June 4, 2016 / 9:52 AM / 2 years ago

Amorce de décrue à Paris, la Normandie en alerte

PARIS (Reuters) - Les crues qui ont fait quatre morts et 24 blessés depuis le début de la semaine, menacent désormais la Seine près de Rouen, en aval de Paris, où une lente décrue s’est amorcée samedi.

A Paris. Les crues qui ont fait quatre morts et 24 blessés depuis le début de la semaine, menacent désormais la Seine près de Rouen, en aval de la capitale, où une lente décrue s'est amorcée samedi. /Photo prise le 4 juin 2016/REUTERS/Christian Hartmann

Dans la capitale, la Seine a atteint son plus haut niveau dans la nuit de vendredi à samedi, à 6,10 mètres et était passée à 5,95 mètres à 20h00.

“La décrue devrait être lente et dépendra aussi des conditions météorologiques des jours à venir”, a précisé la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, lors d’un point presse.

En se propageant vers l’aval, les débordements, qui concernaient jusqu’ici principalement l’Ile-de-France et la région Centre-Val de Loire, devraient également toucher la Normandie, ces crues étant amplifiées par les forts coefficients de marée.

La boucle de la Seine dans le secteur d’Elbeuf, à une trentaine de kilomètres au sud de Rouen, a été placée “à titre de précaution en vigilance rouge” pour la nuit par la préfecture de Seine-Maritime.

VERS UN RETOUR À LA NORMALE TRÈS LENT

Météo France a également placé la Seine-Maritime et le département voisin de l’Eure en vigilance rouge pour les inondations.

Dix-huit autres départements sont en alerte orange: 12 à cause des crues en Ile-de-France et dans le Centre, cinq dans le Nord-Est en raison d’orages susceptibles d’entraîner une crue de l’Orne mais aussi le Var, également du fait d’orages.

Enedis (ex-ERDF), a précisé dans la soirée que près de 13.000 foyers étaient encore privés de courant en Ile-de-France et en région Centre.

Dans les transports franciliens, les perturbations liées aux intempéries devraient se poursuivre la semaine prochaine. Au total, une vingtaine de kilomètres de voies sont affectées directement par les inondations et une quinzaine de gares sont touchées, directement ou indirectement, a-t-on indiqué à la SNCF, contactée par Reuters.

“Pour remettre en état, il va falloir attendre la décrue, ça va prendre plusieurs jours”, a prévenu sur TF1 Alain Krakovitch, directeur Transilien à la SNCF. Une fois que le reflux des eaux permettra d’accéder aux installations, “on devra réinstaller, réparer et donc ça prendra de nouveau plusieurs jours”, a-t-il poursuivi.

L’EXÉCUTIF SUR LE TERRAIN

Sur fond de montée des inquiétudes concernant l’impact économique des inondations, François Hollande s’est rendu dans la journée à Romorantin, dans le Loir-et-Cher.

Face à “une vraie catastrophe” d’une “exceptionnelle gravité”, le président de la République a affiché sa volonté d’apporter une aide rapide aux particuliers mais aussi aux professionnels affectés.

“Il va falloir que nous puissions avoir des procédures exceptionnelles d’intervention pour que ces commerçants, ces artisans puissent avoir une indemnisation pendant la période où ils ne nous pourront pas être en activité et puis de les remettre le plus rapidement possible en situation de reprendre la vie économique”, a-t-il déclaré.

Manuel Valls, qui s’est rendu dans l’après-midi dans l’Essonne, département francilien également touché par les crues, a appelé à un arrêt rapide des grèves dans les transports.

“Pénaliser les usagers franciliens ou du Centre, qui subissent les intempéries, qui subissent les inondations, ce n’est pas possible”, a déclaré le Premier ministre à la presse, évoquant un mouvement “totalement incompréhensible”.

Il avait dans la matinée plaidé pour une prise en charge efficace et rapide des victimes des intempéries, qu’il s’agisse de particuliers et de communes, ou de professionnels.

Une première liste de communes classées en état de catastrophe naturelle sera publiée mercredi à l’issue du conseil des ministres, ce qui permettra de déclencher les procédures d’indemnisation des sinistrés.

Selon l’Association française de l’assurance (AFA), les dégâts consécutifs aux crues et inondations pourraient coûter aux assureurs au moins 600 millions d’euros.

Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, a avancé sur France info un bilan trois fois plus élevé, qui pourrait donc se monter à près de deux milliards d’euros pour les seuls particuliers, alors que de nombreuses entreprises ont également enregistré des dégâts importants.

Le coût plancher de 600 millions d’euros évoqué par l’AFA correspond à celui enregistré lors des pluies diluviennes d’octobre dernier sur le littoral des Alpes-Maritimes, mais les inondations de cette semaine couvrent des zones beaucoup plus étendues et la décrue sera lente, avec des eaux stagnantes entraînant des dégâts plus importants, a-t-il expliqué.

Une fois que la crise sera passée, à la fin du mois de juin, Ségolène Royal prévoit de faire un point de retour d’expérience avec l’ensemble des acteurs concernés et de procéder à un nouvel exercice de simulation d’une crue majeure comparable à celui réalisé en mars dernier.

Myriam Rivet, édité par Eric Faye

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