May 25, 2016 / 5:27 AM / in 2 years

COR-Les taliban afghans ont un nouveau chef

KABOUL/PESHAWAR, Pakistan (Reuters) - Correction. Bien lire que Abdullah Abdullah est le chef de l’exécutif afghan.

Les taliban afghans ont annoncé mercredi avoir choisi pour nouveau dirigeant Haibatullah Akhundzada, un des adjoints de leur ancien chef, le mollah Akhtar Mansour, tué ce week-end par une frappe de drone américain. /Photo diffusée le 25 mai 2016/REUTERS/Médias sociaux

Les taliban afghans ont annoncé mercredi avoir choisi pour nouveau dirigeant Haibatullah Akhundzada, un des adjoints de leur ancien chef, le mollah Akhtar Mansour, tué ce week-end par une frappe de drone américain.

Moins d’une heure après cette annonce, un kamikaze taliban a attaqué une navette transportant du personnel judiciaire à l’ouest de Kaboul, la capitale afghane, faisant une dizaine de morts.

Dans un rapport des Nations unies datant de 2015, Haibatullah Akhundzada était présenté comme l’ancien responsable du système judiciaire taliban pendant les cinq années où le mouvement a été au pouvoir en Afghanistan, de la fin des années 1990 à leur éviction fin 2001.

Sirajuddin Haqqani, à la tête d’un réseau auquel ont été attribués plusieurs attentats meurtriers à Kaboul ces dernières années, et le mollah Mohammad Yaqoob, fils du mollah Mohammad Omar, fondateur du mouvement taliban, ont été nommés comme adjoints.

L’annonce de cette nomination, à l’issue d’une réunion de la grande choura, ou conseil de direction, des taliban met fin à plusieurs jours de confusion pendant lesquels le mouvement islamiste s’est refusé à confirmer la mort du mollah Mansour, samedi, dans une frappe de drone au Pakistan.

“Tous les membres de la choura ont fait alliance au cheikh Haibatullah dans un lieu sûr en Afghanistan”, lit-on dans le communiqué. “Tout le monde doit obéir au nouvel Emir al Momineen (commandeur des croyants).”

Haibatullah Akhundzada, qui serait âgé d’une soixantaine d’années et ferait partie de la puissante tribu Noorzai, est originaire de Kandahar, le fief des taliban dans le sud de l’Afghanistan.

“LE SORT DE MANSOUR”

Avec le choix du mollah Haibatullah, la direction du mouvement a semble-t-il été consciente de la nécessité de nommer une personnalité à même de rassembler des factions disparates et de faire taire les divisions apparues l’an dernier lors de la nomination de Mansour.

Ce dernier, désigné chef des taliban après l’annonce par le mouvement de la mort d’Omar, plus de deux ans auparavant, avait été soupçonné d’avoir trompé ses troupes en dissimulant la mort de son prédécesseur.

Les plus hauts dirigeants des taliban étaient soucieux de se doter au plus vite d’un nouveau chef susceptible de réunir les différentes factions et d’éviter les frictions apparues lors de l’annonce de la mort du mollah Omar.

“Ils ont été plus rapides que beaucoup s’y attendaient, y compris moi. Cela montre que les taliban ne veulent pas d’un nouveau conflit”, a commenté Thomas Ruttig, de l’Afghanistan Analysts Networks.

Un porte-parole du chef de l’exécutif afghan, Abdullah Abdullah, a appelé le nouveau chef des taliban à participer aux discussions, sous peine de lourdes conséquence.

“Nous invitons le mollah Haibatullah à la paix. Un accord politique est le seul choix pour les taliban; sinon, la nouvelle direction subira le sort de Mansour”, a déclaré le porte-parole d’Abdullah Abdullah dans un tweet.

Les Etats-Unis, le Pakistan et la Chine essaient eux aussi d’amener les islamistes à la table des négociations pour mettre fin à un conflit qui a fait plusieurs milliers de morts et laissé l’Afghanistan dans une grande instabilité.

Les taliban ont effectué d’importantes avancées depuis que les forces de l’Otan ont mis fin à l’essentiel de leur mission combattante en Afghanistan en 2014. Le mouvement n’a jamais contrôlé autant de territoire depuis son éviction du pouvoir par les forces internationales menées par les Etats-Unis fin 2001.

“Les perspectives de paix en Afghanistan restent minces”, a souligné Bruce Riedel, ancien responsable de la CIA et conseiller de la Maison blanche, désormais en poste à la Brookings Institution.

“L’encadrement taliban, son nouveau chef, le mollah Haibatullah notamment, pense que la victoire militaire n’est qu’une question de temps.”

Un message enregistré, attribué dans un premier temps au nouveau dirigeant, prévenait mercredi qu’il n’était pas question de revenir à la table des négociations mais un porte-parole des taliban a réfuté son authenticité.

Avec Kay Johnson à Islamabad et James Mackenzie et Sayed Hassib à Kaboul; Danielle Rouquié et Nicolas Delame pour le service français

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