pas que Donald Trump devienne le président des Etats-Unis”, a-t-il dit à ses partisans, faisant huer un candidat qui, a-t-il souligné, “insulte les Mexicains, les musulmans, les femmes et les Africains-Américains”.

avec John Whitesides et Amanda Becker à Washington et Jonathan Allen et Chris Kahn à New York; Tangi Salaün, Julie Carriat, Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français

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