May 25, 2016 / 7:22 AM / 3 years ago

Le gouvernement promet de mettre un terme aux blocages

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a promis mercredi d’utiliser “tous les moyens” pour mettre un terme au blocage des raffineries et des dépôts de carburant par les syndicats qui tentent de paralyser la France pour obtenir le retrait de la réforme du Code du travail.

Le bras de fer se durcit entre le gouvernement et la CGT, qui tente de paralyser l'économie en organisant notamment une pénurie de carburant pour obtenir du pouvoir socialiste le retrait de la réforme du Code du travail. /Photo prise le 21 mai 2016/REUTERS/Stéphane Mahé

Le bras de fer s’est durci entre le gouvernement et la CGT, qui, avec l’appui de Force ouvrière dans certains secteurs, multiplie les actions dans le ferroviaire, le nucléaire, l’aérien et les ports, notamment lors d’une nouvelle journée d’action jeudi dans toute la France.

Une grève de 24 heures à compter de mercredi soir a ainsi été votée à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), et des assemblées générales doivent avoir lieu dans la journée dans d’autres centrales.

Mais la CGT et SUD-Rail, qui ont appelé à une grève à la SNCF ce mercredi et jeudi, peine à mobiliser : l’entreprise a annoncé 10,6% de grévistes mercredi, le taux le plus bas depuis le début de la mobilisation contre la loi Travail.

“Quand vous avez un groupe minoritaire qui bloque un système au détriment de toute une population et de l’activité économique, il n’y a aucune espèce de raison que cela perdure”, a déclaré le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas.

“Le gouvernement, je vous le dis, utilisera tous les moyens à sa disposition, parce que l’activité économique doit se développer”, a-t-il ajouté sur France 2.

Pour les organisations patronales Medef et CGPME, il est temps d’agir pour éviter des faillites d’entreprises.

“Les grèves dans les transports et les difficultés d’approvisionnement en carburant commencent à impacter l’activité économique dans notre pays”, peut-on lire dans leur communiqué. “Certaines entreprises tournent au ralenti, les plus fragiles d’entre elles voyant même leur existence menacée.”

DÉBLOCAGE DES DEPÔTS

Le gouvernement, selon lequel 20% seulement des stations-service seulement étaient affectées mardi par le mouvement, continue à libérer les accès aux dépôts de carburants.

Ceux du dépôt de Douchy-les-Mines, dans le Nord, l’a été mercredi. Mardi, les forces de l’ordre étaient intervenues pour débloquer les accès aux dépôts pétroliers de Fos-sur-Mer, dans le Sud-Est, et de Lorient, en Bretagne.

Les compagnies pétrolières ont par ailleurs commencé depuis deux jours à utiliser les stocks stratégiques de pétrole en France, en collaboration avec les pouvoirs publics, a annoncé le président de l’Union française des industries pétrolières.

Des experts du dossier soulignent toutefois qu’il n’y a aucun risque de pénurie : les stocks stratégiques se situent toujours au-delà du seuil de cent jours de consommation requis par les traités internationaux mais tous ne sont pas pour le moment accessibles aux camions de livraison.

Pour empêcher un blocage, le gouvernement peut également réquisitionner des personnels dans les raffineries en cas de grève, une possibilité à laquelle le gouvernement de Nicolas Sarkozy a eu recours en 2010, a souligné Jean-Jacques Urvoas.

Plusieurs élus de l’opposition ont demandé au gouvernement de mettre en oeuvre des mesures de réquisition.

A la question “cette piste est-elle examinée aujourd’hui?”, le ministre de la Justice a répondu sur France 2 : “Par définition, le gouvernement a à sa disposition des outils et il ne refuse jamais d’étudier l’usage de l’un d’entre eux”.

LE “REFLET” DU MÉCONTENTEMENT

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a quant à lui assuré que la mobilisation allait “continuer”.

“Monsieur Hollande, dans son programme des élections présidentielles, n’a jamais dit ‘je vais casser le Code du travail’”, a-t-il dit sur France Inter, ajoutant que la mobilisation contre la loi Travail était “le reflet de tout ce mécontentement que nous connaissons depuis des années”.

Une perturbation de l’Euro de football, qui commence le 10 juin, serait principalement de la responsabilité du gouvernement, estiment 61% des personnes interrogées par Odoxa pour MCI, Le Parisien et France Info publié mercredi.

Selon cette étude, réalisée par internet auprès d’un échantillon de 1.020 Français âgés de 18 ans et plus, seuls 37% des Français estiment que les syndicats seraient à blâmer.

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger estime lui aussi que le gouvernement est “en partie” responsable du durcissement du mouvement contre ce texte, en ayant d’abord présenté une version “totalement déséquilibrée” du projet de loi, puis en ayant “péché” par “absence de pédagogie”.

Chine Labbé, avec James Regan et Ingrid Melander, édité par Danielle Rouquié

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