May 31, 2016 / 2:47 PM / 3 years ago

Paris souhaite ouvrir un camp pour des centaines de migrants

PARIS (Reuters) - La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé mardi son intention d’ouvrir dans les semaines à venir un campement de migrants sur le modèle de celui de Grande-Synthe, près de Dunkerque (Nord), pour faire face selon elle à une urgence sanitaire.

A Grande-Synthe, près de Dunkerque (Nord). La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé mardi son intention d'ouvrir dans les semaines à venir un campement de migrants sur le modèle de celui de Grande-Synthe, pour faire face selon elle à une urgence sanitaire. /Photo prise le 7 mars 2016/REUTERS/Pascal Rossignol

La mairie est à la recherche d’un terrain, a priori dans le nord de la capitale, “suffisamment vaste pour accueillir plusieurs centaines de personnes”, a-t-elle précisé.

“Nous ne pouvons plus accepter la situation humanitaire, la situation sanitaire à laquelle (les réfugiés et migrants) sont aujourd’hui réduits”, a déclaré Anne Hidalgo lors d’une conférence de presse organisée à la dernière minute.

Plusieurs campements de fortune, pour certains démantelés, sont apparus clandestinement ces derniers mois à Paris et dans sa région, vers où converge une part importante du flux de migrants venant en France.

“Il y a une situation qui n’est plus acceptable, qui n’est plus tenable. Elle n’est plus tenable pour les migrants et les réfugiés parce que ce n’est pas digne de laisser ces personnes (...) dans la boue”, a insisté Anne Hidalgo.

“Aujourd’hui, l’Europe n’est pas à la hauteur de son histoire et à la hauteur des enjeux. Notre pays non plus, lorsqu’il n’offre pas de places suffisantes et un dispositif suffisamment fluide pour pouvoir accueillir et traiter toutes ces situations”, a-t-elle insisté.

La maire de Paris a récemment envoyé une délégation à Grande-Synthe, où la municipalité et l’ONG Médecins sans frontières (MSF) ont ouvert en début d’année un camp, pour étudier les moyens de transposer ce dispositif à Paris.

“Un mois, un mois et demi paraît un délai raisonnable” pour ouvrir le site parisien, a dit Anne Hidalgo, selon qui ce camp sera probablement composé de petits bâtiments de type modulable.

“C’est quelque chose de coûteux (...) Je ne doute pas que l’Etat nous accompagnera mais je ne suis plus en situation d’attendre que d’autres agissent. Nous prenons les devants et nous entraînerons, je l’espère, l’Etat.”

Opposé dans un premier temps à l’ouverture du camp de Grande-Synthe, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a fait savoir lundi que l’Etat allait désormais prendre en charge le coût de son fonctionnement.

“Nous n’avons pas vocation à maintenir à l’infini des camps mais sans ces camps, il manquerait un élément dans la chaîne”, a-t-il jugé lors d’une visite sur place.

Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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