April 28, 2016 / 3:34 PM / in 2 years

Nous avons changé et il faut l'assumer pour 2017, dit Valls

PARIS (Reuters) - La gauche a changé depuis son arrivée au pouvoir en 2012 et doit l’assumer et l’expliquer avant les élections présidentielle et législatives de 2017, déclare Manuel Valls dans un entretien à paraître dans le magazine Society.

Manuel Valls estime que la gauche a changé depuis son arrivée au pouvoir en 2012 et doit l'assumer et l'expliquer avant les élections présidentielle et législatives de 2017. Le chef du gouvernement reconnaît, dans un entretien à paraître dans le magazine Society, que "l'exercice du pouvoir n'est pas exempt de contradictions entre les engagements et la réalité". /Photo prise le 30 mars 2016/REUTERS//Charles Platiau

Le Premier ministre juge par ailleurs qu’avec le renforcement du Front national et la possibilité qu’il accède au second tour de la présidentielle, le vainqueur devra rassembler au-delà de son camp.

“Nous n’assumons pas ce que nous faisons et c’est là un problème majeur de la gauche française. Nous n’assumons pas ce que nous faisons dans le domaine économique ni dans celui de la sécurité”, déplore le chef du gouvernement.

“Du coup, quand on n’assume pas, s’ouvre toujours le procès en trahison: ‘Vous avez trahi vos promesses, vous avez trahi le discours du Bourget.’ C’est devenu un leitmotiv”, ajoute-t-il, en référence au discours de campagne de François Hollande lors duquel il avait qualifié le monde de la finance d’”adversaire”.

“C’est une vieille rengaine de la gauche, même si je comprends qu’il puisse y avoir des déceptions”, poursuit-il.

Citant la politique de baisse du coût du travail pour les entreprises, Manuel Valls ajoute qu’”il va falloir être capable d’expliquer que oui, sur certains sujets, nous avons changé, que ça ne correspond pas forcément à tel ou tel engagement. Il vaut mieux dire clairement les choses et agir en transparence”.

Toujours à destination de la gauche, dont une partie conteste des choix comme l’instauration et le maintien de l’état d’urgence, il reconnaît que “l’exercice du pouvoir n’est pas exempt de contradictions entre les engagements et la réalité”.

“Parfois, il faut faire la guerre, gérer la police, la gendarmerie, les services de renseignement, voter des lois antiterroristes, et tout cela peut entrer en contradiction avec certaines valeurs, pour certains”, ajoute-t-il, tout en jugeant que “cette gauche-là, elle est dans la proclamation, dans l’exigence, très honorable, mais, très vite, elle est incompatible avec l’exercice du pouvoir”.

“OUI, JE ME PROJETTE DANS L’AVENIR”

Le chef du gouvernement défend l’action menée depuis 2012, notamment envers les citoyens défavorisés.

“Si vous n’aidez pas la société à travers le rôle de l’école, et notamment dans les quartiers populaires, la France restera une machine à alimenter le Front national”, dit-il.

“Ce que l’on fait en matière d’éducation, ça fait moins vibrer que la taxe à 75% ou que la lutte contre la finance, mais je pense que c’est plus concret et plus fort.”

En 2017, la campagne devra se faire en partie sur la question identitaire, répète le Premier ministre - un sujet toujours délicat dans son camp - car “la gauche, trop souvent, n’a apporté de réponses qu’économiques et sociales”.

“Il doit y avoir une réponse qui est celle de la gauche, profondément républicaine, qui dit notre fierté d’être français, mais aussi notre ouverture, notre confiance dans la société, ce ‘vivre ensemble’”, dit-il, citant la laïcité et l’égalité hommes-femmes.

Interrogé sur ses ambitions personnelles, Manuel Valls répète : “je me dois d’être à la hauteur de l’exigence des Français jusqu’au bout, en 2017.”

“Après, que je me projette dans l’avenir, que j’explique ce qu’il faut pour mon pays, quelle est mon idée de la France, que je crois en la République, en la laïcité, ce qu’il faut faire pour l’éducation, ce revenu universel, oui, je me projette dans l’avenir, bien évidemment.”

Prié de commenter le lancement par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, de son mouvement politique, il plaide pour le “jeu collectif” sans le condamner.

“On ne peut pas être ministre et préparer un autre agenda que celui du président de la République”, prévient-il cependant. “Il ne peut pas y avoir dans l’équipe gouvernementale ceux qui sont à la tâche tous les jours, qui sont mobilisés pour la réussite du quinquennat, et ceux qui ont un autre agenda. Quand ça se voit, ça crée forcément des tensions.”

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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