May 20, 2016 / 8:44 PM / in 2 years

Des manifestants envahissent à Bagdad la "zone verte"

BAGDAD (Reuters) - Les forces de sécurité irakiennes ont ouvert le feu vendredi sur des manifestants qui avaient envahi la “zone verte”, le quartier administratif et diplomatique de Bagdad, et réussi à pénétrer à l’intérieur du siège du gouvernement.

Des manifestants irakiens ont forcé vendredi l'accès à la Zone verte de Bagdad, un quartier sous haute sécurité de la capitale irakienne qui regroupe des bâtiments du pouvoir et des ambassades. Des témoins parlent de plusieurs dizaines de blessés. Les manifestants dénoncent l'échec du gouvernement à faire approuver des réformes contre la corruption et à assurer la sécurité. /Photo prise le 20 mai 2016/REUTERS/Khalid al Mousily

Plusieurs dizaines de manifestants ont été blessés ou intoxiqués par des jets de gaz lacrymogènes ou par des tirs à balles réelles, ont rapporté des témoins. Certains agents de la sécurité ont été blessés à l’arme blanche. Les autorités n’ont pas été en mesure pour l’heure de vérifier si, comme certaines informations le laissent penser, plusieurs civils ont été tués.

Parmi les milliers de manifestants se trouvaient des partisans du dignitaire chiite Moktada Sadr et des sympathisants d’autres organisations, indignés par l’incapacité du gouvernement à faire entériner des réformes anticorruption et à faire régner la sécurité.

Le gouvernement a brièvement imposé un couvre-feu à Bagdad vendredi, et les autorités ont annoncé par la suite que l’ordre avait été rétabli à la suite de ce qu’elles ont qualifié d’émeutes dans la “zone verte”, où se trouvent le parlement, des ministères et de nombreuses ambassades.

Dans un communiqué, l’influent imam chiite Moktada al Sadr a condamné la violence des forces de l’ordre contre les manifestants. “Je respecte votre choix et votre révolte spontanée et pacifique”, a-t-il dit. “Maudit soit le gouvernement qui tue ses enfants de sang-froid”, poursuit le message du dignitaire.

Des manifestants étaient déjà parvenus à pénétrer dans la zone verte le 30 avril.

Une série d’attentats suicides revendiqués par l’Etat islamique a fait plus 150 morts ces deux dernières semaines dans la capitale, qui risque de sombrer à nouveau dans les violences entre chiites et sunnites qui faisaient rage il y a dix ans.

Selon le Premier ministre, Haïdar al Abadi, les djihadistes tirent parti de la crise politique déclenchée par le remaniement ministériel qu’il a entrepris en février.

Haïdar al Abadi a condamné les intrusions de vendredi dans la “zone verte” et a mis en garde contre le chaos et les tensions, lors d’une allocution télévisée prononcée en fin de soirée. “La loi devra suivre son cours pour chaque contrevenant”, a-t-il averti.

Le chef du gouvernement, qui souhaite s’entourer d’experts indépendants dans le cadre d’un plan de lutte anticorruption approuvé par Moktada Sadr, se heurte à la résistance de milieux politiques soucieux de préserver leurs intérêts et leur influence.

Kareem Raheem, Henri-Pierre André, Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français

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