June 1, 2016 / 9:47 AM / 2 years ago

Le mouvement anti-loi travail s'étend aux transports

PARIS (Reuters) - Le trafic SNCF a été perturbé mercredi par des grèves reconductibles à l’appel de trois syndicats, sur des revendications purement internes à l’entreprise pour l’Unsa, également contre la loi Travail pour la CGT et Sud-Rail.

Six TGV sur dix en moyenne circulaient mercredi en France au premier jour d'un mouvement de grève reconductible à la SNCF qui agrège des revendications internes à la contestation contre la loi Travail. Quatre Transilien sur dix sont prévus, un TER sur deux et un Intercités sur 3. Les prévisions de la SNCF sont similaires pour jeudi. /Photo prise le 31 mai 2016/REUTERS/Stéphane Mahé

Ce mouvement intervient en pleine négociation sur une nouvelle organisation du travail à la SNCF. L’Unsa ferroviaire, deuxième syndicat de l’entreprise, devait décider dans la soirée la levée ou non de son préavis pour les prochains jours, en fonction du contenu d’un projet d’accord de la direction.

La fédération CFDT des cheminots s’est déjà retirée du mouvement à la suite d’un compromis conclu avec le secrétariat d’Etat aux Transports le week-end dernier, mais avec lequel le président de la SNCF, Guillaume Pepy, est en désaccord.

L’Unsa ferroviaire exige que ce compromis soit intégré au projet d’accord de la direction, ce que lui a promis par courrier la direction des ressources humaines de la SNCF.

“Notre préavis a fait bouger les lignes à tous les niveaux, entreprise et gouvernement”, a déclaré à Reuters son secrétaire général, Marc Baucher, qui souhaite également des garanties de l’Etat sur la situation financière de la SNCF, très endettée.

Selon la SNCF, le taux de grévistes était de 17% à la mi-journée, en hausse de plus de six points par rapport au 25 mai mais loin des 35,5% du 9 mars ou des 24,2% du 31 mars.

Des perturbations sont aussi attendues à partir de jeudi sur le RER B, géré par la Régie autonome des transports parisiens (RATP), qui prévoit en revanche un trafic normal dans le métro, les bus, les tramways et le RER A.

“NOUS TIENDRONS”, DIT VALLS

Les syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ont déposé un préavis de grève du 3 au 5 juin. Quant au Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), qui appelle à une grève dure en juin, il a été rejoint par le syndicat des pilotes d’Air France (Spaf).

Selon le secrétariat d’Etat aux Transports, la situation s’améliore du côté des stations-services. “Nous sommes passés en-dessous de 5% de stations fermées”, a dit son porte-parole.

En revanche, la CGT a annoncé qu’elle avait de nouveau fait voter mercredi une grève reconductible dans les 19 centrales nucléaires françaises.

“Si le gouvernement, demain, dit ‘on discute’, il n’y a plus de grève”, a redit sur la chaîne de télévision LCP le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, selon qui le projet de loi sur le travail ouvre la porte à un “dumping social” généralisé.

Le premier ministre, Manuel Valls a répliqué lors des questions d’actualité à l’Assemblée que sa “porte était ouverte” et qu’il attendait “des propositions de certains” mais que le texte, dont le Sénat a entamé l’examen, ne serait pas retiré.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a estimé que le retrait du texte ne semblait plus un préalable pour la CGT mais laissé entendre qu’elle ne donnerait suite aux demandes de son secrétaire général qu’après la séquence sénatoriale.

La droite, majoritaire au Sénat, entend réécrire entièrement le projet de loi dans un sens plus libéral, tout en sachant que le gouvernement rétablira, à son retour à l’Assemblée, le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en première lecture.

François Hollande et Manuel Valls espèrent que cette comparaison jouera en faveur de la version gouvernementale et fera “progresser la raison” chez les députés de gauche qui avaient refusé de le voter en première lecture.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui soutient le texte, s’est dit confiant sur LCI en une sortie de crise : “Je pense qu’elle n’est peut-être pas si loin que ça, à condition que chacun refasse appel à l’intelligence collective.”

Sophie Louet et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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