May 19, 2016 / 2:13 PM / 2 years ago

L'EI prépare des attaques en France, dit le patron de la DGSI

PARIS (Reuters) - Le groupe Etat islamique prépare de nouvelles attaques contre la France et pourrait passer à l’acte “le plus rapidement possible” en échafaudant de nouveaux modes opératoires pour frapper des foules, selon le directeur général de la sécurité intérieure.

Siège de la DGSI à Levallois-Perret, près de Paris. Le directeur général de la sécurité intérieure Patrick Calvar estime que le groupe Etat islamique prépare de nouvelles attaques contre la France et qu'il pourrait passer à l'acte "le plus rapidement possible" en échafaudant de nouveaux modes opératoires pour frapper des foules./Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Patrick Calvar a déclaré le 10 mai dernier devant des députés que la France demeurait “clairement le pays le plus menacé”, six mois après les attentats sanglants du 13 novembre, revendiqués par l’organisation djihadiste.

“Nous savons que Daech (acronyme arabe de l’EI, NDLR) planifie de nouvelles attaques (...) et que la France est clairement visée”, a-t-il affirmé lors d’une audition devant la Commission de Défense de l’Assemblée nationale, dont le contenu a été rendu public mercredi.

“Si les attentats de novembre dernier ont été perpétrés par des kamikazes et par des gens armés de kalachnikov ayant pour but de faire le maximum de victimes, nous risquons d’être confrontés à une nouvelle forme d’attaques”, a-t-il ajouté.

Le patron de la DGSI a évoqué le scénario d’une “campagne terroriste caractérisée par le dépôt d’engins explosifs dans des lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d’actions étant multiplié pour créer un climat de panique”.

Il n’a en revanche pas cité de cibles potentielles, pas même l’Euro de football organisé en France du 10 juin au 10 juillet, durant lequel 2,5 millions de personnes sont attendues dans les stades et sept à huit millions dans des “fans zones” installées au coeur des dix villes hôtes de la compétition.

Selon lui, “Daech se trouve dans une situation qui l’amènera à essayer de frapper le plus rapidement et le plus fort possible: l’organisation rencontre des difficultés militaires sur le terrain et va donc vouloir diversion”.

Le groupe al Qaïda, soucieux de “redorer son blason”, et ses différentes antennes régionales - Aqmi dans le Nord de l’Afrique et Aqpa au Yémen - représente également une menace importante, aux yeux de la DGSI.

“AFFRONTEMENTS INTERCOMMUNAUTAIRES”

D’après Patrick Calvar, le danger peut provenir des 645 Français ou résidents en France actuellement présents en Syrie et en Irak, mais aussi des francophones qui peuvent “très facilement” venir en France et, à plus long terme, des enfants de djihadistes, “entraînés” et “instrumentalisés”.

Ces déclarations font écho à celles de l’exécutif français, lequel répète régulièrement que la menace n’a jamais été aussi élevée qu’aujourd’hui.

“Oui, nous sommes une cible et sans doute la cible numéro un de l’Etat islamique”, a redit le Premier ministre, Manuel Valls, jeudi sur RTL.

Toutefois, la réponse ne doit pas se limiter au seul volet sécuritaire, selon Patrick Calvar.

“Il faut tâcher de comprendre à qui nous avons affaire. Nous constatons chez la plupart de ceux que nous arrêtons un profond mal-être”, a insisté le directeur général de la sécurité intérieure devant les députés.

Puis: “Pour être franc avec vous : je crains cent fois plus la radicalisation que le terrorisme. Avec le terrorisme, nous prendrons des coups mais nous saurons faire face (...) mais cette radicalisation rampante qui va bouleverser les équilibres profonds de la société est à mes yeux beaucoup plus grave.”

Et, d’après Patrick Calvar, ces phénomènes risquent de provoquer des réactions en chaîne, y compris des “affrontements intercommunautaires”.

“L’ultra-droite (...) n’attend que la confrontation (...) Eh bien, cette confrontation, je pense qu’elle va avoir lieu. Encore un ou deux attentats et elle adviendra”, a-t-il dit.

La France a été la cible de plusieurs attaques en 2015 - notamment contre le Stade de France, des bars et des restaurants de la capitale en novembre et contre Charlie Hebdo et un commerce de produits cashers en janvier.

Simon Carraud, avec Sophie Louet et Catherine Lagrange à Lyon, édité par Yves Clarisse

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