June 1, 2016 / 5:16 AM / 2 years ago

Juppé aussi est "impatient" d'en découdre avec Sarkozy

PARIS (Reuters) - Alain Juppé, qui se dit tout aussi “impatient” que Nicolas Sarkozy d’entrer dans le vif de la primaire de la droite, conseille à son rival de prendre “un peu de distance avec les appareils partisans” pour légitimer sa candidature.

Alain Juppé, qui se dit tout aussi "impatient" que Nicolas Sarkozy d'entrer dans le vif de la primaire de la droite, conseille à son rival de prendre "un peu de distance avec les appareils partisans" pour légitimer sa candidature. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

La campagne pour la primaire d’investiture à droite des 20 et 27 novembre prochains gagne en intensité avec la multiplication des indices d’une future entrée en lice du président des Républicains, dont la cote auprès des sympathisants de droite progresse dans de récents sondages.

Dans un entretien à paraître jeudi dans Valeurs actuelles, Nicolas Sarkozy précise avoir pris une décision au sujet de sa candidature, mais n’en dit pas plus, jugeant que “ce n’est pas encore le moment”.

“Nous sommes en juin, dois-je abandonner le navire? C’est la pagaille dans la rue et l’opposition ne devrait plus avoir de chef? Je m’y refuse. Je n’en ai pas le droit”, justifie-t-il.

Samedi dernier, lors d’une rencontre avec de jeunes militants à Paris, l’ancien chef de l’Etat a pourtant confié son “impatience” d’en découdre.

“Vous êtes impatients? Je prends toutes vos impatiences, je les additionne et ça fait la moitié de mon impatience!”, a-t-il lancé.

Dans le duel qui s’installe entre le prédécesseur de François Hollande et le maire de Bordeaux, favori des sondages pour la primaire et la présidentielle, Alain Juppé se prête désormais aux joutes.

“Chacun conçoit les choses à sa manière, mais pour être candidat, il lui faudra sans doute prendre un peu de distance avec les appareils partisans, qui souffrent d’un discrédit profond. J’espère que cela viendra vite. Vous voyez, moi aussi, je suis impatient!”, déclare-t-il ainsi dans une interview à paraître mercredi dans Le Figaro.

Les fidèles de Nicolas Sarkozy estiment que le contrôle du parti lui donnera un avantage décisif, ce qui suscite des interrogations dans les états-majors concurrents sur l’équilibre et la régularité du scrutin à venir.

SANS TAMBOUR NI TROMPETTE

Selon les statuts des Républicains, tout membre de la direction du parti briguant l’investiture doit se déclarer au plus tard quinze jours avant la date-limite de dépôt des candidatures, fixée au 9 septembre prochain.

Alain Juppé, qui revendique le soutien “de plus de 1.000 maires”, réunit mercredi à Paris une partie de ses soutiens locaux en marge du 99e Congrès des maires qui s’est ouvert mardi. Nicolas Sarkozy fera de même au siège des Républicains.

“J’ai choisi de faire une campagne de terrain sans tambour ni trompette. (...) J’ai fait le choix de laisser bourgeonner librement mes comités de soutien. Nous en comptons aujourd’hui plus d’un millier et ils attirent des participants qui n’avaient jamais milité dans aucun parti”, souligne dans le Figaro Alain Juppé, qui entend isoler Nicolas Sarkozy en élargissant au maximum l’électorat de la primaire.

François Fillon, qui poursuit son “sillon comme un paysan” malgré une tenace quatrième place dans les sondages, a lancé mardi l’entreprise de séduction auprès des maires en se présentant comme “le plus local des candidats” de la primaire. Bruno Le Maire, le “troisième homme” des sondages, était aussi à la manoeuvre avec un “apéro des maires” à son QG parisien.

L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui fut maire durant 18 ans, a appelé les élus au réalisme face aux baisses des dotations aux collectivités territoriales. Ils attendent beaucoup du discours de François Hollande, jeudi en clôture du Congrès des maires.

“Avec 2.100 milliards de dettes, personne ne peut raisonnablement penser qu’on va soudainement relever fortement le montant de vos dotations. Ceux qui vous promettent cela vous mentent et en le faisant ils méprisent votre sens de l’intérêt général”, a dit François Fillon.

L’Association des maires de France (AMF) veut mettre la pression sur l’exécutif pour obtenir une révision du volume des coupes prévues pour 2017 (3,7 milliards d’euros).

Sophie Louet

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