May 18, 2016 / 9:07 AM / in 2 years

Une partie des cheminots rejoignent les routiers en grève

PARIS (Reuters) - Des cheminots ont cessé le travail mercredi dans le sillage des routiers dans le cadre d’une semaine de grèves reconductibles, notamment dans les transports, pour appuyer la mobilisation contre la loi Travail qui s’essouffle dans la rue.

A Carquefou, près de Nantes. Des cheminots ont cessé le travail mercredi dans le sillage des routiers dans le cadre d'une semaine de grèves reconductibles, notamment dans les transports, pour appuyer la mobilisation contre la loi Travail qui s'essouffle dans la rue. /Photo prise le 18 mai 2016/REUTERS/Stéphane Mahé

En moyenne, deux TGV sur trois roulaient, trois RER sur quatre, six Transiliens sur 10, quatre Intercités sur 10 et un TER sur deux, selon la SNCF, avec un taux de participation de 15% à peine, soit le plus faible de toute l’année 2016.

La CGT-cheminots et SUD-rail ont appelé à la grève reconductible à la fois pour peser dans les négociations sur les conditions de travail des cheminots et protester contre le projet de loi Travail.

Les organisations ont toutefois opté pour des modalités différentes de grève, chaque mercredi et jeudi pour la CGT-Cheminots et tous les jours pour Sud-Rail.

Des manifestants ont envahi les voies de la gare Saint-Lazare à Paris vers 15h00 et le trafic a été interrompu sur les lignes Paris-Brest, Paris-Houilles, Paris-Asnières et Paris- Argenteuil, a-t-on appris auprès de la SNCF.

Le trafic a pu reprendre une demi-heure plus tard. Cette action a été menée par des syndicalistes et des étudiants opposés à la loi Travail, selon une source syndicale.

La CFDT a déposé pour sa part un préavis de grève reconductible pour le 31 mai afin de peser sur les négociations à la SNCF, et non contre la loi Travail.

Selon la SNCF, la mobilisation est faible puisque le taux de participation n’a été que de 15%, contre 24,2% lors de la précédente grève à laquelle avaient appelé la CGT et SUD-Rail.

Les grèves unitaires des 9 mars et 26 avril avaient connu des taux de participation de respectivement 35,5% et 23,9%.

RAFFINERIES TOUCHÉES

Les routiers, qui avaient lancé mardi le blocage de sites sensibles et dressé des barrages filtrants, ont reconduit leur mouvement mercredi, à l’appel des fédérations FO et CGT des transports.

Des actions devaient être menées dans le Nord, à Rouen, Caen, Rennes, Le Havre, Bordeaux ou encore Clermont-Ferrand.

Selon la CGT, deux raffineries sont bloquées à Donges (Loire-Atlantique) et à la Mède (Bouches-du-Rhône).

Les salariés des sites pétrochimiques du bassin de Fos-sur-Mer, éléments stratégiques de l’économie française, ont annoncé mercredi leur volonté de rejoindre le mouvement contre la loi Travail, évoquant un possible blocage des installations.

Jeudi, les compagnies aériennes devront annuler 15% de leurs vols à l’aéroport d’Orly en raison d’un appel à la grève de l’Usac-CGT contre la réforme du droit du travail, a indiqué la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

Mardi, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont de nouveau défilé en France à l’appel des sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) opposés au texte porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri.

Mais ils n’étaient que 68.000 à travers la France en comptant Paris, selon le ministère de l’Intérieur, soit un peu plus que les 55.000 de la précédente journée du 12 mai. La CGT revendique pour sa part 220.000 manifestants.

Au plus fort de la mobilisation, le 31 mars, les défilés avaient rassemblé 390.000 à 1,2 million de personnes selon les sources.

Les syndicats, qui nient la faiblesse des dernières journées de mobilisation, appellent à de nouvelles manifestations jeudi.

Malgré la persistance de la mobilisation, François Hollande a affirmé mardi qu’il ne reculerait pas.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, si la mobilisation contre le projet de loi Travail bénéficie toujours du soutien ou de la sympathie d’une majorité relative de Français (48%), la proportion de sondés faisant part de leur opposition ou de leur hostilité au mouvement s’inscrit en forte hausse (+11 points en un mois, à 36%).

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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